Mbappé absent, les Bleus gardent trois armes offensives bien plus tranchantes

Sans Kylian Mbappé, l’attaque française ne s’effondre pas. Mais le trio Barcola-Doué-Lepaul doit prouver qu’il peut tenir le rythme, et surtout, le sens. Voici pourquoi ça pourrait être plus dur qu’on ne le croit.

Publié le 27 septembre 2026 à 08:00
Mbappé absent, les Bleus gardent trois armes offensives bien plus tranchantes

Mbappé absent, les Bleus gardent trois armes offensives bien plus tranchantes, mais pas assez rapides pour Deschamps

Le 15 juin, à 19h47, Didier Deschamps a reçu un coup de massue. Pas une blessure, pas une suspension : une absence déclarée, nette, sans appel. Kylian Mbappé, capitaine, leader, symbole, ne sera pas là pour les trois prochains matchs. Pas de discussion. Le staff doit se réinventer. Et les joueurs aussi.

Pourtant, sur le papier, la France a de quoi respirer. Trois noms émergent déjà comme les futurs piliers de l’attaque : Bradley Barcola, Désiré Doué, Estéban Lepaul. Trois profils différents, trois façons de faire mal. Mais derrière les statistiques et les déclarations d’intention, il y a un détail qui cloche : aucun des trois n’a encore prouvé qu’il pouvait tenir le tempo imposé par Deschamps. Et ça, c’est un problème.

Barcola, le couteau qui n’a pas encore tranché

Bradley Barcola, 22 ans, 1,88 m, 75 kg. Un physique de demi-de-ligne, une accélération de sprinteur, et une finition qui frôle parfois l’élégance. Le PSG l’a payé 45 millions d’euros en 2022, et depuis, il alterne entre éclats et disparitions. En Ligue 1 cette saison, il a marqué 4 buts en 27 matchs. Quatre. Quatre buts pour un joueur censé être l’avenir du football français.

Pourtant, quand il est en forme, Barcola est une menace. Contre l’Allemagne en novembre dernier, il a ouvert le score d’une frappe croisée, froide, précise. Le genre de geste qui fait dire : « Celui-là, il a du potentiel ». Sauf que les matchs contre l’Allemagne ou la Belgique, ça ne compte pas vraiment. Contre des équipes qui se battent pour ne pas finir dernières, Barcola peut briller sans risque. Mais contre l’Italie, l’Espagne, ou même la Belgique en phase de groupe, il disparaît souvent.

Et puis, il y a cette question qui tue : est-il assez rapide pour suivre le jeu de Deschamps ?

Le staff français adore les transitions rapides, les contre-attaques fulgurantes. Or, Barcola n’est pas Mbappé. Il n’est même pas Griezmann. Il a de la technique, oui, mais pas cette explosivité qui permet de semer trois défenseurs en trois secondes. En sélection, il a couru 10,8 km lors du match contre l’Allemagne en novembre (source : Opta, données officielles). Mbappé, lui, en court 12,5 en moyenne par match. La différence ? 1,7 km. Sur 90 minutes, à raison de 120 mètres par tour de terrain, ça fait 13 tours de plus. 13 tours. À la fin d’un match, ça se voit.

Doué, le monstre physique qui manque de finesse

Désiré Doué, lui, c’est l’inverse. Un colosse. 1,93 m, 90 kg, un gabarit de centre-forward pur et dur. En club, il écrase tout sur son passage. À Monaco, il a marqué 12 buts en 33 matchs cette saison, avec une moyenne de 0,4 but par 90 minutes en Ligue 1. Un rendement correct, mais pas exceptionnel. Sauf que Doué, c’est autre chose.

Contre la Serbie en mars 2023, il a marqué deux buts. Le premier, une tête puissante après un corner. Le second, une reprise de volée à 20 mètres. Brutal. Efficace. Le genre de joueur que Deschamps adore : un destructeur qui fait mal sans avoir besoin de technique.

Pourtant, il y a un hic. Doué n’est pas un joueur de combinaison. Il brille en une contre une, ou sur des centres. Mais dans un système comme celui de Deschamps, où l’on attend des appels, des passes courtes, des mouvements collectifs, il est souvent en retard. Trop lent dans ses décisions. Trop brut de décoffrage.

Et puis, il y a cette question qui revient sans cesse : peut-il tenir le rythme physique sur 90 minutes contre des équipes comme l’Espagne ou le Portugal ?

En club, Doué joue souvent en rotation. À Monaco, il entre en jeu à la 60e, 70e minute. En sélection, il a tenu 78 minutes contre la Serbie. 78 minutes. C’est court. Très court. Contre des équipes physiques comme l’Italie ou l’Angleterre, ça pourrait devenir un problème.

Lepaul, l’inconnue qui pourrait tout changer

Estéban Lepaul, lui, est une variable d’ajustement. Un joueur de 21 ans, formé à l’AS Monaco, prêté à l’Union Saint-Gilloise en Belgique cette saison. Il a marqué 5 buts en 28 matchs, avec un profil hybride : il peut jouer ailier gauche, avant-centre, voire même meneur de jeu.

Sur le papier, c’est le profil idéal pour combler le vide laissé par Mbappé. Mobile, technique, capable de jouer dans l’axe ou sur les côtés. Sauf que… personne ne sait vraiment ce qu’il vaut en sélection.

Lepaul n’a joué qu’un seul match avec les Bleus, contre l’Allemagne en novembre dernier. 13 minutes. Treize. Il est entré à la place de Mbappé, et a à peine eu le temps de s’imprégner du jeu. Impossible d’en tirer des conclusions.

Et puis, il y a cette question qui revient comme un boomerang : peut-il vraiment remplacer Mbappé dans le système de Deschamps ?

Mbappé, c’est l’homme des transitions. Celui qui part de nulle part et arrive en 2,5 secondes devant le gardien. Lepaul n’a pas ce profil. Il est plus technique, plus lent, plus « classique ». En club, il a couru 10,2 km par match en Jupiler Pro League (source : FBref, données 2023-2024). Mbappé, lui, en court 12,5 en Ligue 1. La différence ? 2,3 km. Sur 90 minutes, ça fait 18 tours de terrain en moins. Assez pour faire la différence contre une défense organisée.

Le vrai problème : le manque de profondeur

Voilà le cœur du problème. Sans Mbappé, la France perd bien plus qu’un buteur. Elle perd son accélérateur. Celui qui permet de passer d’un bloc bas à une contre-attaque en trois secondes. Barcola, Doué et Lepaul ne peuvent pas faire ça. Aucun des trois.

Barcola manque d’explosivité. Doué manque de finesse. Lepaul manque d’expérience. Et tous les trois manquent d’une chose cruciale : la capacité à dicter le tempo.

Mbappé, lui, il le faisait sans effort. Il partait, il semait, il marquait. Les autres devaient s’adapter. Avec le trio actuel, c’est l’inverse : ce sont les Bleus qui doivent s’adapter.

Et ça, c’est un luxe que Deschamps ne peut pas se permettre.

Ce que personne ne dit : l’Italie et l’Espagne vont en profiter

Les prochains matchs ne sont pas anodins. L’Italie et l’Espagne, ce sont deux équipes qui savent ce que ça veut dire : jouer sans Mbappé.

L’Italie a son Chiesa, son Scamacca, son Retegui. Des joueurs rapides, techniques, capables de faire la différence dans les transitions. L’Espagne a son Pedri, son Rodri, son Gavi. Des joueurs qui courent, qui pressent, qui étouffent.

Contre ces équipes-là, avoir Barcola, Doué et Lepaul, ce n’est pas suffisant. Il faut quelqu’un qui casse le jeu. Qui arrive comme un bolide et qui force l’adversaire à se replier. Mbappé, c’était ça. Aujourd’hui ? Personne.

Et c’est là que le bât blesse. Parce que Deschamps, lui, il a besoin de ce genre de profil. Il ne peut pas se contenter de trois joueurs qui font bien leur travail, mais qui ne changent rien.

La solution ? Un recrutement urgent

La France a deux options. La première, c’est d’attendre. De voir si Barcola progresse, si Doué s’adapte, si Lepaul confirme. Mais ça prendra du temps. Trop de temps.

La deuxième option, c’est d’accélérer. De regarder du côté des jeunes qui montent, comme Warren Zaïre-Emery (20 ans, Lens), Ousmane Dembélé (22 ans, Barcelone), ou même Aïssa Laïdouni (21 ans, Monaco). Des joueurs rapides, techniques, capables de tenir le rythme.

Sauf que Deschamps n’aime pas les changements. Il a ses habitudes, ses certitudes. Et puis, il y a cette question qui tue : a-t-il vraiment envie de prendre le risque de se tromper ?

Conclusion : les Bleus ont des atouts, mais pas assez pour gagner

Barcola, Doué, Lepaul. Trois noms. Trois profils. Trois espoirs. Mais sans Mbappé, l’attaque française perd son âme. Son accélérateur. Celui qui fait la différence quand tout semble perdu.

Ce n’est pas une question de talent. C’est une question de rythme. Et sur ce point, la France est à la ramasse.

Si les Bleus veulent vraiment gagner l’Euro, ils ont besoin de plus que trois bons joueurs. Ils ont besoin d’un monstre. Et aujourd’hui, personne ne sait où il se cache.

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R Galaxie Rédaction

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