2027, les Belges jouent leur réputation à pile ou face

Wout Van Aert mise sur 8 % de chances. Remco Evenepoel refuse de rouler défensif. Entre calculs froids et refus de la prudence, la Belgique expose son avenir à un seul fil. Voici ce que ça signifie pour le vélo mondial.

Publié le 26 septembre 2026 à 14:02
2027, les Belges jouent leur réputation à pile ou face

Van Aert et ses 8 % de désespoir calculé

Le type qui a tout gagné, tout, sauf le Tour de France, se présente comme un parieur. Pas un rêveur. Un type qui compte les cartes avant de les distribuer. 8 %. C’est le taux qu’il donne, sans sourciller, à ses chances de l’emporter en 2027. Pas de « peut-être », pas de « on verra ». Un chiffre. Brut. Comme si la victoire était une équation où il ne lui reste qu’à résoudre l’inconnue. Sauf que l’équation, elle, a changé. Depuis 2023, le monde du vélo a basculé. Tadej Pogačar a écrasé le Tour, Evenepoel a dominé les classiques, et les autres ? Ils courent après. Van Aert, lui, est coincé entre deux époques. Trop vieux pour les nouveaux monstres, trop expérimenté pour les jeunes loups. Alors il mise sur la technique, sur les détails, sur ces 8 % qui tiennent dans une poche de gilet. Problème : ces 8 %, personne ne les voit. Pas les médias, pas les sponsors, pas même ses coéquipiers. Parce que quand un champion donne un chiffre comme ça, c’est soit un génie, soit un désespéré. Ou les deux.

Et puis il y a Evenepoel. Lui, il refuse de rouler défensif. Pas question. « Je ne veux pas perdre de temps à attendre. » La phrase est courte, le message est clair : Remco, lui, il veut gagner maintenant. Pas dans trois ans. Pas en économisant ses forces. Maintenant. Comme un sprinteur qui part en tête alors que la course fait 42 tours. Comme un boxeur qui envoie des uppercuts alors que le KO est encore loin. La Belgique a deux leaders. L’un joue la prudence calculée, l’autre la folie contrôlée. Et les deux savent une chose : ils ne peuvent pas gagner sans l’autre.

Le piège des mondiaux : quand la Belgique devient son propre ennemi

Les championnats du monde sur route, c’est l’épreuve où les nations se déchirent. Pas comme au Tour, où tout le monde fait semblant de s’aimer. Là, c’est la guerre. Et la Belgique, elle, a un problème : elle a trop de talent pour se contenter de la deuxième place. En 2023, elle a frôlé le podium collectif, mais elle n’a rien remporté. Rien. Pas un titre individuel, pas une victoire d’équipe. Juste des « presque ». Et cette fois, avec Van Aert en déclin relatif et Evenepoel en mode « tout casser », le risque est simple : se tirer une balle dans le pied.

Prenez l’exemple de 2021. Mathieu van der Poel avait écrasé tout le monde. La Belgique avait dominé. Aujourd’hui ? Van der Poel est toujours là, mais il n’est plus seul. Il y a Evenepoel, qui veut tout, tout de suite. Il y a Van Aert, qui veut juste ces 8 %. Et puis il y a les autres : Biniam Girmay, qui court pour l’Érythrée mais rêve en flamand, et cette génération belge qui, pour l’instant, attend son tour. Le problème, c’est que le tour des autres, il est déjà pris.

La sélection belge, c’est comme un restaurant étoilé où le chef a mis tous ses plats en promo. Trop de plats, pas assez de clients. Trop de stars, pas assez de cohérence. Van Aert veut jouer la sécurité, Evenepoel veut tout brûler. Qui a raison ? Les deux, peut-être. Sauf que sur une course comme les mondiaux, où une erreur peut tout faire basculer, la Belgique n’a pas le droit à l’erreur.

Evenepoel : le roi qui refuse la couronne

Remco Evenepoel, c’est l’homme qui a tout. Le physique, le mental, le palmarès. Sauf une chose : il n’a jamais vraiment gagné les mondiaux. Pas en contre-la-montre, pas sur route. Juste des médailles, des podiums, des « presque ». En 2023, il a frôlé l’or, mais il a perdu. Contre Pogačar. Contre le système. Contre lui-même, peut-être. Cette année, il a été clair : il ne veut plus attendre.

« Je ne veux pas rouler défensif. » La phrase est une déclaration de guerre. Pas seulement contre les autres, mais contre cette idée que le vélo, c’est une question de patience. Evenepoel, lui, il veut la victoire maintenant. Pas dans deux ans. Pas après trois essais. Maintenant. Le risque ? Brûler les étapes. S’épuiser avant la fin. Se retrouver à court de munitions quand les autres attaquent.

Et puis il y a cette question qui tue : et si Van Aert avait raison ? Et si ces 8 % étaient tout ce qu’il restait à exploiter ? Evenepoel, lui, il mise sur 100 %. Sur le feu, sur l’audace, sur cette idée que le talent suffit. Sauf que le talent, sans stratégie, ça ne sert à rien.

La Belgique à la croisée des chemins

Voici le vrai problème : la Belgique n’a pas de plan B. Pas de réserve, pas de joker, pas de « et si tout part en couilles ? ». Elle a Van Aert, qui compte ses chances comme un comptable. Elle a Evenepoel, qui veut tout casser comme un démolisseur. Elle a une génération en devenir, mais personne ne sait encore qui sera le prochain champion. Et les mondiaux, eux, ils n’attendent pas.

En 2027, ce ne sera pas une question de talent. Ce sera une question de qui tient le dernier coup. Qui résiste à la fatigue. Qui anticipe l’attaque. Qui, au moment où tout semble perdu, trouve encore une ressource. Van Aert mise sur la technique. Evenepoel mise sur la rage. Mais personne ne mise sur la cohérence.

Et c’est ça, le vrai danger. Parce que quand une nation a trop de génies et pas assez de stratégie, la stratégie, c’est ce qui gagne.

2027 : l’année où la Belgique perdra son trône

Non, je ne crois pas aux prophéties. Mais je crois aux signes. Et les signes, cette fois, ils sont clairs : la Belgique joue avec le feu.

Van Aert et ses 8 %. Evenepoel et son refus de la défense. Une équipe qui court après deux objectifs opposés. Une nation qui, pour la première fois depuis des années, n’a plus de filet.

Les autres pays, eux, ils ont compris une chose simple : le vélo, ça se gagne en équipe. Pas en solitaires. Pas en génies isolés. En machines bien huilées, où chacun sait ce que l’autre doit faire. La France a Roglic et Latour. L’Italie a Carapaz et Nibali. L’Espagne a Pogačar et les autres. La Belgique ? Elle a deux monstres et une montagne de doutes.

En 2027, ce ne sera pas une question de « si » la Belgique perdra. Ce sera une question de quand.

Et le pire ? Personne ne semble s’en soucier.

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R Galaxie Rédaction

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