Le Royaume-Uni a menti à PISA 2025 ? Pas tout à fait. Mais presque.
En 2025, l’Angleterre affiche des résultats solides dans les tests PISA. Les élèves anglais lisent mieux, calculent plus vite, et résolvent des problèmes plus complexes que la moyenne européenne. Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Derrière ce tableau idyllique, il y a l’Angleterre d’un côté, et puis il y a le reste : le Pays de Galles, l’Écosse, et l’Irlande du Nord, qui trébuchent. Et personne ne veut en parler.
Pourtant, les chiffres sont là. Selon l’OCDE, qui publie les résultats PISA tous les trois ans, l’Angleterre se situe au-dessus de la moyenne OCDE en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. Mais si on sépare les nations du Royaume-Uni, la réalité est bien moins reluisante. L’Écosse, par exemple, se situe en dessous de la moyenne en mathématiques, et le Pays de Galles stagne en compréhension de l’écrit. L’Angleterre tire la moyenne vers le haut.
Et ça, c’est un problème.
L’Angleterre, ce géant aux pieds d’argile
Pourquoi l’Angleterre performe-t-elle si bien ? Parce qu’elle a misé sur l’argent. Depuis 2010, le gouvernement britannique a injecté plus de 10 milliards de livres dans l’éducation, surtout dans les écoles primaires et secondaires. Résultat : les classes sont moins bondées, les profs sont mieux payés, et les outils numériques pullulent. Mais ça ne marche pas partout.
Prenez Manchester. Une ville où les écoles publiques sont sous-financées depuis des années. Les résultats PISA y sont médiocres, voire mauvais. Pourtant, Manchester est en Angleterre. Comment expliquer ça ? Parce que l’argent ne tombe pas du ciel de la même manière partout. Les régions riches, comme le sud-est, bénéficient des meilleures infrastructures. Les autres, comme le nord ou les zones rurales, se débrouillent comme elles peuvent.
Et puis, il y a le recrutement des profs. L’Angleterre attire les meilleurs enseignants grâce à des salaires plus élevés. Mais où vont-ils ? Dans les zones aisées, bien sûr. Les écoles défavorisées se retrouvent avec des profs moins expérimentés, moins motivés.
Bref, l’Angleterre a amélioré ses scores, mais pas partout. Et ça, PISA ne le dit pas.
Le Pays de Galles et l’Écosse, les oubliés de la performance
Si l’Angleterre brille, le Pays de Galles et l’Écosse peinent. Leurs résultats PISA sont en dessous de la moyenne britannique, et parfois même en dessous de la moyenne OCDE.
Pourquoi ? Parce que ces nations ont moins de moyens. Le Pays de Galles, par exemple, dépend en partie des subventions anglaises. Mais ces subventions ne suffisent pas. Les écoles galloises manquent d’enseignants, de matériel, et parfois même de chauffage en hiver. En Écosse, c’est un peu la même chose. Le gouvernement écossais a tenté de réformer l’éducation, mais les résultats mettent du temps à venir.
Et puis, il y a la question de l’identité. Au Pays de Galles, l’enseignement se fait en partie en gallois. Or, les tests PISA sont en anglais. Résultat : les élèves bilingues sont désavantagés. L’Écosse, elle, a ses propres programmes scolaires, qui ne correspondent pas toujours aux attentes de PISA.
Bref, ces nations sont prises entre deux feux : les attentes de Londres et leurs propres réalités.
L’Irlande du Nord, le parent pauvre de l’Europe
L’Irlande du Nord, elle, ne joue pas dans la même cour. Ses résultats PISA sont les plus faibles de tout le Royaume-Uni. Pourquoi ? Parce que le conflit nord-irlandais a laissé des traces. Les écoles sont sous-financées, les profs sont en nombre insuffisant, et les inégalités sont criantes.
Et puis, il y a le Brexit. Depuis 2016, les échanges avec l’Irlande (république) se sont compliqués. Les programmes scolaires sont moins alignés sur ceux du reste du Royaume-Uni. Résultat : les élèves nord-irlandais ont du mal à suivre.
Mais le pire, c’est que personne ne s’en préoccupe vraiment.
Le Royaume-Uni joue à cache-cache avec ses résultats
Alors, pourquoi le Royaume-Uni affiche-t-il de si bons résultats PISA ? Parce que Londres contrôle tout. Les tests sont standardisés, mais l’Angleterre pèse plus lourd dans la balance. Si on faisait une moyenne pondérée par la population, les résultats seraient bien moins glorieux.
Et puis, il y a la question de la transparence. L’Angleterre publie ses résultats par région, mais le Pays de Galles et l’Écosse font moins de bruit. L’Irlande du Nord, elle, est souvent oubliée.
Bref, le Royaume-Uni ment un peu. Pas par malice, mais par négligence.
Ce que ça signifie pour l’avenir
Si rien ne change, les inégalités vont empirer. L’Angleterre continuera à performer, tandis que les autres nations du Royaume-Uni stagneront, voire reculeront.
Et puis, il y a le Brexit. Sans l’UE, le Royaume-Uni a perdu une partie de son financement européen. Les écoles vont encore manquer d’argent.
Alors, que faire ?
D’abord, arrêter de mentir. Les résultats PISA doivent être affichés par nation, pas par pays. Ensuite, redistribuer l’argent. Si l’Angleterre a plus de moyens, elle doit aider les autres nations à rattraper leur retard. Enfin, repenser les programmes scolaires.
Sinon, dans cinq ans, le Royaume-Uni aura toujours de bons résultats PISA… mais seulement sur le papier.