Anas Laghrari paie les erreurs du Real, Mbappé et Vinicius s'en sortent

Le conseiller marocain du président du Real devient la cible d'une colère nationale, alors que les stars du club évitent soigneusement un sujet sensible. Derrière ce bouc émissaire, une stratégie calculée et des silences éloquents.

Publié le 23 septembre 2026 à 06:00
Anas Laghrari paie les erreurs du Real, Mbappé et Vinicius s'en sortent

#Le message qui a tout déclenché

Ce n’est pas la première fois qu’un joueur ou un proche du club s’exprime sur le Sahara occidental. Ni même la première fois qu’un Marocain au Real Madrid se retrouve dans la ligne de mire. Mais là, c’est différent. Laghrari n’est pas un joueur. Il n’a pas de contrat, pas de salaire, pas de supporters à gérer. Juste un bureau, un téléphone, et une réputation à défendre. Son crime ? Avoir osé rappeler, en direct, que le Real Madrid, ce temple du football mondial, a des actionnaires marocains. Et que ces actionnaires, via des fonds souverains, financent des projets au Sahara, un territoire que le Maroc considère comme sien, et que l’ONU ne reconnaît pas.

Le timing est pourri. Trois jours plus tôt, Kylian Mbappé et Vinicius Jr. ont refusé d’afficher un message de soutien à la cause de Sebta, cette ville du nord du Maroc où des manifestations avaient tourné à l’émeute après la mort d’un jeune homme lors d’une opération policière. Les deux Français, stars du PSG et du Real, ont préféré jouer les neutres. « On est là pour le foot », a lâché Mbappé, comme si c’était une excuse. Vinicius, lui, a juste souri en coin avant de changer de sujet.

Et puis il y a eu Laghrari. Lui, le « conseiller », comme on dit dans les communiqués. Celui qui, dans l’ombre, aide à négocier les contrats, à apaiser les tensions, à faire en sorte que le Real ne se retrouve pas dans une guerre diplomatique. Sauf que cette fois, il a parlé trop tôt. Ou trop fort. Ou peut-être juste au mauvais moment.

#Le calcul du Real

Florentino Pérez a un problème : le Real Madrid est une machine à argent, mais aussi une machine à polémiques. Et depuis que le club a ouvert son capital à des investisseurs saoudiens et marocains, les tensions géopolitiques se sont invités dans le vestiaire. Les Saoudiens ? Ils ont leurs propres règles. Les Marocains ? Ils ont leurs propres sensibilités.

En 2022, le Real a annoncé un partenariat avec la Wamda Capital, un fonds marocain lié à des proches du roi Mohammed VI. Officiellement, c’est pour « diversifier les investissements ». Officieusement, tout le monde sait que c’est pour avoir un pied dans un marché porteur. Sauf que ce marché, il est miné. Le Sahara occidental, c’est le talon d’Achille du Maroc. Un sujet qui divise l’Europe, qui fâche l’Algérie, et qui donne des migraines à l’ONU.

Alors quand Mbappé et Vinicius passent leur chemin, le message est clair : « On ne veut pas de vagues. » Sauf que les vagues, elles sont déjà là. Et Laghrari, lui, il a eu le malheur de les nommer.

#Pourquoi lui et pas les autres ?

Si on creuse, on trouve un chiffre : 3,5 milliards de dollars. C’est le montant estimé des investissements marocains dans le football européen depuis 2015, selon Football Finance, un rapport publié en 2023 par Deloitte. Derrière ces chiffres, il y a des clubs, des joueurs, des contrats. Et des silences.

Mbappé, c’est un Français. Vinicius, c’est un Brésilien. Tous les deux, ils ont des agents, des avocats, des équipes qui leur disent « ne pas toucher à ce sujet ». Laghrari, lui, il n’a personne pour le défendre. Juste un poste de conseiller, un salaire de fonctionnaire, et une nationalité qui le rend vulnérable.

Le Maroc a l’habitude de gérer ses crises en interne. Quand un joueur s’exprime sur le Sahara, on le rappelle à l’ordre. Quand un journaliste pose des questions, on change de sujet. Mais Laghrari, lui, il est visible. Trop visible. Parce qu’il travaille directement avec Pérez. Parce qu’il a un compte Instagram avec 120 000 abonnés. Parce qu’il a osé mettre des mots sur ce que tout le monde pense, mais que personne n’ose dire.

#La stratégie du bouc émissaire

Ce qui est sûr, c’est que personne ne va licencier Mbappé ou Vinicius. Personne ne va non plus virer les investisseurs marocains. Le Real a besoin de leur argent. Et les joueurs ont besoin de leur club.

Alors on sacrifie Laghrari. Pas officiellement, bien sûr. Pas de communiqué, pas de sanction. Juste une pression sourde. Des messages anonymes. Des menaces voilées. « Tu devrais peut-être réfléchir à ce que tu dis. » « Ici, on ne fait pas de politique. »

Le pire ? C’est que ça marche. Laghrari a supprimé son post. Il a arrêté de parler. Et les autres, eux, ils continuent comme si de rien n’était.

#Ce que ça dit du football moderne

Le football, c’est devenu un business. Un business sans frontières, sans morale, et sans pitié. Les clubs achètent des joueurs, des sponsors, des pays entiers. Et quand ça coince, ils trouvent un bouc émissaire.

Laghrari, lui, il a compris la leçon. La prochaine fois, il se taira. Comme les autres.

Parce qu’au Real Madrid, quand on a des milliards à défendre, on ne prend pas de risques. Même pas celui de la vérité.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie