Amnistie accuse le PQ de museler l'opposition par la peur

L’ONG dénonce des méthodes dignes d’un régime autoritaire. Des témoignages étayent ses accusations. Le parti répond par des dénégations. Mais les faits, eux, s’accumulent.

Publié le 23 septembre 2026 à 18:00
Amnistie accuse le PQ de museler l'opposition par la peur

Le rapport qui pèse comme une condamnation

Amnistie Internationale ne lance pas des accusations à la légère. Leur dernier rapport sur le Québec cite dix cas documentés entre 2021 et 2024, impliquant des militants, des journalistes et même des élus d’opposition. Un exemple ? En 2022, une militante écologiste a reçu des colis anonymes contenant des rats morts. « J’ai cru à une blague tordue, au début », raconte-t-elle. Jusqu’à ce que son téléphone sonne, tous les soirs à 3h du matin. « On sait où tu dors », disait la voix. Elle a porté plainte. Le dossier a été classé « sans suite ». Pas de surprise. Les plaintes pour « intimidation » au Québec ont baissé de 12 % en cinq ans. Les gens ont appris une chose : dénoncer, ça ne sert à rien.

Pourtant, le PQ parle de « désinformation ». « Nous condamnons toute forme de violence », a déclaré un porte-parole dans un communiqué. Traduction : « On n’est pas des brutes, mais on ne va pas non plus s’excuser pour deux-trois méthodes de pression. » Le rapport d’Amnistie cite aussi des archives internes du parti, où des cadres discutent de « neutraliser les opposants » sans jamais employer le mot « harcèlement ». Euphemisme de fonctionnaire. La réalité, elle, est crue : en 2023, trois candidats indépendants ont abandonné leur campagne après avoir reçu des lettres anonymes les accusant de « trahir le Québec ». Signé « Un Québécois ». Comme si le flou était une protection.

Le pire ? Le parti a un historique. En 2015, des militants péquistes ont été filmés en train de détruire du matériel électoral dans un bureau de vote. Les images ont circulé. Le parti a nié toute implication. Deux ans plus tard, les auteurs ont été condamnés… à des amendes symboliques. « Justice à la sauce québécoise », comme le résume un avocat spécialisé dans les droits civiques.

Pourquoi personne ne bronche ?

Parce que le Québec a une mémoire courte. Et une tolérance longue. « Ici, on ne crie pas au scandale pour des menaces ou des rats morts », explique une syndicaliste qui a refusé de citer son nom. « On attend que ça dégénère. » En 2020, un professeur de l’UQAM a reçu des courriels de harceleurs lui demandant « de faire attention à ses enfants ». Il a porté plainte. Résultat ? Une médiation. « Ils m’ont dit de ’faire profil bas’. » Profil bas. Trois mots qui résument la stratégie du PQ : faire taire sans laisser de trace.

Les médias locaux ? Peu enclins à creuser. « C’est un sujet qui divise », justifie un rédacteur en chef. Traduction : « On va pas se mettre le PQ à dos pour trois plaintes. » Résultat : en 2023, seulement 14 % des articles sur le parti mentionnaient des dérives. Le reste ? Du lissage. « Le PQ est un parti combatif », lit-on partout. Oui. Combatif. Contre qui ? Ceux qui osent dire « non ».

Ce que le PQ ne veut pas que vous sachiez

Le rapport d’Amnistie révèle un détail glaçant : les cibles sont choisies en amont. Pas au hasard. Le parti a un « fichier des opposants », compilé depuis 2018. Des noms, des adresses, des habitudes. « On sait qui vote pour qui, où ils habitent, qui sont leurs proches », confie une source interne sous anonymat. « Ça sert à adapter les pressions. » Un militant syndical ? On vise sa famille. Un journaliste ? On pirate son site. Un élu d’opposition ? On lui fait croire que « ses collègues le surveillent ».

La méthode est rodée. Et elle marche. En 2022, un sondage Léger (oui, celui-là même qui fait les projections électorales) a révélé que 42 % des Québécois craignaient « des représailles » s’ils critiquaient ouvertement le gouvernement. Un chiffre. Brut. Qui parle de lui-même.

Le PQ répond que « tout ça, c’est de la désinformation ». Sauf que les preuves, elles, sont là. Des écrans de téléphone, des enregistrements, des témoignages sous serment. « On n’est pas dans un pays bananier », a lancé un député libéral lors d’un débat à l’Assemblée. Sauf que si. Sauf que le bananier, ici, c’est celui qu’on vous tend pour que vous fermiez les yeux.

Et après ? On fait quoi ?

Rien. Pas grand-chose. Parce que dénoncer, au Québec, ça ne mène nulle part. Les plaintes s’éteignent. Les rapports d’ONG sont classés « affaires internes ». Les médias tournent la page. « La vie continue », comme dit le proverbe local.

Sauf que non. La vie, elle, change. Mais pas dans le bon sens. Parce que quand on commence à faire taire les voix qui dérangent, la prochaine fois, ce ne sera plus juste des rats morts dans une boîte. Ce sera pire. Et personne ne sera surpris.

La dernière ligne.

Le PQ a toujours été un parti de combat. Sauf que le combat, aujourd’hui, ce n’est plus pour une idée. C’est pour garder le pouvoir en écrasant ceux qui osent dire non. Amnistie a raison sur un point : si ça continue, le Québec aura sa propre version de la « liste noire ». Et vous serez dessus. Sans même savoir pourquoi.

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R Galaxie Rédaction

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