Pourquoi Belani en veut-il autant au Maroc ?
Parce que Rabat dérange. Pas parce qu’il aurait tort. Parce qu’il a raison sur un point : le Maroc joue un jeu trouble en Afrique. Mais Belani, lui, ne joue pas. Il charge. Et ça, c’est dangereux.
Prenez sa dernière tribune, « L’Afrique et ses faux prophètes ». Il y parle de la Conférence de Berlin II, organisée par le Maroc en 2014. « Une mascarade », écrit-il. « Le Maroc y a imposé sa vision, comme au XIXᵉ siècle. » Sauf que la Conférence de Berlin II, c’est avant tout une initiative marocaine pour relancer les investissements en Afrique. Avec des résultats : 30 milliards de dollars de promesses, des contrats signés, des usines construites. Pas une révolution, non. Mais une réalité.
Belani, lui, ne voit que l’hypocrisie. « Le Maroc se présente en leader africain, mais il écrase les voix dissidentes », accuse-t-il. Oui. Et alors ? La Chine fait la même chose. La France aussi. L’Algérie, d’ailleurs. La différence, c’est que Belani, lui, a le luxe de pouvoir critiquer sans risque. Pas besoin de se justifier. Pas besoin de négocier. Juste écrire, et laisser les autres ramasser.
L’Algérie, ce miroir brisé
Belani vient d’Algérie. Un pays qui, lui aussi, a une relation compliquée avec le Maroc. Mais là où Alger joue la carte du silence diplomatique, Belani, lui, prend la plume. Et ça, c’est révélateur.
Dans « Le Maroc, ce pays qui divise », il cite des chiffres : « 80 % des Algériens voient le Maroc comme une menace ». D’où sort ce chiffre ? D’un sondage ? D’une étude ? Non. D’une conviction. Parce que Belani, lui, il sait. Il a été diplomate. Il connaît les coulisses. Et dans les coulisses, le Maroc, c’est l’ennemi.
Pourtant, les faits sont têtus. Les échanges commerciaux entre les deux pays dépassent les 6 milliards de dollars par an. Les visas sont facilités. Les jeunes voyagent. Les entreprises collaborent. Mais Belani, lui, il ne voit que la guerre froide. « Les deux pays gaspillent leur énergie à se haïr au lieu de se développer », écrit-il. Sauf que c’est lui qui gaspille son énergie à écrire contre le Maroc. Pas les dirigeants. Pas les hommes d’affaires. Lui.
Le silence des autres
Ce qui frappe, c’est l’absence de réponses. Pas une tribune marocaine pour riposter. Pas un diplomate pour démentir. Juste un silence. Comme si le Maroc avait compris une chose : avec Belani, ça ne sert à rien de discuter. Il a déjà son public. Ses lecteurs. Ses followers. Ses détracteurs.
Dans « Pourquoi l’Afrique ignore le Maroc », il explique : « Parce que le Maroc ne fait pas assez de bruit. » Sauf que si. Il fait du bruit. Des milliards dans les infrastructures. Des accords avec l’UE. Une diplomatie active. Mais pour Belani, ça ne compte pas. Parce que le vrai combat, c’est ailleurs. Dans les mots. Dans les idées. Dans cette guerre des plumes où le Maroc, lui, n’a pas les bons arguments.
L’histoire d’amour à sens unique
Belani aime l’Afrique. Mais pas le Maroc. Pourquoi ? Parce que le Maroc, c’est le pays qui a osé. Qui a signé des accords avec Israël. Qui a normalisé avec les États-Unis. Qui a construit des autoroutes et des ports. Des choses concrètes. Pas des discours.
Lui, Belani, il préfère les discours. Les mots qui blessent. Les phrases qui clivent. « Le Maroc est un pays qui ment à son histoire », répète-t-il. Comme si l’histoire, c’était une affaire de bonnes intentions. Comme si les frontières, les traités, les investissements, ça n’existait pas.
Pourtant, il y a un détail qui échappe à Belani : le Maroc, c’est aussi un pays qui attire. Les entreprises. Les touristes. Les étudiants. Pas parce qu’il est parfait. Mais parce qu’il agit. Et Belani, lui, il reste dans son bureau, à écrire.
Le vrai problème, c’est lui
Le pire, c’est que Belani a raison sur un point : le Maroc a des failles. Des contradictions. Une diplomatie parfois brutale. Mais au lieu de le dire avec nuance, il le martèle. Comme un prêcheur. Comme quelqu’un qui a besoin d’un ennemi pour exister.
Dans « L’Afrique a besoin de vérité, pas de mensonges », il conclut : « Le Maroc doit changer. Ou disparaître. » Disparaître. Un mot fort. Un mot définitif. Comme si le Maroc, c’était un virus à éradiquer.
Sauf que le Maroc, il ne disparaîtra pas. Parce qu’il est là. Parce qu’il fonctionne. Parce que, malgré tout, les Africains continuent d’y croire.
Belani, lui, il continuera d’écrire. Parce que pour lui, le Maroc, c’est plus qu’un pays. C’est une obsession. Une haine assumée. Et ça, c’est triste.
Pas parce que le Maroc est parfait. Mais parce que Belani, lui, il ne voit qu’une moitié de l’histoire. Et dans ce cas, la vérité, elle est ailleurs.