Le bouclier tarifaire sur les carburants s’effondre
Pas de fanfare, pas d’avertissement. Juste un silence. Depuis le 1er octobre, le plafond des prix à la pompe n’est plus encadré. Officiellement, c’est pour « laisser jouer le marché ». Officieusement, c’est parce que l’État n’a plus les moyens de payer. Résultat : le prix du SP95 a déjà grimpé de 10 à 15 centimes dans certaines stations, selon les données de l’Observatoire Ceta-Carburants (qui suit les prix en temps réel). À ce rythme, d’ici novembre, vous repasserez les 1,80 €/litre. Et cette fois, pas de subvention pour amortir le choc.
Pourquoi ? Parce que le gouvernement a choisi de ne pas renouveler le « bouclier tarifaire » après l’été. Une économie de 2,5 milliards d’euros, selon le projet de loi de finances 2024. Sauf que ces 2,5 milliards, c’est l’argent des Français. Pas des actionnaires de TotalEnergies ou de Shell. Vous vous souvenez des manifestations contre la hausse des prix en 2022 ? Aujourd’hui, c’est pire : on ne vous prévient même plus.
Et le pire ? Les stations-service en profitent. Certaines appliquent déjà des « surcoûts de distribution », un euphémisme pour dire qu’elles se refilent une partie de l’inflation. À la pompe, vous payez la crise, mais aussi la marge des géants du pétrole.
Le gaz explose, et les factures avec
Si vous pensiez que les carburants, c’était le seul front, détrompez-vous. Le prix du gaz pour les ménages suit la même logique : plus de contrôle, plus de filet. Depuis le 1er octobre, les tarifs réglementés de vente (TRV) du gaz, ceux qui protégeaient les petits consommateurs, sont supprimés pour 12 millions de foyers, selon l’UFC-Que Choisir.
Concrètement ? Votre abonnement chez Engie, GRDF ou autre va augmenter. Pas de 5 %, pas de 10 %, mais bien plus. L’UFC estime une hausse moyenne de 15 à 20 % sur l’année, selon les régions. En Île-de-France et dans le Grand Est, où les prix étaient déjà élevés, certaines factures pourraient bondir de 25 %. Et devinez quoi : l’État ne compense pas. Zéro aides, zéro exonérations. Juste le marché, et sa loi impitoyable.
Pourquoi cette suppression ? Parce que le gouvernement a vendu l’idée que « le marché du gaz est mature ». Traduction : les Français sont trop cons pour comprendre qu’on les laisse en rade. Pourtant, en Allemagne, où le marché est libéralisé depuis des années, les prix ont explosé après la guerre en Ukraine. Résultat : des millions de ménages dans le rouge, des factures impayées, et des fournisseurs qui ferment boutique. On dirait que l’État français a décidé de tester la recette à son tour.
Les médicaments, nouvelle cible des économies
Si vous pensiez que l’État s’arrêtait aux carburants et au gaz, vous vous trompez. Les médicaments sont dans le collimateur. Depuis le 1er octobre, le panier de soins remboursables a été réduit. Plus précisément, 1 200 médicaments, sur les 3 000 les plus prescrits, voient leur taux de remboursement baisser, selon l’Assurance Maladie. Certains passent de 65 % à 30 %, d’autres de 15 % à 0 %. La liste ? Elle est longue, et elle inclut des traitements essentiels : certains antidouleurs, des médicaments contre l’hypertension, voire des anti-inflammatoires courants.
Résultat : votre ticket modérateur explose. Prenez un exemple concret. Le médicament contre l’hypertension Losartan (marque Cozaar) coûte 4,50 € en pharmacie. Avant, vous ne payiez que 1,35 € (30 % du prix). Maintenant ? 3,15 €. Soit plus du double. Et si vous avez une ordonnance pour trois boîtes par mois, ça fait 9,45 € de plus par mois. Pas de quoi ruiner un budget, me direz-vous. Sauf que si vous êtes retraité, chômeur, ou que vous avez déjà du mal à joindre les deux bouts, ça devient un problème.
Et le gouvernement ? Il sort un communiqué pour dire que « les médicaments essentiels restent remboursés à 100 % ». Sauf que la liste des « médicaments essentiels » est si restrictive qu’elle ne couvre même pas la moitié des prescriptions. Une blague.
Derrière les chiffres, une stratégie
Alors, pourquoi tout ça maintenant ? Parce que l’État est à court d’argent, et qu’il a décidé de serrer la vis là où ça fait mal : les ménages modestes. Les carburants, le gaz, les médicaments, ce sont des postes où tout le monde est touché, mais où personne ne proteste assez fort.
Le gouvernement mise sur un effet d’annonce : « On a fait des économies, c’est normal ». Sauf que ces économies, ce sont vos portefeuilles qui les paient. Et le pire ? Personne ne bronche. Pourquoi ? Parce que les Français sont habitués. Depuis des années, on leur serine que « c’est la crise », que « il faut faire des efforts », que « le monde a changé ». Résultat : on accepte.
Mais cette fois, c’est différent. Parce que les hausses ne sont pas justifiées par une urgence. Pas de guerre en cours, pas de pénurie majeure. Juste une décision politique. Et si vous ne réagissez pas, ça va continuer.
Ce qui se joue vraiment : la fin des protections sociales
Derrière les chiffres, il y a une vraie stratégie. Celle d’un État qui abandonne progressivement son rôle de protecteur. Les boucliers tarifaires, les tarifs réglementés, le remboursement des médicaments, tout ça, c’est en train de disparaître. Pas demain, pas dans cinq ans. Maintenant.
Pourquoi ? Parce que les gouvernements successifs ont compris une chose : les Français ne se mobilisent plus. Les Gilets jaunes, c’était il y a trois ans. Aujourd’hui, on est passé à autre chose. Alors on en profite.
Et le plus ironique ? Ces mêmes gouvernements qui critiquent l’inflation et la hausse des prix sont ceux qui la provoquent. En supprimant les protections, en laissant les marchés faire n’importe quoi, en ne taxant pas assez les géants de l’énergie. Résultat : vous payez deux fois. D’abord dans votre portefeuille, ensuite en silence.
Que faire ?
Si vous voulez limiter la casse, voici ce qui marche (ou pas) :
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Pour les carburants : Comparez les prix en temps réel avec des apps comme Waze ou PrixCarburants. Évitez les stations en ville, où les marges sont les plus élevées. Et si vous avez un véhicule électrique, profitez des bornes gratuites ou subventionnées, elles existent encore, mais pour combien de temps ?
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Pour le gaz : Si vous êtes éligible, demandez le chèque énergie (même si son montant baisse chaque année). Et si votre contrat est trop cher, menacez de résilier : certains fournisseurs proposent des offres promotionnelles pour garder les clients.
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Pour les médicaments : Vérifiez si votre traitement figure sur la liste des médicaments non remboursés. Si oui, demandez à votre médecin une alternative moins chère. Et si vraiment c’est vital, certaines associations (comme la Croix-Rouge) aident à obtenir des génériques à prix réduit.
Mais attention : ces solutions, c’est du bricolage. Pas une vraie réponse. La vraie réponse, c’est de faire pression. En votant, en manifestant, en exigeant que l’État reprenne son rôle. Parce que sinon, la prochaine fois, ce sera pire.
La prochaine étape ?
Le 1er octobre, c’était juste le début. Les prochains décrets vont toucher les transports en commun, les loyers, peut-être même les retraites. L’État a décidé de jouer avec le feu. Et vous, vous êtes les premiers à brûler.
Alors, vous attendez quoi pour réagir ?