Le zona frappe surtout les plus de 60 ans

La Haute Autorité de Santé a actualisé ses recommandations sur le zona. Mais le vaccin recombinant reste sous-utilisé. Pourquoi ? Parce que les médecins ne le prescrivent pas assez, et que les patients ignorent souvent leur risque. Voici comment agir avant qu’il ne soit trop tard.

Publié le 30 septembre 2026 à 20:26
Le zona frappe surtout les plus de 60 ans

En 2023, près de 300 000 cas de zona ont été recensés en France chaque année, selon l’Assurance Maladie. Un chiffre qui grimpe avec l’âge, surtout après 60 ans. Pourtant, une solution existe : un vaccin efficace, mais mal connu. La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de le rappeler dans ses nouvelles recommandations. Le problème ? Personne ne semble vraiment s’en soucier assez tôt.

Le zona, c’est cette éruption douloureuse qui apparaît souvent sur un côté du corps, comme une ceinture de feu. Ça démange, ça brûle, et ça peut durer des semaines. Dans 10 à 20 % des cas, ça laisse des séquelles à vie : douleurs chroniques, engourdissements, voire des complications graves comme une névrite ou une surdité. Pour les plus de 60 ans, le risque est multiplié par cinq. Et pourtant, beaucoup attendent que ça les frappe avant de réagir.

Pourquoi le vaccin reste un secret de polichinelle

Le vaccin contre le zona, c’est Shingrix, développé par GSK. Il n’est pas remboursé à 100 %, mais la Sécu prend en charge 70 % du prix (soit environ 65 euros la dose). Deux doses sont nécessaires, espacées de deux à six mois. Problème : très peu de médecins en parlent.

En 2022, seulement 1,5 million de personnes éligibles (soit environ 30 % des concernés) avaient reçu une première dose, selon les données de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Pourquoi un tel décalage ?

  1. Les médecins généralistes ne le proposent pas systématiquement. Beaucoup estiment que le zona n’est pas une urgence, ou qu’il vaut mieux attendre qu’un patient en fasse la demande. Erreur. Le vaccin est bien plus efficace s’il est administré avant l’infection.

  2. Les patients minimisent les risques. « Moi, ça m’arrivera pas » ou « Je verrai bien sur le moment » sont des réponses récurrentes. Pourtant, une personne sur trois aura un zona après 60 ans. Et une sur cinq en fera une deuxième fois.

  3. La confusion avec le vaccin contre la varicelle. Beaucoup croient que le vaccin contre la varicelle (Varilrix) protège aussi du zona. Faux. Le zona, c’est la réactivation du virus de la varicelle, dormant dans les nerfs depuis l’enfance. Un vaccin contre la varicelle ne sert à rien contre le zona.

Ce que dit vraiment la HAS (et ce qu’elle ne dit pas)

La HAS recommande désormais d’élargir la vaccination aux personnes immunodéprimées, même avant 60 ans. Une avancée, mais insuffisante.

  • Pour les plus de 60 ans, le vaccin est fortement recommandé, surtout s’il y a des antécédents de varicelle ou des maladies chroniques (diabète, cancer, etc.).
  • Pour les 50-59 ans, la HAS ne le préconise pas systématiquement, mais certains médecins le proposent déjà aux patients à risque.
  • Pour les immunodéprimés (greffés, VIH, chimiothérapie), le vaccin est obligatoire avant toute transplantation ou traitement immunosuppresseur.

Ce que la HAS ne dit pas ? Que le vaccin est 90 % efficace après deux doses, même chez les plus âgés. Et que les effets secondaires (douleurs au bras, fièvre légère) sont bien moins gênants que les complications du zona.

Le piège des délais et des idées reçues

Beaucoup attendent que leur médecin leur propose le vaccin. Mauvaise stratégie.

  • Si vous avez plus de 60 ans, demandez-le vous-même. Pas besoin d’attendre un bilan de santé.
  • Si vous êtes immunodéprimé, exigez-le avant tout traitement lourd. Certains hôpitaux ne le proposent même pas, alors qu’il est remboursé à 100 % dans ce cas.
  • Si vous avez déjà eu un zona, vous avez deux fois plus de risques d’en refaire un. Le vaccin réduit ce risque de 50 %.

Autre idée reçue : « Le vaccin ne sert à rien si on a déjà eu la varicelle. » Faux. Même si vous avez eu la varicelle enfant, le virus peut se réveiller des décennies plus tard. Le vaccin agit comme un rappel immunitaire.

Ce qui se passe quand on ne fait rien

Prenez le cas de Madame L., 72 ans, diabétique. Elle a attendu que les boutons apparaissent sur son torse avant de consulter. Résultat : trois mois de douleurs atroces, des antidouleurs qui ne marchaient plus, et une cicatrice permanente. « J’aurais préféré deux piqûres que ça. »

Ou celui de Monsieur R., 65 ans, greffé du rein. Son équipe médicale n’a jamais évoqué le vaccin avant sa greffe. Il a attrapé le zona six mois après, avec une surinfection bactérienne. « On m’a dit : ‘C’est normal, c’est le prix à payer.’ » Normal ? Non. Évitable ? Oui.

La vraie question : qui va payer l’addition ?

Le zona, ça coûte cher à la collectivité. Hospitalisations, arrêts maladie, traitements antidouleurs : le budget explose. En 2021, le zona a généré 1,2 milliard d’euros de dépenses en France (source : Drees).

Pourtant, personne ne semble prêt à forcer la main.

  • Les laboratoires ? Ils font leur chiffre d’affaires, mais ne font pas de campagne massive.
  • Les médecins ? Beaucoup délèguent la responsabilité aux patients.
  • Les patients ? Ils reportent, minimisent, ou ignorent.

Résultat : Le zona reste une épidémie silencieuse, évitable mais pas éradiquée.

Ce qu’il faut faire maintenant

  1. Vérifiez votre éligibilité. Plus de 60 ans ? Immunodéprimé ? Demandez le vaccin.
  2. Ne comptez pas sur votre médecin pour vous le proposer. Beaucoup oublient. C’est à vous de relancer.
  3. Ne laissez pas passer les délais. Le vaccin doit être pris avant d’avoir le zona. Une fois les boutons là, c’est trop tard.
  4. Si vous avez déjà eu un zona, vous êtes un candidat prioritaire. Le deuxième épisode est souvent pire.

Dernier conseil : Si votre médecin hésite, montrez-lui les recommandations de la HAS. Ou mieux, trouvez un médecin qui les applique déjà. Certains centres de vaccination en proposent systématiquement.

Le zona n’est pas une fatalité. Mais il faut agir avant que le virus ne se réveille.

Et si vous attendez d’avoir mal pour y penser, vous aurez déjà perdu.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie