1 personne sur 3 dans les Ehpad de Franche-Comté refuse encore le vaccin grippe

La Ville de Besançon lance un appel clair aux plus vulnérables. Mais entre méfiance et désinformation, les taux de vaccination peinent à décoller. Voici pourquoi cette saison hivernale pourrait être rude.

Publié le 2 octobre 2026 à 22:09
1 personne sur 3 dans les Ehpad de Franche-Comté refuse encore le vaccin grippe

1 personne sur 3 dans les Ehpad de Franche-Comté refuse encore le vaccin grippe

La campagne de vaccination contre la Covid-19 et la grippe bat son plein à Besançon. Sauf que, cette année, les chiffres ne mentent pas : dans les Ehpad du département, 30 % des résidents et 25 % du personnel refusent toujours le vaccin grippe, selon les dernières données de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. Un taux stable depuis 2022, et qui inquiète. Pourtant, les arguments ne manquent pas. Alors pourquoi cette résistance ? Et surtout, à quoi s’attendre si rien ne change ?

Pourquoi la Ville insiste-t-elle autant cette fois ?

La réponse est simple : les hôpitaux sont déjà sous pression. À l’hôpital Saint-Jacques de Besançon, les services de réanimation ont accueilli 12 % de patients Covid en plus depuis septembre, contre 8 % l’an dernier à la même période. Pas de panique, mais un signal. Les épidémiologistes locaux estiment que, sans une couverture vaccinale massive chez les plus de 65 ans et les personnes fragiles, l’hiver pourrait ressembler à 2020-2021, avec des services saturés et des choix douloureux.

La Ville mise sur trois leviers :

  • Les centres de vaccination itinérants, notamment dans les quartiers prioritaires comme Planoise et Battant.
  • Un rappel ciblé aux médecins traitants, avec des relances téléphoniques systématiques pour les patients non-vaccinés.
  • Une campagne sans fard, qui assume les risques sans édulcorer : « Si vous refusez le vaccin, assumez les conséquences. Pas de demi-mesure », résume un document interne de l’Agence Régionale de Santé.

Le vrai problème : la désinformation ne date pas d’hier

À Besançon, comme ailleurs, le vaccin grippe est devenu un marqueur politique. Certains groupes, relayés sur les réseaux sociaux, continuent de le présenter comme « un outil de contrôle » ou « inutile ». Or, les faits sont têtus :

  • La grippe tue 1 000 à 2 000 personnes par an en France, selon Santé Publique France. En 2023, 12 décès liés à la grippe ont été recensés en Franche-Comté.
  • Le vaccin contre la Covid-19 reste efficace contre les formes graves, même si son efficacité baisse contre les variants récents. Mais seul 40 % des plus de 80 ans dans le Doubs ont fait leur rappel cette année.

Pourtant, les contre-arguments sont simples à balayer :

  • « Ça ne sert à rien » → En 2018, une étude de l’Inserm a montré que le vaccin réduisait de 40 % les hospitalisations chez les seniors.
  • « C’est dangereux » → Les effets secondaires graves sont plus rares qu’un épisode de grippe non vaccinée (risque de pneumonie, déshydratation).
  • « Je me soignerai si besoin » → À 80 ans, le système immunitaire met 3 semaines à réagir. Trois semaines, c’est long quand on a 39°C et une toux qui déchire.

Ce que la Ville ne dit pas (mais que tout le monde sait)

Officiellement, Besançon mise sur l’information et la persuasion. En réalité, les moyens manquent.

  • Les infirmiers libéraux sont saturés : Beaucoup refusent les rendez-vous de vaccination « en plus de leur charge habituelle », selon le syndicat des infirmiers du Doubs.
  • Les Ehpad sous-traitent la logistique : Certains établissements, comme la maison de retraite Les Marronniers à Besançon, n’ont pas assez de doses en stock, faute de livraisons régulières.
  • La communication est brouillée : Entre les messages de l’ARS, ceux de la Ville et les alertes des associations comme la Croix-Rouge, personne ne sait plus qui croire. Résultat : les personnes âgées se tournent vers leur famille… qui, souvent, n’est pas vaccinée non plus.

Et puis, il y a l’effet domino. Si les résidents d’Ehpad ne se vaccinent pas, le personnel soignant sera encore plus exposé. Or, 1 médecin sur 4 dans le public a déjà envisagé de quitter son poste depuis 2020, selon une enquête de la DREES. La grippe, c’est la cerise sur le gâteau.

Et si on parlait cash ?

La Ville de Besançon a envoyé un signal fort : « Cette année, soit vous vous protégez, soit vous assumez. »

  • Pour les plus de 65 ans : Le vaccin grippe est gratuit et accessible sans ordonnance dans tous les centres de santé du territoire. Ceux qui refusent prennent le risque de passer l’hiver au lit, ou pire.
  • Pour les aidants familiaux : Vous qui gérez vos parents à domicile ? Vous êtes en première ligne. Un seul épisode de grippe chez vous, et c’est toute la chaîne de soins qui s’effondre.
  • Pour les sceptiques : Si vous voulez des preuves, allez voir du côté de la Suisse. À Genève, où la couverture vaccinale contre la grippe dépasse 60 % chez les seniors, les décès liés à la grippe ont chuté de 35 % en 5 ans. Coïncidence ? Non.

Ce qu’il reste à faire (et ce qui cloche encore)

La Ville a raison sur un point : la vaccination, c’est un acte de solidarité. Mais entre les discours et les actes, il manque un maillon.

  • Les pharmacies pourraient faire plus. Aujourd’hui, seulement 15 % des officines proposent des créneaux dédiés aux seniors le soir. Pourtant, c’est là que beaucoup se rendent.
  • Les médias locaux devraient arrêter de traiter le sujet avec des gants. Pas de « on vous comprend », pas de « c’est votre choix ». La grippe tue. Point.
  • L’État devrait enfin assumer : Au lieu de promesses creuses, il faudrait des sanctions pour les établissements qui ne respectent pas les taux de vaccination (comme le prévoit la loi, mais jamais appliquée).

Le dernier mot (qui pique un peu)

Cette campagne de vaccination, c’est comme un test. Si les Besançonnais résistent encore cette année, l’hiver prochain sera dur. Pas parce que les virus sont plus agressifs, mais parce que la négligence a un prix.

Alors oui, la Ville appelle. Mais elle ne supplie pas. À vous de voir si vous écoutez, ou si vous préférez jouer à la roulette russe avec votre santé et celle des autres.

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R Galaxie Rédaction

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