Les données de Yandex et Amazon s’effacent, la guerre cyber entre dans une nouvelle phase

Deux attaques ciblées en quelques jours : des drones ukrainiens ont frappé des centres de données russes, tandis qu’Amazon reconnaissait des pertes irréversibles à Bahreïn. La guerre des données n’est plus une menace lointaine, mais une réalité qui change tout. Voici pourquoi personne ne peut plus faire semblant d’ignorer le danger.

Publié le 10 octobre 2026 à 18:19
Les données de Yandex et Amazon s’effacent, la guerre cyber entre dans une nouvelle phase

Les drones ukrainiens ont effacé des données chez Yandex. Personne ne parle de la suite.

Fin juin, deux centres de données de Yandex, le Google russe, ont été touchés par des frappes de drones ukrainiens. Pas des bombes, pas des cyberattaques classiques : des drones armés, guidés par satellite, qui ont réduit en cendres des infrastructures critiques. Résultat ? Des pertes de données définitives. Pas des copies corrompues, pas des sauvegardes ratées, des données supprimées, comme si elles n’avaient jamais existé.

Et ce n’est pas un cas isolé. Début juillet, Amazon a admis, sans trop en dire, avoir subi des pertes irréversibles dans ses data centers de Bahreïn. Personne ne sait exactement quoi, ni combien. Juste assez pour que les actionnaires s’inquiètent et que les régulateurs ferment les yeux.

Le problème ? Personne ne mesure encore l’ampleur du risque.

Pourquoi la Russie et le Golfe sont devenus les cibles invisibles de la guerre des données

La Russie mise sur ses data centers pour compenser les sanctions occidentales. Yandex, en particulier, stocke des données sensibles, pas seulement des recherches Google, mais des dossiers militaires, des communications gouvernementales, des algorithmes d’IA utilisés pour la logistique de guerre. Quand des drones ukrainiens frappent, ce n’est pas un hasard. C’est une stratégie : détruire la machine de guerre numérique de Moscou.

Et Bahreïn ? Le pays abrite des serveurs d’Amazon Web Services (AWS) qui hébergent des données européennes et américaines. Une attaque là-bas, c’est toucher indirectement l’OTAN. Amazon a joué les voiles blancs : « des pertes irréversibles, mais sans préciser ». Traduction : « On sait, mais on ne dit pas tout, au cas où ».

Le vrai danger ? Ces attaques ne sont que le début.

Les sauvegardes ne servent Ă  rien quand les drones savent oĂą elles sont

Les data centers ont des protocoles de sécurité. Des murs blindés, des systèmes de refroidissement redondants, des sauvegardes automatiques. Sauf que les drones ukrainiens ne visent pas les serveurs au hasard. Ils ciblent les points faibles structurels : les toits mal isolés, les systèmes de ventilation vulnérables, les zones où les caméras de surveillance ont des angles morts.

Pire : les Ukrainiens savent où sont les sauvegardes. Parce que les Russes, pressés par la guerre, ont externalisé une partie de leurs données dans des centres partagés avec d’autres entreprises. Résultat ? Une frappe bien placée peut tout emporter.

Chiffre clé (source : rapport du Center for Strategic and International Studies, 2023) :

« 68 % des data centers russes dépendent aujourd’hui de sauvegardes cloud basées à l’étranger. Une seule frappe bien placée dans un hub européen ou moyen-oriental peut les rendre inutiles. »

Amazon et Yandex mentent par omission. Voici pourquoi.

Quand Amazon dit « pertes irréversibles », ça veut dire une chose : ils n’ont pas tout sauvegardé. Ou alors, leurs sauvegardes étaient elles-mêmes stockées dans des zones vulnérables.

Yandex, lui, minimise. « Des dégâts matériels, mais pas critiques », a-t-il déclaré. Sauf que personne ne croit vraiment à cette version. Pourquoi ? Parce que depuis 2022, les services de renseignement occidentaux suivent de près les fuites de données russes. Et quand des petaoctets disparaissent du jour au lendemain, ce n’est jamais « pas critique ».

Le vrai problème ? Personne ne veut assumer la responsabilité.

  • Les États font semblant de ne pas voir, parce que reconnaĂ®tre une faille, c’est admettre que leurs propres donnĂ©es pourraient ĂŞtre exposĂ©es.
  • Les entreprises prĂ©fèrent taire les pertes, de peur de dĂ©clencher une panique boursière ou un exode des clients.
  • Les rĂ©gulateurs ferment les yeux, parce que rĂ©guler les data centers, c’est reconnaĂ®tre que le risque existe.

Ce qui va changer (et ce que vous ne verrez pas dans les journaux)

  1. Les data centers vont devenir des forteresses… mais moins accessibles. Les tours de serveurs vont être enterrées, blindées, ou déplacées dans des zones géographiquement impossibles à frapper (comme le Groenland ou l’Antarctique). Sauf que ça coûtera cher, et que les délais de latence exploseront.

  2. Les sauvegardes vont disparaître (ou devenir payantes). Aujourd’hui, une entreprise paie pour avoir des copies automatiques. Demain, elle devra choisir ce qu’elle sauvegarde, et payer en fonction du risque. Les PME crèveront. Les géants comme Amazon et Microsoft ? Ils auront les moyens de se protéger.

  3. La guerre des données va se délocaliser. Si frapper un data center en Russie ou à Bahreïn est trop visible, les prochaines cibles seront les nœuds de transit : les câbles sous-marins qui relient l’Europe à l’Asie, les satellites de Starlink utilisés pour la logistique militaire. Personne n’en parle, mais les sous-marins russes et les drones maritime sont déjà en position.

  4. Vos données personnelles vont devenir une monnaie d’échange. Aujourd’hui, une fuite de données (comme celle de Facebook-Cambridge Analytica) fait scandale. Demain, une suppression ciblée de données sensibles (dossiers médicaux, historiques bancaires, emails diplomatiques) sera utilisée comme arme. Et personne ne pourra rien y faire.

La vraie question : et si vos données étaient la prochaine cible ?

Vous n’êtes pas un général russe. Vous n’êtes pas un ministre ukrainien. Vous n’êtes même pas un client d’Amazon Web Services.

Mais vos données le sont.

  • Votre historique mĂ©dical stockĂ© dans un cloud europĂ©en ? VulnĂ©rable.
  • Vos emails professionnels sauvegardĂ©s sur un serveur amĂ©ricain ? Risque de suppression ciblĂ©e.
  • Vos transactions bancaires passĂ©es par des infrastructures partagĂ©es ? Une seule frappe bien placĂ©e, et plus moyen de les rĂ©cupĂ©rer.

Personne ne vous préviendra.

Parce que quand une entreprise comme Yandex ou Amazon admet des pertes, c’est déjà trop tard. Et quand un État comme la Russie ou l’Ukraine reconnaît une faille, c’est qu’il a déjà perdu.

La prochaine fois que vous entendrez « des données ont été supprimées définitivement », ne vous dites pas « ça ne me concerne pas ». Ça vous concerne déjà.

Parce que la guerre des données, elle est entrée chez vous. Vous ne l’avez juste pas encore vue.

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R Galaxie Rédaction

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