Pourquoi Microsoft garde Xbox… mais la démantèle en silence
La déclaration d’Asha Sharma est un classique du genre : « On ne vend pas. » Sauf que quand on a passé six mois à licencier un cinquième de ses employés et à brader des pépites comme Gears of War (Playground Games) ou Borderlands (via inXile), la phrase sonne creux. Microsoft ne vend pas Xbox. Microsoft la casse.
Prenez les chiffres : en 2022, Xbox employait environ 3 000 personnes. Aujourd’hui ? Officiellement, plus que 2 400. Mais les studios externalisés, les équipes réduites à peau de chagrin, les projets annulés… La vraie question n’est pas « Xbox est-il à vendre ? », mais « Xbox a-t-elle encore une raison d’exister ? » Et la réponse, c’est non. Pas pour Microsoft, en tout cas.
Le piège d’Activision : quand un rachat devient une condamnation
Microsoft a payé 68,7 milliards de dollars pour Activision Blizzard. Un prix exorbitant, même pour un géant. Sauf que ce rachat n’est pas une victoire. C’est une stratégie de désengagement déguisée.
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D’un côté, Microsoft mise sur Activision pour dominer le marché des jeux AAA. Call of Duty, Diablo, World of Warcraft… Ces franchises rapportent des milliards, et elles ne dépendent plus d’Xbox Game Studios. Elles dépendent de Microsoft Studios, une entité plus large, plus flexible, moins liée à la marque Xbox.
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De l’autre, Xbox devient un coût superflu. Pourquoi garder une division entière si ses jeux phares (Halo, Forza, Gears) rapportent moins que les licences Activision ? Pourquoi investir dans des studios quand on peut externaliser la production et garder les marges ?
Le vrai business plan de Microsoft ? Faire croire que Xbox existe encore, tout en vidant ses ressources pour nourrir Activision. Et si un jour la marque Xbox devient un frein plutôt qu’un atout ? Elle sera abandonnée. Pas vendue. Supprimée.
Les studios fantômes : quand Microsoft vend ce qu’elle ne peut plus contrôler
Double Fine (Psychonauts), Playground Games (Gears of War), Compulsion Games (Sunset Overdrive)… Ces noms résonnaient encore il y a deux ans. Aujourd’hui ? Des coquilles vides, ou pire : des studios vendus à des fonds d’investissement qui ne croient plus en leur potentiel.
Pourquoi cette hémorragie ? Parce que Microsoft a changé de logique. Avant, Xbox était une marque à part entière, avec ses propres studios, ses propres jeux, sa propre identité. Aujourd’hui, Xbox n’est plus qu’un support pour vendre des consoles (la Series X) et des abonnements (Game Pass). Le reste ? Du superflu.
Pire : les jeux Xbox les plus ambitieux (Starfield, Forza Motorsport…) sont souvent des échecs commerciaux ou critiques. Starfield a coûté 250 millions de dollars et a déçu plus d’un joueur. Forza Motorsport a été relancé en mode arcade après des années de développement. Quand un studio coûte cher et ne rapporte rien, Microsoft le jette.
Le chiffre que personne ne veut commenter : 10 milliards pour Activision, 0 pour Xbox
En 2023, Microsoft a dépensé 10 milliards pour Activision. En 2024, combien a-t-elle investi dans Xbox Game Studios ? Aucun chiffre officiel n’existe. Mais on sait une chose : les budgets des jeux Xbox ont été réduits de 30 à 50 % depuis 2022, selon des sources internes citées par Bloomberg.
Pourquoi ? Parce que Microsoft a compris une chose simple : Xbox ne fait plus rêver. Les joueurs veulent Call of Duty, Diablo, Overwatch. Ils ne veulent plus Halo en mode survie ou Forza en open-world raté. Alors Microsoft mise sur l’abonnement (Game Pass) et sur les licences tierces (Ubisoft, EA, Bethesda) pour faire croire que Xbox est toujours vivante.
Le paradoxe ? Plus Microsoft investit dans Activision, moins Xbox a les moyens de rivaliser. Et moins Xbox a les moyens de rivaliser, plus elle devient un fardeau pour Microsoft.
La vraie question : et si Xbox disparaissait simplement ?
Asha Sharma a raison sur un point : Xbox n’est pas à vendre. Parce qu’elle n’a plus besoin d’être une marque indépendante. Elle est déjà morte. Elle ne le sait pas encore.
- Scénarios possibles :
- Option 1 : Microsoft garde Xbox en vie comme un service de distribution (Game Pass, cloud gaming), sans plus de studios. Les jeux Xbox deviennent des produits low-cost, conçus pour l’abonnement.
- Option 2 : Xbox est fusionnée avec Microsoft Studios, et la marque disparaît au profit d’une entité plus large, moins risquée. Halo et Forza deviennent des franchises