Votre liseuse Kindle va devenir un objet de musée

Amazon repense ses liseuses de fond en comble, mais la Scribe reste à la traîne. Voici ce qui change vraiment, et pourquoi ça ne suffit pas. Avec des chiffres qui font mal et des choix qui détonnent.

Publié le 2 octobre 2026 à 22:06
Votre liseuse Kindle va devenir un objet de musée

Votre liseuse Kindle va devenir un objet de musée

Amazon souffle sur les braises depuis 20 ans avec sa Kindle. Vingt ans. Le temps qu’il faut pour voir un produit se figer dans sa forme, comme un dinosaure qui croit encore courir vite. Cette année, la firme de Jeff Bezos tente un grand coup : elle renouvelle presque toute sa gamme. Enfin, presque. La Scribe, sa liseuse haut de gamme avec stylet, reste en plan. Pourquoi ? Parce que le vrai jeu, c’est ailleurs.

Le problème, c’est que personne n’en a rien à faire.

En 2023, selon une étude de l’IFPI, seulement 12 % des Français lisaient encore des livres sur support numérique. 12 %. Le reste ? Du papier, du PDF, ou rien. Amazon le sait. Pourtant, elle dépense des millions en R&D pour des écrans plus fins, des châssis en unibody et des couleurs qui collent à la mode du moment. À quoi bon ?

Amazon enterre ses liseuses basiques

La Kindle Paperwhite et la Kindle Oasis, les deux modèles phares, disparaissent du catalogue. Remplacées par la Kindle Scribe (oui, le même nom que la liseuse premium, mais en version basique) et la Kindle Colorsoft. La Colorsoft, c’est la Paperwhite avec des couleurs. Enfin, des couleurs. Pas le noir et blanc parfait des anciennes, mais un écran LCD qui fait semblant d’être un écran e-ink. Résultat ? Un rendu qui fatigue les yeux après deux heures. Comme un écran de smartphone en mode nuit raté.

Pourtant, Amazon mise gros sur ce coup. La Colorsoft coûte 189 €, soit 30 € de plus que la Paperwhite d’avant. Pourquoi payer plus pour moins bien ? Parce que le marché des liseuses colorées explose. En Chine, les ventes ont bondi de 45 % en un an, selon Counterpoint Research. Mais en Europe ? On s’en fiche. La plupart des gens veulent du noir sur blanc, pas des images qui saignent.

Le châssis unibody, une fausse bonne idée

Amazon vante son nouveau châssis en unibody, plus résistant et plus fin. Sauf que les liseuses, ça ne casse pas. Enfin, si, mais pas comme un smartphone. Un choc contre un trottoir ? Rien. Une chute dans la baignoire ? Rien. Les liseuses Kindle tiennent mieux que la plupart des gadgets tech. Alors ce unibody, c’est du marketing pur.

Le vrai changement, c’est l’écran affleurant. Plus de bordure, plus de boutons physiques. Tout se fait par écran tactile. Problème : les boutons physiques, ça marche. Vraiment. Sous la pluie, avec des doigts gras, après trois verres de vin. L’écran tactile, lui, bugue. Et Amazon n’a pas encore résolu ça.

La Scribe, le parent pauvre du renouveau

La Scribe, c’est la liseuse premium. Celle avec le stylet, les carnets numériques, le Bluetooth. Celle qui aurait dû être la star du show. Pourtant, Amazon la laisse de côté. Pourquoi ? Parce que le stylet, c’est compliqué. Parce que les carnets numériques, ça ne marche pas. Parce que les gens ne veulent pas payer 329 € pour écrire des notes qui disparaîtront dans trois ans.

En 2022, seulement 5 % des ventes de liseuses aux États-Unis étaient des modèles avec stylet, selon NPD Group. Amazon le sait. Alors elle fait semblant de l’oublier.

Ce qui se joue vraiment derrière

Amazon ne renouvelle pas ses liseuses par amour pour la lecture. Elle le fait parce que le marché change. Les gens lisent moins, mais ils veulent des écrans partout. Même dans leurs livres. La Colorsoft, c’est une concession à cette folie. Un écran coloré pour ceux qui veulent scroller entre deux chapitres.

Le vrai problème, c’est que Kindle n’est plus qu’un accessoire. Un gadget parmi d’autres. Et dans ce jeu-là, Amazon perd. Parce que les smartphones ont déjà tout pris. La lecture, les notes, les livres audio. Alors à quoi bon une liseuse ?

Le piège des nouvelles couleurs

La Colorsoft arrive en trois couleurs : noir, rouge et bleu. Trois teintes qui changent tout ? Non. Qui changent juste l’apparence. Parce que le rouge, ça tape à l’œil, mais ça ne lit pas mieux. Le bleu, ça fait pro, mais ça ne protège pas plus les yeux. Le noir, c’est intemporel, mais ça ne vend pas.

Amazon joue sur l’émotion, pas sur la fonction. Et ça, c’est dangereux. Parce que quand on achète une liseuse, on veut lire. Pas un accessoire de mode.

Le chiffre que personne ne veut commenter

En 2020, Amazon a vendu 14 millions de liseuses dans le monde. En 2023, seulement 9 millions. Moins 35 %. Pourtant, la firme dépense des millions en R&D. Pourquoi ? Parce que Kindle, c’est plus qu’une liseuse. C’est un écosystème. Un moyen de vous garder dans leur boutique, de vous faire acheter des livres à 9,99 € au lieu de 15 € en librairie.

Le renouveau des liseuses, ce n’est pas pour vous. C’est pour eux. Pour garder le contrôle.

La vraie question : et après ?

Dans trois ans, quand Amazon sortira sa prochaine gamme, ce sera encore plus coloré, encore plus fin, encore plus cher. Mais les chiffres continueront de baisser. Parce que la lecture, elle, ne change pas. Elle reste grise, noire, blanche. Elle reste sur du papier.

Alors votre Kindle, vous allez la garder. Même si elle est moche. Même si elle est lente. Parce que lire, c’est comme respirer. On ne change pas ça pour un écran plus joli.

Le dernier mot ? Amazon a compris que les liseuses, c’était fini. Elle essaie juste de faire croire que c’est encore une bonne idée.

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R Galaxie Rédaction

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