Un projet qui marche… sauf en Suisse
Ways a commencé par poser ses panneaux solaires entre les rails, là où personne ne regarde. Une idée simple : utiliser l’espace disponible sans empiéter sur les voies, sans modifier l’infrastructure existante. Résultat ? En France, la première ligne équipée a produit 100 MWh en un an, assez pour alimenter 30 foyers. En Corée du Sud, le gouvernement a même subventionné le projet pour accélérer la transition énergétique. Pourtant, en Suisse, la CFF refuse de signer. Pas par manque d’intérêt : les ingénieurs de Ways ont présenté des plans, calculé les coûts, montré que le projet était sans risque. Rien. Juste un silence poli, suivi d’un non sec.
Pourquoi ? Parce que la Suisse, quand elle innove, le fait à sa manière : lente, bureaucratique, et surtout sans prendre de risques. Or, poser des panneaux solaires sur des voies ferrées, même entre les rails, c’est déjà un risque. Un risque technique ? Non, Ways a tout vérifié. Un risque politique ? Oui. Et là, la Suisse bloque.
Le chiffre qui résume tout : selon l’Office fédéral de l’énergie, le solaire pourrait couvrir 20 % de la consommation électrique suisse d’ici 2050. Sauf que, pour l’instant, les projets ambitieux se font rares. Pourquoi ? Parce que les décideurs suisses préfèrent les solutions sûres, même si elles sont moins efficaces. Comme les barrages hydroélectriques, qui saturent les réseaux et rendent les nouvelles technologies inutiles.
La Suisse a peur de ses propres idées
Interrogez un expert en énergie en Suisse, et il vous sortira une phrase toute faite : « Ici, on ne fait pas n’importe quoi. » Traduction : « On ne prend pas de risques, même si ça signifie rater des opportunités. » C’est le cas de Ways, mais c’est aussi celui des éoliennes, bloquées par des référendums locaux, ou des smart grids, qui avancent au pas de tortue.
Pourtant, le pays a les moyens. La Suisse dépense 1,5 milliard de francs par an en subventions pour les énergies renouvelables. Mais ces fonds finissent souvent dans des projets classiques : des parcs solaires au sol, des centrales à bois. Rien qui bouscule l’ordre établi.
Le paradoxe ? La Suisse adore les start-ups étrangères. Elle en finance, elle en attire, elle en fait la promotion. Mais dès qu’une idée vient de chez elle, surtout si elle dérange, elle la regarde avec méfiance. Comme si l’innovation suisse devait rester discrète, presque honteuse.
Prenez l’exemple de Miremont, une autre start-up vaudoise qui a révolutionné les batteries. Résultat ? Elle a dû déménager en France pour lever des fonds. Pourquoi ? Parce qu’en Suisse, les investisseurs préfèrent les valeurs sûres. Même si ces valeurs sûres ne servent à rien.
Ce que les autres pays comprennent, pas la Suisse
En France, le gouvernement a lancé un appel d’offres pour équiper 500 kilomètres de voies avec des panneaux solaires d’ici 2027. En Allemagne, les chemins de fer fédéraux (DB) ont signé avec Ways pour une ligne pilote. Même la Corée du Sud, pays qui n’a pas les mêmes ressources que la Suisse, avance plus vite.
Pourquoi cette différence ? Parce que ces pays ont compris une chose simple : l’innovation, ça se force. La Suisse, elle, croit encore que les bonnes idées viennent toutes seules. Comme si le progrès était une loterie, pas un travail.
Le détail qui en dit long : en 2023, la Suisse a importé 12 milliards de francs de technologies vertes… fabriquées ailleurs. Parce que ses propres entreprises n’ont pas pu les développer à temps. Ou alors, elles ont été étouffées avant même de démarrer.
Le vrai problème n’est pas technique, c’est culturel
Vous voulez savoir ce qui cloche vraiment ? Ce n’est pas le manque de soleil. Ce n’est pas le coût. Ce n’est même pas la bureaucratie (même si elle aide). Le vrai problème, c’est la peur.
La peur de se tromper. La peur de décevoir. La peur de ne pas être à la hauteur des attentes. Résultat : la Suisse innove, mais en mode pilote automatique. Elle suit, elle copie, elle adapte… mais elle ne prend jamais vraiment de risques.
C’est ça, le vrai scandale. Un pays qui a tout pour être un leader… et qui se contente d’être un suiveur.
La question qui tue : si Ways avait été française, allemande ou coréenne, est-ce qu’elle aurait eu les mêmes problèmes ? La réponse est non. Parce que ces pays, eux, savent une chose que la Suisse semble oublier : parfois, il faut sauter dans le vide pour avancer.
Et maintenant ?
Ways continue d’exporter ses panneaux. La Suisse, elle, regarde ailleurs.
Ce n’est pas une question de moyens. C’est une question de volonté.
Et ça, personne ne veut en parler.