Volvo abandonne l'EX60 en Amérique du Nord

L'usine Torslanda traîne sur le moulage et les batteries. Résultat : le SUV électrique de Volvo disparaît du marché nord-américain. Pourquoi ce revirement brutal ? Et qu’est-ce que ça dit de l’industrie automobile ?

Publié le 15 octobre 2026 à 14:06
Volvo abandonne l'EX60 en Amérique du Nord

En Suède, à Torslanda, les machines tournent au ralenti depuis des mois. Pas par manque de commandes. Non. Parce que Volvo a un problème de taille : ses moules pour le EX60, ce SUV électrique censé séduire l’Amérique, sont trop gros. Trop lourds. Trop compliqués à assembler. Et les batteries ? Elles ne tiennent pas comme il faut sur le châssis. Résultat : la production est à l’arrêt, les livraisons repoussées, et Volvo vient d’annuler purement et simplement le lancement en Amérique du Nord. Point.

Ce n’est pas une surprise pour ceux qui suivent l’industrie. Mais pour le grand public, ça sonne comme un échec. Pourtant, ce n’est pas une histoire de technologie. C’est une histoire de gestion. De sous-estimation. De ces détails qui font basculer un projet.

Volvo a cru que ça marcherait.

Le EX60, c’était le pari de Volvo pour conquérir le marché américain des SUV électriques. Un véhicule spacieux, haut de gamme, avec une autonomie annoncée à 400 km. Sur le papier, ça collait. Dans la réalité ? Les moules en aluminium, conçus pour un châssis ultra-rigide, se sont avérés ingérables. Trop de contraintes. Trop de coûts. Et les batteries ? Elles ne s’intègrent pas sans vibrer, sans s’user prématurément. Problème : quand on découvre ça en phase de production, il est trop tard pour revenir en arrière sans tout casser.

À Torslanda, les ouvriers ont dû improviser. Des solutions bricolées, des ajustements de dernière minute. Mais ça ne suffit pas. Volvo a perdu six mois. Six mois où les concurrents, eux, ont avancé. Tesla a consolidé son avance. Rivian a affiné ses modèles. Et Volvo ? Elle recule.

L’Amérique n’est pas un marché pour les hésitants.

En Europe, un tel contretemps aurait pu passer. Les clients sont habitués aux retards, aux compromis. Pas aux États-Unis. Là-bas, si un modèle n’est pas prêt à temps, il est mort. Point final. Volvo l’a compris trop tard. Les commandes nord-américaines ont été annulées. Les concessions ont été informées : pas de EX60 avant 2025, peut-être. Peut-être.

Et puis il y a le symbole. Volvo, marque suédoise réputée pour son sérieux, son ingénierie sans faille, se fait surprendre par un problème de moulage. Un détail technique, oui. Mais un détail qui révèle une faille plus profonde : l’incapacité à anticiper les coûts réels d’un projet aussi ambitieux.

Derrière le EX60, une question plus large.

Ce n’est pas le seul cas. Renault a dû annuler son projet de batterie géante en France. BMW a reporté son iX à l’infini. L’industrie automobile est en pleine mutation, et les erreurs s’accumulent. Pourquoi ? Parce que les constructeurs misent tout sur l’électrique sans avoir les usines, les compétences, ou même les moules adaptés.

Volvo a tenté de sauver la mise en proposant une version allégée du EX60 pour l’Europe. Mais l’Amérique ? Non. Trop risqué. Trop tard.

Ce qui se joue ici, c’est une question de crédibilité.

Quand une marque comme Volvo, avec son histoire, son savoir-faire, se fait avoir par un problème de production basique, ça pose problème. Pas seulement pour elle. Pour toute l’industrie. Parce que si même les géants trébuchent sur des détails aussi concrets, que reste-t-il aux autres ?

Et puis, il y a cette question qui dérange : et si le EX60 n’était pas le seul modèle à poser problème ? Et si, derrière les annonces triomphales, l’industrie électrique était en train de couler dans le silence ?

Volvo a choisi de se taire. Les médias aussi. Parce que parler de ces échecs, c’est admettre que la transition vers l’électrique n’est pas aussi lisse qu’on le prétend.

La vraie question, c’est : qui va payer l’addition ?

Les actionnaires ? Les clients ? Les ouvriers de Torslanda, qui voient leurs cadences perturbées pour un projet qui n’arrivera jamais ?

Personne ne le sait encore. Mais une chose est sûre : le EX60, lui, ne roulera pas aux États-Unis. Pas avant longtemps, en tout cas.

Et ça, c’est un échec qui parle plus fort que tous les communiqués de presse du monde.

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R Galaxie Rédaction

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