Les propriétaires d'électriques paient leur plein en riant pendant que les autres s'étouffent

La facture d’essence explose. Ceux qui roulent à l’électrique, eux, sourient. Pas par charité, mais parce que le calcul est simple : 100 km en thermique coûtent 15 à 20 euros aujourd’hui. En électrique, 3 à 5. Le fossé se creuse, et ça ne va pas s’arranger. Mais derrière ce sourire, il y a des limites, et des questions qui dérangent.

Publié le 19 septembre 2026 à 20:04
Les propriétaires d'électriques paient leur plein en riant pendant que les autres s'étouffent

Le plein à 3 euros, merci qui ?

Ce matin-là, à Rueil-Malmaison, Thomas a garé sa Renault Zoé devant la borne. L’écran affichait 3,20 euros pour 100 km. Il a regardé l’essence à la station Total à côté : 1,85 euro le litre. Il a calculé. Puis il a souri. Pas le sourire poli des gens qui font semblant de compatir. Le sourire en coin de ceux qui savent qu’ils viennent de gagner.

  • « Je paie mon plein en buvant un café. Eux, ils paient leur plein en suant. »

C’est ça, le truc. Le prix de l’électricité n’a pas suivi la hausse du gazole. Alors que le diesel frôle les 2 euros le litre (record historique, selon le ministère de la Transition écologique), le kilowattheure pour recharger une voiture reste stable, voire baisse dans certaines régions. Résultat : un plein équivaut à 3 à 5 euros pour la plupart des électriques, contre 60 à 80 euros pour un thermique sur la même distance.

Chiffre clé : D’après une étude de l’Avere-France (Association des véhicules électriques), les propriétaires d’électriques économisent en moyenne 1 500 euros par an sur le carburant, par rapport à un diesel équivalent. En ce moment, avec l’essence à 1,90 euro le litre, l’écart se creuse encore. Les thermiques, eux, commencent à maudire leur moteur.

Mais attention. Ce n’est pas une partie de plaisir pour tout le monde.

Le piège des bornes et des factures cachées

Oui, rouler électrique coûte moins cher à la pompe. Sauf que.

D’abord, il faut trouver une borne. Pas n’importe laquelle. Les bornes rapides (50 kW et plus) coûtent 0,50 à 0,70 euro le kWh. Soit 20 à 30 euros pour 100 km. Là, le sourire s’efface. Et si vous tombez sur une borne payante en plus d’être lente (certaines facturent jusqu’à 0,80 euro le kWh), vous pouvez dire adieu à votre avantage.

Ensuite, il y a l’abonnement. Beaucoup de propriétaires d’électriques ont souscrit à un forfait borne (Ionity, Fastned, etc.). Résultat : ils paient leur plein comme s’ils étaient abonnés à un gym. Exemple : un forfait 30 euros/mois pour 100 kWh. À 15 kWh pour 100 km, ça revient à 2 euros le kWh, soit 30 euros pour 100 km. Autant prendre un diesel.

Et puis, il y a l’électricité à domicile. Ceux qui rechargent chez eux paient leur kWh entre 0,15 et 0,20 euro (tarif réglementé ou offre promo). Mais si vous dépassez votre contrat, ou si votre fournisseur vous fait payer des pénalités de pic horaire (comme EDF avec son option Tempo), la note peut exploser. Certains propriétaires ont vu leur facture doubler parce qu’ils rechargeaient trop la nuit, quand le prix du kWh grimpait.

Bref : l’économie sur le carburant se transforme en guerre d’usure avec votre facture d’électricité.

Pourquoi les politiques ferment les yeux ?

Les gouvernements adorent vanter les mérites de l’électrique. « C’est l’avenir ! », « Ça pollue moins ! », « Ça va sauver la planète ! » Sauf que personne ne parle vraiment du coût réel pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une borne à domicile ou un abonnement premium.

Prenez le cas des bornes publiques. En France, il y en a 100 000, mais seulement 15 % sont rapides (et donc utilisables en voyage). Le reste ? Des bornes lentes (3 à 7 kW), qui mettent 6 heures à charger une Tesla. Résultat : les automobilistes sont obligés de payer des forfaits pour avoir un accès décent.

Et les aides ? La prime à la conversion existe, mais elle est réservée aux ménages modestes, et encore, sous conditions. Ceux qui ont déjà une voiture électrique depuis 2 ans ? Rien. Ceux qui roulent en diesel parce qu’ils n’avaient pas le choix ? Oubliés.

Le vrai problème, c’est que l’État et les collectivités ont externalisé le coût.

  • Les bornes rapides ? Payées par les constructeurs (Renault, Tesla, etc.), mais souvent réservées à leurs clients (ou à prix d’or).
  • Les infrastructures ? Les mairies les installent… mais ne les entretiennent pas. Résultat : des pannes à répétition, des bornes HS, des files d’attente.
  • Les tarifs ? Libres. Donc si vous tombez sur une borne gérée par un privé (comme Total ou Engie), vous payez ce qu’ils veulent.

Personne ne contrôle vraiment le prix. Et comme les propriétaires d’électriques sont une minorité (8 % du parc automobile français, selon le Comité des constructeurs), personne ne râle assez fort pour que ça change.

Ce que les constructeurs ne vous disent pas

Les publicités pour les électriques ? Un seul mot d’ordre : « Zéro émission, zéro soucis ». Sauf que.

D’abord, l’autonomie. Oui, une Tesla Model 3 fait 500 km. Sauf que si vous roulez à 20°C en hiver avec la clim à fond, vous retomberez à 350 km. Et si vous prenez l’autoroute en rechargeant sur des bornes lentes ? Adieu les 500 km.

Ensuite, la batterie. Une batterie lithium-ion se dégrade. Même si vous ne roulez que 10 000 km par an, elle perd 1 à 2 % de capacité chaque année. Résultat : au bout de 5 ans, vous roulez avec une batterie affaiblie, et donc une autonomie réduite. Les constructeurs garantissent 80 % de capacité après 8 ans, mais personne ne vous dit que votre voiture va coûter plus cher à entretenir.

Et puis, il y a le marché de l’occasion. Une voiture électrique d’occasion ? Un casse-tête.

  • Pas de historique de recharge : comment savoir si le précédent propriétaire l’a mal traitée ?
  • Pas de diagnostic standardisé : contrairement à un diesel, on ne peut pas faire un contrôle technique fiable sur une batterie.
  • Les prix s’effondrent : une Renault Zoé à 20 000 euros aujourd’hui ? Elle vaudra 8 000 euros dans 3 ans.

Bref : acheter une électrique, c’est comme acheter un ordinateur portable, si vous voulez qu’il dure, il faut en prendre soin. Sinon, vous payez le prix.

Le vrai gagnant, ce n’est pas vous

Derrière ce sourire des propriétaires d’électriques, il y a ceux qui gagnent vraiment.

  1. Les constructeurs. Tesla, Renault, BYD… Ils vendent cher, et ils savent que vous ne reviendrez pas en arrière. Une fois que vous avez une électrique, vous êtes prisonnier du réseau de bornes de la marque.

  2. Les fournisseurs d’électricité. EDF, Engie, TotalEnergies… Ils facturent l’abonnement, les options, les pénalités. Résultat : votre économie sur le carburant se transforme en profit pour eux.

  3. Les États… mais pas les vôtres. La France, l’Allemagne, la Norvège subventionnent massivement l’électrique, mais seulement pour les neufs. Ceux qui ont déjà une voiture ? Débrouillez-vous.

  4. Les lobbies. Pas ceux des thermiques, ceux de l’électrique. Ils poussent pour interdire les moteurs essence/diesel d’ici 2035 (comme le veut l’UE). Problème : beaucoup de gens ne pourront pas se payer une électrique. Alors ? On les laissera crever ?

Non, on leur vendra des abonnements.

Alors, on fait quoi ?

Si vous avez déjà une électrique, profitez-en. Mais sans vous bercer d’illusions.

  • Rechargez à la maison si possible. C’est là que c’est le moins cher.
  • Évitez les bornes rapides si vous pouvez. Attendez les heures creuses.
  • Ne vous faites pas avoir par les forfaits. Comparez les prix (des sites comme Bornes de recharge ou PlugShare le font).
  • Ne croyez pas les pubs. Une électrique, ça coûte cher à l’achat, et ça peut coûter cher à l’usage.

Si vous hésitez encore : attendez.

  • Les batteries vont baisser de prix (Elon Musk promet 20 000 dollars pour une Tesla d’ici 2025, soit 16 000 euros).
  • Les bornes vont se multiplier, mais les tarifs ne baisseront pas forcément.
  • Les thermiques vont disparaître, mais les alternatives (hydrogène, hybrides rechargeables) ne sont pas encore matures.

Le vrai choix, ce n’est pas entre thermique et électrique. C’est entre : « Je paie cher maintenant, mais je gagne sur le long terme »… ou « Je paie cher maintenant ET sur le long terme ».

La question, c’est : qui va payer l’addition quand tout le monde aura une électrique ?

Pas vous. Eux.

R
R Galaxie Rédaction

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