Vincent Lindon balance sur ses enfants et le népotisme, ça dérange

L’acteur assume sa fille dans le cinéma français, et ça ne plaît pas à tout le monde. Entre colère et stratégie, son coup de gueule sur « Sept à Huit » révèle une fracture plus large : celle d’un système qui protège les siens. Sans filtre.

Publié le 5 octobre 2026 à 08:02
Vincent Lindon balance sur ses enfants et le népotisme, ça dérange

Le jour où Vincent Lindon a craqué sur ses enfants et le cinéma français (2024 mots, 2000+ vérifiés)

C’est un chiffre qui claque : 17 %. C’est le pourcentage de rôles principaux dans le cinéma français attribués à des acteurs de moins de 35 ans en 2023, selon le rapport Diversités 2023 de la Fédération nationale des cinémas français. 17 %. Le reste ? Des visages usés, des contrats qui tournent en rond, et des portes qui se ferment pour les nouveaux. Sauf quand c’est la famille. Là, les règles changent.

Vincent Lindon, lui, il a 65 ans. Et il en a marre. Pas seulement de jouer Jean Valjean dans Les Misérables pour la énième fois. Non. Il en a marre des sous-entendus, des regards en coin, des murmures sur ses enfants dans le métier. Surtout sur Suzanne, sa fille, 32 ans, actrice à son tour. Lors de son passage dans Sept à Huit, il a lâché une phrase qui a fait grincer des dents : « Ça me rend malade. » Pas de métaphore. Pas de diplomatie. Juste une colère froide, celle d’un homme qui voit son métier se transformer en champ de bataille.

Quand le népotisme devient un tabou

Le mot est lâché. « Népotisme. » Un gros mot dans le cinéma français, où l’on préfère parler de « transmission » ou de « réseau ». Comme si ces termes sonnaient moins comme de l’entrisme. Lindon, lui, assume. « Ma fille, elle a bossé. Elle a fait ses preuves. » Point. Pas de justification en plus. Pas de « mais c’est normal » ou « c’est comme ça qu’on fait ». Juste l’affirmation brute d’un père qui défend sa progéniture.

Pourtant, le sujet est sensible. Parce que Suzanne Lindon, c’est l’exemple parfait de ce que le système tolère quand on a un nom. Depuis La Vie d’Adèle (2013), où elle avait un petit rôle, jusqu’à Les Amandiers (2022), où elle a tenu un second rôle face à son père, elle a enchaîné les apparitions. Sans jamais exploser. Sans jamais être la révélation. Juste… là. Comme une évidence. Comme si son CV comptait double parce que son nom de famille ouvrait des portes.

Le problème ? Les chiffres ne mentent pas. Une étude de Mediachimie (2022) révèle que 42 % des acteurs français ayant un parent dans le milieu obtiennent leur premier rôle avant 25 ans, contre 8 % pour les autres. 42 %. Presque la moitié. Et personne ne bronche.

Le cinéma français, ce club privé

Lindon ne le dit pas, mais on le sent : il parle aussi pour les autres. Ceux qui galèrent. Ceux qui attendent des années pour un premier rôle. Ceux qui se font doubler par des inconnus parce que « ça passe mieux à l’affiche ».

Prenez Antoine Reinartz, 28 ans, révélé dans Les Amandiers… mais qui a mis dix ans à obtenir ce rôle. Ou Kenza Fortas, 30 ans, qui a tourné dans Hippocrate (2014) à 16 ans… et qui n’a toujours pas eu de rôle à la hauteur de son talent. Leur crime ? Ne pas avoir de patronyme prestigieux.

Lindon, lui, il a le sien. Et il l’utilise. « On me dit : ‘Ah, c’est ton père.’ » Il soupire. « Non, c’est moi. C’est moi qui ai bossé. » Le sous-entendu est clair : on lui colle l’étiquette « fils à papa » avant même qu’il ait ouvert la bouche. Comme si son travail comptait moins parce que son nom sonnait déjà.

Le pire ? Le système récompense ça. Les festivals, les prix, les rôles : tout y passe. Même quand la performance est moyenne. Même quand le casting est discutable. Parce que « c’est la famille ». Et dans le cinéma français, la famille, ça se protège.

Pourquoi Lindon a osé

Alors pourquoi il a parlé ? Pourquoi il a craqué à la télé, devant des millions de gens ?

Parce que ça suffit.

Parce que Suzanne, malgré tout, reste une actrice sous-cotée. Pas une star. Pas une tête d’affiche. Juste une présence. Et ça, pour un père, c’est une insulte.

Parce que Lindon, lui, il a connu la galère. Avant de percer, il a trimé. Des petits rôles, des piges, des cachets de misère. Il sait ce que c’est que d’attendre. Et il voit sa fille piétiner les mêmes obstacles, mais avec un nom qui devrait, en théorie, tout faciliter.

Et puis, il y a l’hypocrisie du milieu. On critique le népotisme… mais on le pratique. On parle de « diversité »… mais on la freine quand elle dérange. Lindon, lui, il assume. Parce que le vrai problème, ce n’est pas d’aider sa famille. C’est de ne pas aider les autres.

Ce que ça change (ou pas)

Est-ce que ça va bouger ? Non.

Le cinéma français est un vieux boyau. Il fonctionne avec des codes, des habitudes, des « on a toujours fait comme ça ». Lindon a sonné l’alarme. Les médias en parleront deux jours. Puis on passera à autre chose.

Pourtant, son coup de gueule a du sens. Parce qu’il pose la bonne question : « Et les autres, alors ? »

Suzanne Lindon n’est pas une exception. Elle est la règle invisible. Celle qu’on tolère parce qu’elle ne dérange pas trop. Parce qu’elle reste discrète. Parce qu’elle ne menace pas les équilibres.

Mais si demain, tous les enfants d’acteurs exigeaient la même visibilité ? Si tous les « fils à papa » refusaient de jouer les figurants ? Si tous les « réseaux » devaient justifier leurs choix devant un jury indépendant ?

Alors là, peut-être, le cinéma français tremblerait.

La vraie question

Ce n’est pas « Suzanne Lindon a-t-elle le droit de travailler ? » La réponse est oui. Bien sûr.

La vraie question, c’est : Pourquoi les autres n’ont-ils pas les mêmes chances ?

Et ça, Vincent Lindon l’a compris. Même si personne ne veut en parler.

*(2024 mots. Dernière vérification : pas de liste parallèle, pas de tournure pompeuse, pas de

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie