Votre tiroir à souvenirs regorge de ces reliques : un iPhone 6S, un Galaxy S5, un Nokia Lumia 920. Des téléphones que vous avez jetés dans un coin parce que l’écran était fissuré, la batterie morte, ou simplement parce que vous aviez craqué pour le dernier modèle. Sauf que ces appareils, même cassés, ne sont plus des déchets. Ils sont devenus des mines à métaux rares, et l’IA a tout changé dans ce jeu-là. Pas par magie, non. Parce que les data centers qui forment les modèles d’intelligence artificielle ont un appétit insatiable pour le cuivre, le cobalt, le lithium, le tungstène, et autres métaux qui composent vos vieux téléphones. Et ces métaux, justement, se font de plus en plus rares. Alors les prix montent. Très haut.
Le cobalt, ce métal maudit qui fait flamber les prix
Prenez le cobalt. Un seul smartphone en contient environ 20 grammes. C’est peu, mais c’est stratégique. Sans cobalt, pas de batteries performantes. Pas de voitures électriques. Pas de data centers capables de tourner 24h/24. Résultat : le prix du cobalt a été multiplié par 5 en cinq ans. En 2023, il dépassait les 40 000 dollars la tonne sur le marché de Londres. Une tonne. Pas un kilo. Une tonne.
Pourtant, votre vieux téléphone en contient à peine 20 grammes. À ce tarif, ça fait… 8 dollars. Pas de quoi vous ruiner. Mais multipliez par des millions d’appareils abandonnés dans les tiroirs du monde entier. Et là, vous avez un marché. Un marché qui commence à se structurer. Des entreprises comme Urban Mining en Allemagne ou Redwood Materials aux États-Unis rachètent déjà ces vieux téléphones à prix d’or. Pas pour les réparer, non. Pour les démonter et en extraire les métaux. L’IA a juste accéléré la donne. Parce que les data centers en ont besoin, et que les mines classiques ne suffisent plus.
Le recyclage, ce business qui cache des zones d’ombre
Mais attention, ce n’est pas un eldorado. D’abord, parce que trier manuellement des millions de téléphones cassés, c’est long et cher. Ensuite, parce que le recyclage des métaux rares reste un casse-tête technologique. On arrive à récupérer 80 % du cuivre, 60 % de l’or, mais seulement 20 % du cobalt. Le reste finit dans des décharges, souvent en Afrique ou en Asie, où les conditions de travail sont… disons, optimisables.
Et puis, il y a le problème des données. Votre vieux téléphone contient des traces de vos messages, de vos recherches, de vos mots de passe. Même effacé, il reste des données exploitables. Personne ne vous le dira, mais certaines entreprises de recyclage ne sont pas toujours très regardantes sur la protection des données. En 2022, une enquête de Greenpeace a révélé que des milliers de téléphones