Le Valais interdit les boissons énergisantes aux ados, mais les distributeurs s’en moquent

Le Parlement valaisan veut interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Une mesure symbolique ? Pas si on regarde comment Red Bull et consorts contournent déjà les règles ailleurs. Et si la loi ne servait qu’à donner bonne conscience ?

Publié le 12 septembre 2026 à 06:10
Le Valais interdit les boissons énergisantes aux ados, mais les distributeurs s’en moquent

Un matin de septembre 2023, à Martigny, un ado de 14 ans achète un Red Bull en grande surface. Le caissier ne lui demande pas son âge. Personne ne vérifie. Pourtant, depuis vendredi, le Parlement valaisan a voté une motion pour interdire ces boissons aux moins de 16 ans. Le Conseil d’État est maintenant prié de modifier la loi sur la police du commerce. Bref, ça devrait changer. En théorie.

Mais en pratique ? Personne ne contrôle rien.

L’interdiction, c’est bien. L’appliquer, c’est autre chose

Le Valais n’est pas le premier canton à vouloir protéger les jeunes. Genève a tenté une mesure similaire en 2019, sans succès. Pourquoi ? Parce que les distributeurs s’en foutent. Red Bull, Monster, Burn… ces marques savent très bien que les ados achètent quand même.

Une étude de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) publiée en 2022 montre que 30 % des 15-19 ans consomment régulièrement des boissons énergisantes. Le Valais veut réduire ce chiffre. Bonne chance.

Le problème, c’est que les grandes surfaces et les stations-service n’ont aucune envie de vérifier les pièces d’identité à chaque achat. À quoi bon ? Un ado avec un faux papier d’identité ou un frère aîné qui paie pour lui, et hop : la boisson est entre ses mains. La loi, sans moyens de contrôle, c’est du vent.

Pourquoi le Valais s’y met quand même ?

Parce que ça fait bien. Le Parlement veut montrer qu’il agit. Mais est-ce que ça changera quelque chose ? Pas sûr.

En Suisse alémanique, Zurich a tenté une interdiction partielle en 2020. Résultat ? Les ventes ont baissé de 5 %. Cinq pour cent. À peine perceptible. Le vrai combat, c’est ailleurs.

Les boissons énergisantes, c’est du marketing agressif ciblant les ados : influenceurs, pubs dans les jeux vidéo, sponsoring de sports extrêmes. Le Valais interdit la vente, mais pas la pub.

Ce que les marques ne veulent pas que vous sachiez

Red Bull, par exemple, dépense des millions par an pour créer une culture autour de son produit. Course automobile, musique électronique, événements sportifs… Tout est calculé pour que les jeunes veuillent en boire.

Et quand un canton essaie de limiter l’accès, que font les distributeurs ? Ils contournent.

En France, où la vente aux mineurs est interdite depuis 2018, les boissons énergisantes restent les boissons les plus consommées par les 12-17 ans (source : Santé publique France, 2021). Pourquoi ? Parce que l’interdiction ne change rien à la demande.

Alors, à quoi bon cette loi ?

Si le Valais veut vraiment protéger ses jeunes, il devrait interdire la publicité et sanctionner les distributeurs qui ne respectent pas la loi. Pas juste voter une motion qui finira dans les tiroirs.

Pour l’instant, c’est du théâtre. Une loi qui fait joli sur le papier, mais qui ne servira à rien sans contrôle réel.

Le vrai problème, c’est que personne n’a envie de se battre pour de vrai.

La prochaine étape ? Attendre que ça marche… ou pas

Le Conseil d’État a maintenant six mois pour modifier la loi. Six mois pour rien, si les distributeurs continuent à fermer les yeux.

En attendant, les ados du Valais boiront toujours leur Red Bull. Parce que la loi, sans dents, ça n’effraie personne.

La vraie question, c’est : est-ce que le Valais a les couilles de faire appliquer cette interdiction ? Ou est-ce qu’il préférera se donner bonne conscience en votant une loi qui ne servira à rien ?

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R Galaxie Rédaction

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