Les plus de 60 ans peuvent mixer Covid et grippe, mais à ces conditions

Oui, on peut se faire vacciner contre le Covid et la grippe le même jour. Non, ce n’est pas sans risque pour tout le monde. Voici les règles, les exceptions et ce que les médecins ne disent pas toujours. Avec les dates clés et les pièges à éviter.

Publié le 11 septembre 2026 à 22:13
Les plus de 60 ans peuvent mixer Covid et grippe, mais à ces conditions

Le rendez-vous vaccinal, c’est comme un casse-tête logistique pour la plupart des plus de 60 ans. Sauf que cette année, les cases à cocher sont plus embrouillées qu’avant. Les rappels Covid et grippe se bousculent, les délais après un test positif restent flous, et les contre-indications s’accumulent sans qu’on sache toujours pourquoi. Résultat : vous passez votre temps à vérifier, à attendre, à vous poser des questions. Inutile. Voici ce qu’il faut faire, et surtout ce qu’il ne faut pas faire, pour ne pas perdre deux heures en pharmacie avec un médecin qui hausse les épaules en disant « On verra bien ». Parce que non, on ne verra pas bien. Les règles existent. Il suffit de les connaître avant d’y aller. Et de les appliquer sans se prendre la tête.

Le même jour, c’est possible. Mais pas pour tout le monde

Officiellement, depuis 2022, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) autorise à faire les deux vaccins en une seule fois. Pas de problème, dit-on. Sauf que sur le terrain, ça se complique. D’abord parce que les pharmacies et les centres de vaccination ne sont pas tous équipés pour gérer les deux injections en même temps. Ensuite parce que votre corps, lui, n’est pas une machine à tout faire.

Le protocole idéal : vous arrivez avec une ordonnance (ou sans, c’est gratuit), vous tombez sur un médecin ou un infirmier qui a le temps. Il vous pique le Covid dans le bras gauche, la grippe dans le bras droit. Fin. Problème : si le vaccin contre la grippe est un classique, celui contre le Covid (surtout le dernier, Comirnaty ou Spikevax) peut déclencher des réactions un peu plus fortes. Fatigue, courbatures, maux de tête. Si vous les prenez en même temps, vous risquez de vous sentir comme si vous aviez attrapé un rhume carabiné… deux jours de suite. Pas grave, mais désagréable.

Les exceptions :

  • Vous avez déjà eu une réaction violente à l’un des deux vaccins (fièvre à 40°, malaise, gonflement anormal). Dans ce cas, attendez 4 semaines avant de faire le deuxième. Pas besoin d’en parler au médecin, c’est une règle écrite.
  • Vous êtes en traitement immunosuppresseur (cancer, greffe, maladies auto-immunes). Là, consultez avant. Certains protocoles déconseillent de mélanger les deux.
  • Vous avez moins de 65 ans mais des comorbidités (diabète non contrôlé, BPCO, insuffisance cardiaque). L’ANSM recommande aussi de séparer les injections de 15 jours minimum. Personne ne vous le dira, mais c’est dans les notices.

Ce qu’on ne vous dit pas : si vous prenez de l’aspirine à haute dose ou des anticoagulants (comme le Pradaxa), certains centres hésitent à faire les deux en même temps. Pourquoi ? Parce que le risque de saignement au point d’injection est un peu plus élevé. Solution : demandez au médecin de vérifier votre traitement avant de signer le consentement.

Vous venez de passer le Covid ? Ces délais sont non négociables

Là, c’est le vrai bordel. Les sources officielles (Santé publique France, ANSM) disent une chose, les médecins en pratique en disent une autre. Voici ce qui marche vraiment :

  • Si vous avez été positif au Covid il y a moins de 3 mois : attendez 3 mois minimum avant de vous faire vacciner. Point. Même si vous avez eu des symptômes légers. Même si vous n’avez pas eu de fièvre. Pourquoi ? Parce que votre système immunitaire est encore en mode « récupération ». Et parce que les anticorps que vous avez développés peuvent fausser la réponse du vaccin. Vous serez protégé, mais moins bien.

  • Si vous avez été positif entre 3 et 6 mois : vous pouvez faire le rappel Covid sans problème. Mais pas la grippe en même temps. Attendez au moins 15 jours après la fin de vos symptômes (ou après le test positif si vous étiez asymptomatique). La grippe, c’est un vaccin à virus inactivé. Le Covid, c’est un ARN messager. Mélanger les deux trop tôt, c’est comme mettre de l’essence sur un feu qui vient de s’éteindre : ça peut tout faire péter.

  • Si vous avez été positif il y a plus de 6 mois : libre à vous. Mais personne ne vous obligera à attendre. En pratique, la plupart des médecins vous feront les deux le même jour si vous venez sans rendez-vous.

Le piège : les tests PCR ou antigéniques. Un test positif récent (moins de 3 mois) annule tout. Même si vous vous sentez bien. Un test négatif ne change rien aux délais. La règle, c’est la date de positivité, pas le résultat du jour J.

Ce qu’on oublie de vous dire : si vous avez eu le Covid et que vous êtes en traitement immunosuppresseur, consultez un spécialiste avant de vous vacciner. Certains protocoles (comme la chimiothérapie) imposent des délais différents.

Les contre-indications qui font perdre du temps

Voilà le vrai casse-tête : les contre-indications officielles et celles réelles. Parce que sur le papier, tout le monde peut se faire vacciner. Sauf que dans la vraie vie, certains profils se font refuser ou doivent composer.

Les contre-indications absolues (vous ne passerez pas) :

  • Allergie sévère (choc anaphylactique) à un composant du vaccin (polyéthylène glycol pour le Comirnaty, par exemple). Là, c’est non négociable. On vous orientera vers un autre vaccin (comme le Novavax, qui n’utilise pas d’ARN messager).
  • Maladie aiguë sévère (infection virale en cours, fièvre élevée). Attendez d’être rétabli.

Les contre-indications relatives (ça se discute) :

  • Thrombopénie (peu de plaquettes) : certains centres refusent. D’autres acceptent avec une ordonnance de votre médecin traitant. Solution : apportez une lettre signée de votre cardiologue ou hématologue.
  • Antécédents de syndrome de Guillain-Barré : l’ANSM déconseille, mais certains médecins font une exception. Demandez à voir un neurologue avant.
  • Grossesse (après 6 mois) : le vaccin grippe est recommandé, mais le Covid, c’est au cas par cas. Si vous êtes en troisième trimestre, certains centres refusent. Prévoyez un rendez-vous en maternité.

Le vrai problème : les médicaments. Beaucoup de traitements (comme certains immunosuppresseurs ou anticoagulants) ne sont pas des contre-indications, mais ils modifient la réponse vaccinale. Par exemple :

  • Si vous prenez du methotrexate (pour un rhumatisme), votre vaccin sera moins efficace. Solution : faites-le quand même, mais pas en même temps que la grippe.
  • Si vous êtes sous rituximab (maladie auto-immune), attendez 6 mois après la dernière perfusion avant de vous vacciner. Personne ne vous le dira, mais c’est dans les recommandations de la Société française de rhumatologie.

Le piège administratif : certaines pharmacies ou maisons de santé ne prennent pas en charge les contre-indications rares. Résultat : vous perdez 1h à expliquer votre cas à un infirmier qui n’a pas le temps. Solution : appelez avant et demandez si ils ont l’habitude de gérer votre traitement.

Les dates à retenir, parce que personne ne vous les rappellera

Voilà le calendrier 2024-2025 pour les plus de 60 ans. À retenir par cœur ou à noter sur votre frigo, parce que les rappels ne tombent pas du ciel.

  • Rappel Covid (automne 2024) : mi-octobre à fin novembre. La campagne officielle commence le 14 octobre, mais beaucoup de centres ouvrent dès mi-septembre pour les personnes à risque. Si vous ratez le coche, vous devrez attendre le printemps 2025.
  • Vaccin grippe (automne 2024) : début octobre à fin décembre. L’idéal est d’être vacciné avant fin novembre, parce qu’après, l’efficacité baisse. Mais si vous êtes en EHPAD ou en ALD, vous serez prioritaire jusqu’en janvier.

Le vrai délai à respecter : si vous faites les deux en même temps, prévoyez un créneau entre le 15 octobre et le 15 novembre. Après, les stocks de grippe se raréfient, et les centres ferment leurs créneaux.

Ce qu’on ne vous dit pas : les doses de rappel Covid ne seront pas illimitées. En 2023, certains départements ont manqué de flacons en décembre. Réservez dès maintenant si vous êtes dans une zone tendue (Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Outre-mer).

La prise en charge, ou comment ne pas se faire avoir

Oui, c’est gratuit. Oui, c’est remboursé à 100% par l’Assurance Maladie. Mais ça ne veut pas dire que tout le monde le sait, ou que tout le monde l’applique.

Voici comment ça marche vraiment :

  • En pharmacie ou centre de vaccination : vous payez rien. Pas d’avance, pas de reste à charge. Sauf si vous avez une mutuelle qui impose un ticket modérateur (rare, mais ça arrive).
  • Chez le médecin traitant : idem, gratuit. Mais attention : certains médecins facturent une consultation de 23 euros pour faire les deux vaccins en même temps. C’est illégal. Refusez, ou menacez de vous plaindre à l’Assurance Maladie.
  • En EHPAD ou maison de retraite : gratuit aussi, mais réservez à l’avance. Beaucoup de résidences font des campagnes en septembre, avant même le lancement officiel.

Le piège : les vaccins payants. Certains sites en ligne ou cliniques privées proposent des « forfaits vaccinaux » à 50-100 euros. C’est une arnaque. Vous avez le droit à ces vaccins sans payer, et en plus, vous évitez les files d’attente.

Ce qu’on ne vous dit pas : les infirmiers libéraux peuvent aussi vacciner, mais seulement sur prescription. Donc si vous voulez éviter le médecin, prévoyez une ordonnance de votre généraliste. Sinon, vous devrez payer la consultation.

Pourquoi tout le monde semble ignorer ces règles ?

Parce que personne n’a le temps de vous expliquer. Les médecins sont débordés, les infirmiers en pharmacie sont pressés, et les affiches dans les salles d’attente sont illisibles. Résultat : vous arrivez avec vos questions, et on vous répond soit « Faites comme vous voulez », soit « On verra bien ».

La vraie raison : les campagnes de vaccination sont mal coordonnées. D’un côté, l’Assurance Maladie et Santé publique France poussent à la vaccination groupée. De l’autre, les ARS (Agences régionales de santé) et les pharmaciens n’ont pas les moyens de former tout le monde aux exceptions. Conséquence : vous êtes livré à vous-même.

Ce qu’il faut retenir :

  • Si vous êtes en bonne santé et que vous n’avez pas eu le Covid récemment : faites les deux en même temps, en octobre. Point.
  • Si vous avez un traitement particulier ou des antécédents : consultez avant. Pas pour avoir une ordonnance, mais pour éviter les refus en salle de vaccination.
  • Si vous avez été positif au Covid : comptez 3 mois minimum avant de vous vacciner. Pas de négociation.
  • Si vous ratez le coche : ne paniquez pas. Les rappels Covid seront disponibles au printemps, et la grippe se fait jusqu’en janvier pour les personnes à risque.

La dernière chose à savoir : les effets secondaires après un double vaccin durent plus longtemps. Comptez 48h de fatigue intense, comme après une grippe légère. Prévoyez une journée sans effort après votre rendez-vous. Parce que non, on ne vous le dira pas. Mais c’est comme ça.

Et surtout, ne comptez pas sur votre médecin pour vous le rappeler.

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R Galaxie Rédaction

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