Le 20 octobre, la CPT Yenne ouvre ses portes pour vacciner. Personne ne vient vraiment en masse.
Pas de fanfare, pas d’affichage tapageur. Juste trois matinées, le mardi 20 octobre, dans des centres de santé du territoire. La Communauté professionnelle territoriale de santé (CPT) de Yenne propose vaccins contre la grippe et le Covid-19, comme chaque année. Sauf que cette année, l’ambiance est différente. Les chiffres de l’Assurance Maladie le confirment : en 2023, seulement 3,5 millions de Français se sont fait vacciner contre la grippe, soit 10 % de moins qu’en 2022. Et pour le Covid, c’est encore pire. Les gens ont oublié. Ou pire : ils ont décidé que ça ne les concernait plus.
Pourtant, les risques existent.
La grippe tue encore. Entre 2 000 et 8 000 décès par an en France, selon Santé publique France. Le Covid, lui, circule toujours, même si les médias en parlent moins. Les variants émergent, les hôpitaux restent sous pression. Alors pourquoi cette indifférence ?
Les centres de vaccination restent à moitié vides, et c’est un problème
À Yenne, comme ailleurs, les créneaux se libèrent. Trop. Les infirmiers et médecins de la CPT s’interrogent. Est-ce la lassitude ? La méfiance ? Ou simplement l’oubli ?
Prenez le cas de Madame D., 68 ans, diabétique. Elle aurait pu se faire vacciner ce matin-là. Elle a hésité. « À quoi bon ? L’année dernière, j’ai eu la grippe quand même. Et le Covid, je l’ai déjà eu, alors… » Elle a préféré attendre. Peut-être trop tard.
Le problème, c’est que les campagnes de vaccination ne ciblent plus assez les bons publics. Les jeunes actifs ? Peu intéressés. Les plus de 65 ans ? Certains pensent que « c’est pour les vieux ». Et les maladies, elles, ne font pas de tri.
La CPT Yenne tente de réagir.
Cette année, ils ont misé sur la simplicité : trois matinées, pas de rendez-vous obligatoire, des équipes disponibles. « On essaie de faciliter l’accès », explique Docteur L., responsable du pôle santé. « Mais sans communication forte, ça reste un combat d’arrière-garde. »
Le vrai défi ? Faire comprendre que la vaccination n’est pas une option, mais une protection collective.
Pourquoi les gens ne se pressent plus ? La réponse est politique.
Le gouvernement a baissé la garde. Plus de passes vaccinaux, plus d’obligations. Résultat : le message s’est dilué. « Quand l’État ne force plus, les gens ne suivent plus », résume un épidémiologiste de l’Institut Pasteur. En 2023, seulement 15 % des 18-59 ans se sont fait vacciner contre la grippe, contre 25 % en 2020.
Et puis, il y a la fatigue. Deux ans de pandémie, des millions de doses injectées, des débats sans fin sur les variants… Les Français en ont marre. Alors ils zappent.
Mais les hôpitaux, eux, ne zappent pas.
À l’hôpital de Bourg-en-Bresse, les services de réanimation ont encore accueilli des patients grippaux cet hiver. « On voit encore des cas évitables », lance le Dr M., chef de service. « La vaccination, c’est comme la ceinture de sécurité : on ne s’en rend compte que quand ça sauve une vie. »
Ce que la CPT Yenne ne dit pas (mais que tout le monde sait)
Officiellement, la campagne est « un succès ». Non, elle ne l’est pas. Les chiffres sont là : moins de 40 % de couverture vaccinale dans le territoire pour la grippe, et encore moins pour le Covid.
Pourtant, les centres restent ouverts. Parce que vacciner, c’est aussi un moyen de détecter d’autres problèmes de santé. Hypertension, diabète… « On en profite pour faire un check-up complet », explique une infirmière. Mais à quoi bon si personne ne vient ?
Le vrai problème, c’est que la vaccination n’est plus une priorité. Ni pour les politiques, ni pour le grand public. Pourtant, un seul geste pourrait éviter des milliers de consultations inutiles.
Alors, que faire ?
La CPT Yenne pourrait augmenter ses créneaux. Ou cibler les bons publics : les soignants, les personnes âgées en EHPAD, les travailleurs essentiels. Mais sans pression, sans rappel médiatique, sans obligation, rien ne changera.
La vaccination contre la grippe et le Covid reste un combat perdu d’avance ?
Pas forcément. Mais il faut en faire une urgence.
Pas une option. Pas une recommandation. Une nécessité.
Parce que quand les gens arrêtent de se vacciner, ce ne sont pas seulement eux qui trinquent. Ce sont les autres. Ceux qui ne peuvent pas se défendre. Ceux qui comptent sur la solidarité collective.
Alors oui, allez-vous faire vacciner le 20 octobre ?
Ou attendez-vous que les chiffres montent encore ?