Le plan Trump, une arnaque climatique en trois actes
On connaît la musique : Trump veut rouvrir les centrales à charbon, supprimer les régulations sur le pétrole, et relancer le gaz de schiste. Sauf que cette fois, un expert indépendant a pris le temps de décortiquer les chiffres. Résultat : le plan repose sur une illusion. « Ils supposent que les technologies vertes vont sauter un cran sans investissement public» explique Mann. « C’est comme croire qu’on peut perdre 20 kilos sans bouger. » Le problème ? Les promesses de Trump sur l’innovation énergétique sont du vent. Ses propres documents admettent que les coûts des énergies renouvelables vont continuer à baisser… mais pas assez vite pour compenser l’ouverture des vannes du charbon. Bref, il mise sur un miracle. Et les miracles, ça n’existe pas. Sauf dans les discours de campagne.
Pourquoi les États-Unis se mentent sur le climat
Le plus drôle ? Personne ne bronche. Pas même les démocrates, pourtant en campagne pour 2024. Pourquoi ? Parce que le climat, c’est le parent pauvre des élections américaines. En 2020, Biden a à peine évoqué le sujet dans ses débats contre Trump. Résultat : les sondages montrent que seulement 12 % des électeurs américains citent le changement climatique comme une priorité. Moins que l’immigration. Moins que l’économie. Moins que la santé. Pourtant, le GIEC a publié un rapport il y a deux semaines : si rien ne change, les États-Unis vont perdre 10 % de leur PIB d’ici 2050 à cause des catastrophes naturelles. 10 %. C’est l’équivalent de la crise de 2008, tous les ans, pour toujours. Et personne n’en parle.
Le business avant la planète
Alors qui gagne dans cette histoire ? Les lobbies pétroliers, bien sûr. ExxonMobil a dépensé 20 millions de dollars en lobbying en 2023 pour bloquer les régulations climatiques. Chevron et Halliburton font de même. Résultat : les États-Unis sont le seul pays du G7 à ne pas avoir de loi nationale sur le climat. Pas de taxe carbone. Pas d’obligation de réduction des émissions. Rien. Juste des promesses creuses et des discours qui font joli sur les réseaux sociaux.
Ce que Trump ne dit pas sur l’énergie
Le pire ? Trump ne cache même pas son mépris pour les faits. Lors d’un meeting en Ohio en 2022, il a affirmé que « le réchauffement climatique est un canular chinois ». Sauf que la Chine, aujourd’hui, investit massivement dans les énergies vertes. Pendant ce temps, les États-Unis ferment des parcs éoliens un à un. Pourquoi ? Parce que les permis prennent cinq ans. Parce que les communautés locales bloquent les projets. Parce que les entreprises préfèrent payer des amendes plutôt que de s’adapter. Bref, tout le monde triche. Tout le monde ment. Tout le monde attend que l’autre bouge.
La vraie raison du silence américain
Alors pourquoi ce déni généralisé ? Parce que le climat, c’est compliqué. Ça touche à tout : l’économie, la géopolitique, la santé. Et surtout, ça oblige à choisir. Faut-il sauver les emplois du charbon au Texas ? Faut-il laisser les fermiers de Californie se faire ruiner par la sécheresse ? Faut-il accepter que Miami disparaisse sous les eaux ? Personne n’a envie de ces réponses. Alors on fait semblant d’oublier. On parle de tout sauf de ça. On attend que les autres agissent. Sauf que les autres, justement, ne bougent pas non plus.
L’expert qui a tout vu venir
Michael Mann n’est pas le premier à tirer la sonnette d’alarme. En 2018, le Pentagone avait publié un rapport interne : « Le changement climatique est une menace à la sécurité nationale. » En 2020, la Réserve fédérale a averti que les catastrophes climatiques pourraient faire s’effondrer le système financier. En 2023, la Cour suprême a bloqué l’EPA, l’agence de protection de l’environnement, de réguler les émissions de CO₂. Pourtant, rien ne change. Pourquoi ? Parce que les États-Unis sont prisonniers d’un système où l’argent prime sur tout le reste. Où les lobbies écrivent les lois. Où les médias évitent les sujets qui fâchent. Où les politiques préfèrent les promesses aux solutions.
Ce que les Américains refusent d’entendre
Le plus ironique ? Les États-Unis ont les technologies pour agir. Ils possèdent 80 % des brevets sur les batteries lithium-ion. Ils dominent l’intelligence artificielle, qui pourrait optimiser les réseaux électriques. Ils ont les ingénieurs, les scientifiques, les capitaux. Alors pourquoi ils ne font rien ? Parce que le court terme l’emporte toujours. Parce que les élections se jouent à quelques points près. Parce que personne ne veut assumer les coûts politiques de la vérité. Alors on continue à faire semblant. À voter pour des gens qui promettent des miracles. À ignorer que la planète brûle.
La dernière chance
Il reste une lueur d’espoir : les jeunes. Les mouvements comme Sunrise ou Extinction Rebellion font pression. Les procès contre les pétrolières se multiplient. Même les militaires commencent à parler ouvertement des risques climatiques. Mais sans électorat mobilisé, sans médias qui couvrent le sujet, sans politiques prêts à prendre des décisions impopulaires, rien ne changera. Trump a raison sur un point : les États-Unis sont en retard. Très en retard. Et le pire, c’est qu’ils le savent. Mais ils préfèrent regarder ailleurs.
Le vrai coût du déni
En 2050, les États-Unis paieront leur inaction. En vies humaines. En dollars perdus. En terres englouties. Mais d’ici là, il sera trop tard pour faire marche arrière. Parce que le climat, ça ne se négocie pas. Ça ne se repousse pas. Ça se subit. Et ceux qui ont fermé les yeux aujourd’hui seront les premiers à en payer le prix.