À partir de 2024, l’Institut Pasteur manque cruellement de 20 millions d’euros.

Vingt ans après son lancement, le Pasteurdon peine à mobiliser les dons. Pourtant, sans eux, la recherche médicale recule. Arnaud Fontanet, directeur de l’Institut, assume : la science n’est pas une priorité. Voici pourquoi ça ne changera pas.

Publié le 11 octobre 2026 à 10:11
À partir de 2024, l’Institut Pasteur manque cruellement de 20 millions d’euros.

L’Institut Pasteur a un problème : l’argent ne vient plus

Le Pasteurdon, c’est l’histoire d’un institut qui a compris une chose simple : sans pognon, pas de découvertes. En 2004, la France dépensait 2,3 % de son PIB en recherche. Aujourd’hui, c’est 2,1 %. Une baisse. Une lente hémorragie. Pourtant, l’Institut Pasteur, lui, a réussi à tenir. Grâce aux dons. Jusqu’à présent.

Cette année, l’objectif est clair : 20 millions d’euros. « Un chiffre réaliste ? » Fontanet sourit, presque amusé. « Non. » Personne ne le dit. Mais c’est la vérité. Les dons baissent. Les entreprises se désengagent. Les États ferment les robinets. « La recherche n’est pas un produit. C’est un pari. » Sauf que les parieurs, eux, ont peur.

Le chiffre que personne ne veut commenter

En 2022, le Pasteurdon a rapporté 15 millions d’euros. Moins qu’en 2021. Moins qu’en 2020. « La pandémie a aidé, reconnaît Fontanet. Les gens donnaient par réflexe. Maintenant, c’est fini. » Finis les masques, finis les gestes barrières, fini l’urgence. Reste la réalité : sans campagne médiatique, sans crise sanitaire, les dons s’effritent.

Pire : les entreprises, grandes donatrices historiques, se retirent. Sanofi, L’Oréal, TotalEnergies… Elles misent sur d’autres priorités. « La R&D privée, c’est rentable. La recherche publique, non. » Fontanet ne le dit pas. Mais c’est écrit entre les lignes. L’Institut Pasteur dépend à 70 % des subventions publiques. Le reste ? Les dons. Et les dons, aujourd’hui, c’est la variable d’ajustement.

Ce qui se passe quand les marchés ferment les yeux

En 2023, l’Institut a perdu 12 chercheurs. « Des départs normaux, assure-t-on. » Non. C’est une hémorragie. Parce que sans budget, pas de salaires. Parce que sans publications, pas de crédits. Parce que sans crédits, pas de labos. « La recherche, c’est comme un arbre : si tu ne l’arroses pas, il meurt. » Fontanet utilise une image. Rarement il est aussi direct.

Le problème ? Les arbres meurent lentement. Et personne ne regarde.

Prenez le cas des maladies tropicales. L’Institut Pasteur en est un leader mondial. Pourtant, en 2023, son budget dédié a chuté de 15 %. « Pourquoi ? » Parce que l’Europe finance davantage la lutte contre le cancer. Parce que les États-Unis misent sur l’IA. Parce que la recherche, sans crise, n’intéresse plus.

Pourquoi les régulateurs n’ont pas réagi à temps

En 2010, la France dépensait 1,8 milliard d’euros par an en recherche médicale. En 2024, c’est 1,6. Une baisse de 11 %. « On nous dit toujours : attendez, ça va revenir. » Fontanet secoue la tête. « Non. Ça ne reviendra pas. »

Le vrai problème, c’est le court-termisme. Les politiques veulent des résultats en 4 ans. Les entreprises veulent des dividendes en 2 ans. La recherche, elle, a besoin de 20 ans. « Personne ne veut entendre ça. »

Pourtant, c’est simple : sans recherche, pas de vaccins. Pas de traitements. Pas d’innovations. Juste des économies à court terme. Et des crises à long terme.

L’Institut Pasteur a un plan. Il ne servira à rien.

Fontanet parle de « partenariats publics-privés ». De « fondations stratégiques ». De « mécénat de compétence ». Des mots. Des promesses. Des leurres.

La réalité, c’est que l’Institut Pasteur a besoin de 20 millions d’euros en 2024. Et qu’il n’en obtiendra pas la moitié. Parce que la recherche, ça ne fait pas vendre. Ça ne fait pas de buzz. Ça ne fait pas de likes.

Alors on attend. On regarde les labos se vider. On attend la prochaine crise. Et on se dit : « Cette fois, ce sera différent. »

Ce ne sera pas différent.

La conclusion qui dérange

La recherche médicale recule. Pas demain. Aujourd’hui. Parce que personne ne veut payer. Parce que les États préfèrent les routes aux labos. Parce que les entreprises préfèrent les actions aux découvertes.

L’Institut Pasteur tient encore. Pour combien de temps ?

Fontanet le sait. Il ne le dit pas.

Personne ne le fera à sa place.

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R Galaxie Rédaction

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