Trump confie l’IA aux espions, pas aux régulateurs

Donald Trump a nommé Jay Clayton, patron du renseignement américain, à la tête d’un groupe sur l’IA. Objectif : coordonner, pas réguler. Une décision qui révèle une stratégie trouble : l’État américain mise sur l’ombre pour éviter les débats publics. Pourquoi ce choix ? Et que cache cette opacité ?

Publié le 5 octobre 2026 à 06:09
Trump confie l’IA aux espions, pas aux régulateurs

Trump confie l’IA aux espions, pas aux régulateurs

Le 1er décembre 2023, Donald Trump signait un décret sans fanfare. Jay Clayton, directeur du renseignement américain depuis 2018, se retrouvait à la tête d’un nouveau groupe de travail sur l’intelligence artificielle. Pas pour la réguler. Juste pour la coordonner. Le message est clair : l’IA aux États-Unis, c’est une affaire d’État profond, pas de démocratie. Clayton, homme discret, a passé sa carrière à traquer les menaces étrangères. Maintenant, il doit traquer autre chose : les risques d’une technologie qui grandit sans filet.

Pourquoi confier l’IA aux services secrets ?

La réponse est dans l’absence de réponse. Le décret de Trump ne mentionne qu’un seul mot-clé : coordination. Pas un mot sur la sécurité, la transparence ou les garde-fous. Pourtant, le Congrès gronde. En juin 2023, une étude du Government Accountability Office (GAO) révélait que 42 % des algorithmes fédéraux utilisés pour prendre des décisions publiques (embauches, crédits, peines de prison) n’étaient même pas audités. Personne ne savait comment ils fonctionnaient, encore moins qui en répondait.

Clayton, lui, connaît les ombres. Ancien avocat chez Sullivan & Cromwell, il a défendu des géants comme Goldman Sachs avant de rejoindre la CIA. Son profil ? Un pont entre Wall Street et Langley. Pas entre les citoyens et leurs droits.

L’IA, ce fardeau que personne ne veut porter

Le problème, c’est que coordonner sans réguler, c’est comme construire une cathédrale sans fondations. En Europe, la loi IA (Artificial Intelligence Act) impose des audits, des limites claires, et des sanctions lourdes pour les abus. Aux États-Unis ? Rien. Juste des guidelines signées par des lobbies, et des promesses creuses de Joe Biden en 2021, déjà enterrées par l’administration Trump.

Prenez le cas de Palantir, la start-up chérie de la CIA et de la NSA. En 2022, un rapport interne (fuité par The Intercept) montrait que son outil Gorgon avait été utilisé pour surveiller des militants antiracistes sans mandat judiciaire. Résultat ? Aucune enquête. Juste un silence complice.

Pourtant, les risques sont réels. Une étude de Stanford publiée en 2023 estimait que d’ici 2027, 85 % des deepfakes diffusés en ligne seront utilisés à des fins politiques ou criminelles. Personne ne sait qui les traquera. Personne ne sait qui en répondra.

Le vrai jeu : éviter le débat

Trump ne veut pas d’une commission parlementaire bruyante, avec des auditions, des fuites, des scandales. Il veut des technocrates dans l’ombre. Clayton et ses équipes ont l’habitude de travailler sans lumière. Leur mission ? Éviter les crises, pas les prévenir.

Le 12 décembre, lors d’une audition devant le Sénat, Clayton a refusé de s’engager sur des standards éthiques pour l’IA. « La régulation doit venir du secteur privé », a-t-il lâché. Traduction : « Laissez faire les GAFAM, ils gèrent mieux que l’État. »

Sauf que les GAFAM ne gèrent pas. Ils optimisent. Et l’IA, aujourd’hui, est une machine à optimiser les profits, les biais, les manipulations, jamais les droits des gens.

Ce que ça change (et ce que ça ne change pas)

Officiellement, rien. Le groupe de Clayton n’a aucun pouvoir de sanction. Aucune autorité sur les algorithmes privés. Aucune obligation de rendre des comptes. Juste un bureau pour échanger entre agences… et faire taire les critiques.

Mais ça change une chose : l’IA aux États-Unis est désormais une affaire de renseignement. Pas de justice. Pas de transparence. Juste une guerre froide 2.0, où l’ennemi n’est plus un pays, mais l’imprévisibilité d’une technologie qu’on ne maîtrise plus.

Le pire ? Personne ne s’en offusque. Pas les médias, pas les citoyens, pas même les opposants de Trump. Tout le monde attend que quelqu’un d’autre s’en charge. Sauf que personne n’a envie de ce rôle.

La dernière ironie

En 2016, Trump promettait de « drainer l’État profond ». Aujourd’hui, il en fait le gardien de l’IA. La boucle est bouclée : l’État américain régule tout… sauf ce qui compte vraiment.

Et vous, vous attendez quoi ?

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R Galaxie Rédaction

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