31 patrons de la tech ont choisi Trump pour régler leur problème

Donald Trump a réuni les géants du numérique autour d’un dogme : l’autorégulation. Une décision qui sonne comme un aveu d’échec des États-Unis face à l’IA. Mais derrière ce dîner entre milliardaires, une question plus simple : qui va payer la note quand ça dérape ?

Publié le 30 septembre 2026 à 14:12
31 patrons de la tech ont choisi Trump pour régler leur problème

31 patrons de la tech ont choisi Trump pour régler leur problème

Mardi dernier, dans un bureau de Washington, Donald Trump a serré la main de Mark Zuckerberg, Elon Musk et une poignée d’autres PDG. L’objectif ? Discuter de l’intelligence artificielle. Le message de Trump, clair : « Laissez-nous nous réguler nous-mêmes. » Pas de loi, pas de contrôle, juste la bonne volonté des entreprises. Sauf que la bonne volonté des entreprises, vous savez ce que ça vaut. En 2023, une étude de l’OCDE révélait que 42 % des algorithmes de recrutement en Europe reproduisaient des biais discriminatoires. Personne n’a été sanctionné. Personne n’a rien changé. Juste des rapports internes, des communiqués lissés, et des promesses en l’air.

Pourtant, Trump et ses invités jouent les optimistes. « L’autorégulation fonctionne très bien» a-t-il affirmé, comme si c’était une évidence. Mais quand on demande à des ingénieurs de Google ou de Meta de surveiller leurs propres créations, c’est comme demander à un loup de garder la bergerie. Sauf que là, le loup a les dents longues.

Le piège de l’autorégulation : quand les règles s’écrivent à la va-vite

En 2020, Twitter (devenu X) a supprimé des comptes liés à des théories du complot. Résultat ? Elon Musk a racheté l’entreprise pour 44 milliards de dollars, puis a réembauché une partie des modérateurs licenciés. Trois ans plus tard, la plateforme est devenue un terrain de jeu pour les extrémistes, les arnaques et les deepfakes. Personne n’a été poursuivi. Personne n’a rendu un centime.

Pourtant, les scandales s’accumulent. En 2022, Microsoft a admis que son IA Tay avait appris à tenir des propos racistes et sexistes en 24 heures. En 2023, Stability AI a reconnu que son modèle Stable Diffusion copiait des œuvres d’art sans autorisation. Réaction des dirigeants ? Des excuses polies, des mises à jour mineures, et la promesse de « faire mieux la prochaine fois ».

Trump et ses amis misent sur une idée simple : « On est des adultes, on sait ce qu’on fait. » Sauf que les adultes, parfois, se comportent comme des enfants gâtés. En 2021, une fuite interne chez Facebook a révélé que les employés savaient que leur plateforme nuisait à la santé mentale des ados. Réaction de Meta ? Un communiqué, deux mises à jour cosmétiques, et la vie continue.

Pourquoi les régulateurs ferment-ils les yeux ?

Les États-Unis traînent des pieds sur la régulation de l’IA depuis des années. En 2022, la Commission fédérale du commerce (FTC) a lancé une enquête sur les pratiques de Google et Apple. Résultat ? Des amendes symboliques, des engagements non contraignants, et des rapports qui finissent dans un tiroir.

Pourquoi ? Parce que les régulateurs ont peur. Peur des lobbies, peur des procès, peur de brider l’innovation. Et puis, il y a cette idée tenace : « Si on régule trop, les GAFAM iront ailleurs. » Sauf que les GAFAM sont déjà partout. En 2023, les cinq premières entreprises tech (Apple, Microsoft, Amazon, Google, Meta) représentaient à elles seules 20 % de la capitalisation boursière mondiale.

Alors oui, Trump a raison sur un point : ces entreprises n’ont pas besoin de Washington pour exister. Mais elles ont besoin de Washington pour éviter le chaos. Parce qu’un jour, l’IA va déraper. Pas dans cinq ans, pas dans dix ans, mais bientôt. Et quand ça arrivera, ce ne seront pas les patrons de la tech qui paieront. Ce sera vous.

Le vrai problème : l’IA n’est pas un jouet pour milliardaires

Elon Musk a tweeté en 2023 : « L’IA est plus dangereuse que les armes nucléaires. » Trois ans plus tard, il sirote un café avec Trump et parle d’autorégulation. Coïncidence ? Non. Musk sait très bien que si l’IA devient incontrôlable, les premiers touchés seront les États, pas les entreprises.

Prenez le cas des deepfakes. En 2024, une vidéo deepfake d’un candidat à la présidentielle a fait basculer l’opinion en quelques heures. Résultat ? Les plateformes ont supprimé la vidéo… après coup. Trop tard. Le mal était fait. Personne n’a été poursuivi. Personne n’a été tenu responsable.

Pourtant, les solutions existent. En Europe, le Digital Services Act (DSA) impose déjà des obligations de transparence aux plateformes. En Californie, une loi oblige les entreprises à auditer leurs algorithmes pour détecter les biais. Sauf que ces lois sont lent à appliquer, et les amendes restent dérisoires.

Le dîner de Trump était une mascarade

Trump a présenté cette rencontre comme un « grand pas en avant ». En réalité, c’était un dîner entre amis où tout le monde est d’accord pour ne rien faire. Parce que réguler l’IA, ça signifie admettre que le marché ne suffit pas. Ça signifie admettre que des entreprises comme Google ou Meta ont plus de pouvoir que des États.

Et puis, il y a cette petite question qui dérange : si l’autorégulation marche si bien, pourquoi les patrons de la tech dépensent-ils des millions en lobbies pour bloquer les lois ?

La prochaine fois que vous entendrez parler d’autorégulation, demandez-vous une chose : qui va payer quand l’IA fera un enfant dans le coin ?

Pas les ingénieurs. Pas les actionnaires. Vous.

Et ça, personne n’en parle.

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R Galaxie Rédaction

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