mais bien : jusquâoĂč ira-t-on ?
Le vrai jeu : qui paiera la prochaine fois ?
Les entreprises de transport ont un argument imparable : sans hausses, le systĂšme sâeffondre. Moins de trains, moins de bus, des grĂšves plus frĂ©quentes. Tout le monde en a marre des retards et des annulations, mais personne ne veut payer le prix fort. Sauf que la rĂ©alitĂ© est plus nuancĂ©e.
Dâun cĂŽtĂ©, les coĂ»ts explosent vraiment. Le diesel, les salaires, la maintenance, lâentretien des infrastructures⊠Tout ça, ça coĂ»te cher. De lâautre, les entreprises de transport gĂšrent des marges confortables. En 2022, les CFF ont dĂ©gagĂ© un bĂ©nĂ©fice net de 1,5 milliard de francs. Un milliard et demi. Assez pour moderniser le rĂ©seau, oui. Assez aussi pour rĂ©investir dans dâautres activitĂ©s, comme lâimmobilier ou les partenariats privĂ©s.
Alors, qui ment ? Personne. Mais la vĂ©ritĂ©, câest que les hausses servent Ă la fois Ă financer des besoins rĂ©els ET Ă protĂ©ger les actionnaires. Et câest vous, lâusager, qui trinquez.
Le Surveillant des prix a évité le pire cette fois. Mais la prochaine fois ? Qui sera là pour vous défendre ?
La prochaine étape : et si on parlait salaires ?
VoilĂ le vrai sujet que personne ne veut aborder : les salaires dans les transports publics. Les conducteurs de train, les mĂ©caniciens, les agents dâentretien⊠Tous ces mĂ©tiers sont en tension. Pourquoi ? Parce que les salaires sont trop bas. Ă titre dâexemple, un conducteur de tram Ă GenĂšve gagne en moyenne 6 500 francs brut par mois. 6 500 francs. Pour un travail stressant, avec des horaires dĂ©calĂ©s et une responsabilitĂ© Ă©norme. Pendant ce temps, un cadre dans une banque touche facilement 10 000 francs, voire plus.
Les entreprises de transport justifient ces bas salaires par la concurrence et les coĂ»ts de structure. Sauf que la concurrence, dans ce secteur, est surtout une excuse. Personne ne veut travailler pour si peu. RĂ©sultat : pĂ©nurie de main-dâĆuvre, turnover Ă©levĂ©, et des usagers qui rĂąlent parce que les trains sont bondĂ©s ou que les bus ont du retard.
Alors, la solution ? Augmenter les salaires. Oui, ça coûterait plus cher. Oui, ça ferait monter les tarifs. Mais au moins, vous auriez des travailleurs motivés, moins de grÚves, et un systÚme plus stable. Au lieu de ça, on préfÚre augmenter les prix et prier pour que personne ne se rebelle.
Ce qui vous attend en 2025
Les hausses de dĂ©cembre, câest juste le dĂ©but. Les entreprises de transport ont dĂ©jĂ annoncĂ© quâelles prĂ©voient de nouvelles augmentations pour 2025. Leur argument ? Les coĂ»ts ne feront quâaugmenter. Peut-ĂȘtre. Mais une chose est sĂ»re : si rien ne change, vous paierez de plus en plus, sans jamais voir une amĂ©lioration rĂ©elle du service.
Le Surveillant des prix peut freiner la machine, mais il ne peut pas la stopper. La vraie question, câest : jusquâoĂč irez-vous avant de dire stop ?
Parce quâune chose est claire : les transports publics ne sont pas un service public comme les autres. Câest un business. Et dans un business, le client paie toujours la note.