Un cas de tétanos en Moravie-Silésie relance la question des vaccins oubliés en Europe

Un cas de tétanos en Moravie-Silésie, une région industrialisée, rappelle que la maladie n’a pas disparu. Pourtant, les taux de vaccination baissent en Europe. Pourquoi cette négligence ? Et que faire quand les rappels s’espacent ?

Publié le 20 septembre 2026 à 14:08
Un cas de tétanos en Moravie-Silésie relance la question des vaccins oubliés en Europe

Pourquoi le tétanos réapparaît-il là où on ne l’attend plus ?

Le tétanos n’est pas une maladie du passé. Il suffit d’une blessure infectée, d’un manque de soins, ou pire, d’un oubli vaccinal. En 2023, l’Europe a enregistré 37 cas confirmés, selon l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies). Trente-sept cas en une année, dans un continent où les vaccins sont censés être systématiques.

La République tchèque, pourtant, affiche des taux de couverture vaccinale en baisse. En 2022, seulement 89 % des enfants y étaient correctement vaccinés contre le tétanos, contre 95 % en 2015. Une baisse de 6 points en 7 ans. Pas une catastrophe, mais un signal. Et ce signal, personne ne semble vouloir entendre.

Pourtant, le tétanos tue encore. En France, trois cas ont été recensés entre 2018 et 2022, tous liés à des personnes non vaccinées ou dont les rappels étaient trop espacés. Le problème n’est pas l’absence de vaccin, mais son abandon progressif.

Les vaccins, ces oubliés du quotidien

On vaccine les enfants. On oublie les adultes. Pourtant, le tétanos ne fait pas de distinction d’âge. Une blessure en jardinage, une écharde mal soignée, une infection post-opératoire : en l’absence de rappel, le risque existe.

En Moravie-Silésie, le cas mortel concernait un homme de 60 ans. Un âge où beaucoup pensent avoir une immunité naturelle. Faux. L’immunité contre le tétanos diminue avec le temps. Sans rappel tous les 10 ans, elle s’effrite. Et personne ne s’en soucie vraiment.

Pourtant, les données sont là. Une étude de l’Institut Pasteur publiée en 2021 montrait que 42 % des Français de plus de 60 ans n’avaient pas eu de rappel dans les 10 dernières années. Un chiffre qui devrait alerter. Mais non.

L’Europe ferme les yeux sur un danger évitable

L’ECDC publie des rapports. Les autorités sanitaires rappellent l’importance des vaccins. Mais les gens ne bougent pas. Pourquoi ?

D’abord, parce que le tétanos n’est plus une menace visible. On ne voit pas les morts, on ne voit pas les souffrances. Les médias ne s’en emparent pas. Les politiques ne s’en saisissent pas. C’est une maladie discrète, donc on l’oublie.

Ensuite, parce que la vaccination est devenue un sujet clivé. Entre les anti-vax et les pro-vax, le débat a tué l’information neutre. Résultat : les gens ne savent plus quoi croire. Et quand on ne sait plus, on fait semblant de ne pas voir.

Enfin, parce que les systèmes de santé sont saturés. On soigne l’urgence, pas la prévention. Un rappel vaccinal, ça prend 5 minutes. Une campagne d’information, ça coûte cher. Alors on laisse faire.

Que faire quand les rappels s’espacent ?

Si vous n’avez pas eu de rappel tétanos depuis plus de 10 ans, vous êtes en danger. Pas demain, peut-être pas cette année. Mais un jour, une blessure infectée pourrait tout changer.

En France, le vaccin contre le tétanos est souvent combiné avec celui contre la diphtérie et la polio (le DTaP). Un seul shot, trois protections. Pourtant, beaucoup reportent. Par paresse ? Par méconnaissance ? Par indifférence ?

La solution est simple : vous devez vérifier votre carnet de vaccination. Si le dernier rappel date de plus de 10 ans, prenez rendez-vous. Pas besoin d’attendre une crise.

En République tchèque, après le cas mortel de Moravie-Silésie, les autorités ont lancé un rappel. Trop tard pour la victime, mais peut-être à temps pour d’autres.

Le vrai problème n’est pas le tétanos, mais notre incapacité à nous en préoccuper

Le tétanos n’est pas une maladie exotique. C’est une maladie de l’indifférence. On la combat avec des vaccins, mais aussi avec une prise de conscience collective. Si on ne veut plus en entendre parler, il faut agir.

Pas besoin de paniquer. Il suffit de ne pas oublier.

Un dernier chiffre, pour finir : en 2023, aucun pays européen n’a atteint l’objectif de 95 % de couverture vaccinale contre le tétanos. Soixante-dix ans après la découverte du vaccin, on en est encore là.

Ça, c’est le vrai problème.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie