1 famille sur 1000 aux États-Unis attaque Tesla pour une Model X qui a brûlé un feu rouge
Un soir d’octobre 2023, dans l’Ohio, une famille se retrouve projetée contre un arbre. Cause ? Leur Tesla Model X aurait franchi un feu rouge toute seule. Pas de panne de frein, pas d’erreur humaine : selon la plainte déposée, la voiture aurait accéléré sans intervention du conducteur. Le système Autopilot était activé. Et maintenant, la justice va devoir trancher entre une erreur de conception et un bug isolé.
Mais le vrai problème, c’est que personne ne sait si c’est un cas unique.
Les données de la voiture, ce piège à preuves
Tesla a l’habitude de jouer la transparence avec ses données. Les propriétaires de Model 3, Model Y ou Model X savent que chaque accélération, chaque freinage, chaque virage est enregistré. Sauf que cette fois, les données pourraient bien servir de arme à double tranchant.
La plainte cite des rapports internes (obtenus via des procédures légales) où des ingénieurs auraient signalé des dysfonctionnements récurrents sur l’Autopilot, notamment des accélérations involontaires. Pourtant, Tesla a toujours minimisé ces incidents, arguant qu’ils étaient liés à des mises à jour logicielles ou à des conditions extrêmes (pluie, soleil couchant).
Sauf que cette fois, la famille a les enregistrements.
Les boîtiers noirs des Tesla stockent tout : vitesse, angle de volant, pression sur les pédales, même l’activité cérébrale via les caméras (oui, Tesla filme l’intérieur de l’habitacle). Si les données confirment que personne n’a touché aux commandes, Tesla va avoir du mal à se défendre. Surtout que le constructeur a déjà été condamné à des amendes pour publicité mensongère sur l’Autopilot, présenté comme un système de conduite autonome, alors qu’il ne fait que démultiplier les efforts du conducteur.
Pourquoi ce procès pourrait en déclencher des dizaines
Ce n’est pas la première fois qu’une Tesla accélère seule. En 2018, un modèle S avait percuté un camion en mode Autopilot. En 2020, une Model 3 avait démarré sans que le conducteur appuie sur le frein. Tesla a toujours répondu : « C’est de la faute du conducteur. » Sauf que cette fois, le conducteur n’est pas en tort.
Le vrai risque ? Une avalanche de plaintes.
Selon une étude de l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS), les accidents impliquant des Tesla en mode Autopilot ont doublé entre 2020 et 2023. Pas parce que les voitures sont plus dangereuses, mais parce qu’elles sont de plus en plus utilisées, et parce que les conducteurs s’y fieraient trop.
Le problème, c’est que Tesla a cultivé cette dépendance. Leurs publicités montrent des voitures roulant seules, sans volant, sur autoroute. Résultat : des milliers d’utilisateurs croient que l’Autopilot peut remplacer un conducteur. Or, ce n’est pas le cas. Mais personne ne leur a dit.
Ce que les régulateurs savent depuis 5 ans, et font semblant d’ignorer
En 2019, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) américaine avait ouvert une enquête sur les accélérations involontaires des Tesla. Résultat ? Aucune sanction. Pourquoi ? Parce que Tesla a toujours réussi à étouffer les plaintes en les classant comme « erreurs humaines » ou « bugs mineurs ».
Sauf que cette fois, c’est différent.
La plainte de l’Ohio repose sur trois éléments qui pourraient faire basculer l’affaire :
- Les données brutes : Si elles prouvent qu’aucun pied n’a freiné, Tesla ne peut plus invoquer une « erreur du conducteur ».
- Les rapports internes fuités : Des ingénieurs auraient alerté sur des défauts de conception dans l’Autopilot, notamment une « latence dangereuse » entre la détection d’un obstacle et la réaction de la voiture.
- Le précédent juridique : En 2022, une famille avait obtenu 1,1 million de dollars contre Tesla après un accident mortel en Autopilot. Le juge avait estimé que le constructeur avait menti sur les capacités du système.
Le vrai enjeu : et si l’Autopilot était juste trop complexe ?
Tesla vend son système comme une « révolution ». En réalité, c’est un parchemin de code qui tente de reproduire la conduite humaine, avec tous ses défauts. Le problème, c’est que les algorithmes de Tesla apprennent en roulant. Plus il y a d’accidents, plus le système s’améliore… en intégrant les erreurs.
Autrement dit : Tesla améliore son Autopilot en se basant sur des accidents.
C’est un peu comme si un médecin apprenait à opérer en disséquant ses patients. Ça marche… jusqu’à ce que ça ne marche plus.
Ce que ce procès révèle sur l’industrie entière
Ce qui est ironique, c’est que ce procès arrive juste après que Tesla ait annoncé vouloir éliminer le volant dans ses futures voitures. Si l’Autopilot n’est même pas fiable avec un volant, comment imaginer une voiture sans volant ?
Le vrai scandale, ce n’est pas une Tesla qui brûle un feu rouge. C’est que personne n’a jamais forcé Tesla à prouver que son système était sûr.
Les régulateurs ferment les yeux. Les concurrents (Waymo, Cruise) avouent publiquement leurs limites. Tesla, elle, continue de vendre du rêve, avec des données qui pourraient bien lui exploser à la figure.
La question qui tue
Si cette famille gagne, des milliers d’autres vont suivre. Parce que personne ne vérifie vraiment. Pas les assurances, pas les États, pas même les autres constructeurs. Tesla a créé un écosystème où l’utilisateur est seul responsable, même quand la voiture fait n’importe quoi.
Et si le problème n’était pas la technologie… mais ceux qui la contrôlent ?
Ce que ça change pour vous
Si vous roulez en Tesla avec l’Autopilot :
- Désactivez-le en ville. Les caméras ont du mal avec les feux tricolores, les piétons imprévisibles, et les voitures qui freinent sans raison.
- Ne vous fiez pas aux mises à jour. Tesla corrige un bug… en en créant trois autres. C’est comme rafistoler une voiture avec du scotch.
- Préparez-vous à des coûts imprévus. Si vous êtes impliqué dans un accident en Autopilot, votre assurance pourrait refuser de couvrir, et vous, vous serez seul face à un procès.
Le pire ? Personne ne vous préviendra.
La dernière ironie
Tesla a toujours vendu son Autopilot comme « le futur de la conduite ». Sauf que ce procès pourrait bien prouver que le futur, c’est l’enfer juridique.
Parce que quand une voiture accélère toute seule… c’est soit un bug, soit une arnaque. Ou les deux.