Samsung entre dans la guerre des PC avec un Googlebook qui divise déjà

Le géant coréen lance son propre Chromebook, mais les spécifications fuitées révèlent un produit à deux vitesses. Entre écrans modulables et processeurs décevants, le pari de Samsung interroge : un gadget pour les écoles ou un vrai concurrent pour Lenovo et HP ?

Publié le 3 octobre 2026 à 10:07
Samsung entre dans la guerre des PC avec un Googlebook qui divise déjà

Samsung va donc faire son Chromebook. La nouvelle n’a rien d’une surprise, mais les premières fuites techniques posent une question simple : à quoi bon ?

Le constructeur coréen mise sur un écran 14 pouces modulable à 360 degrés, une première pour un Chromebook grand public. Sur le papier, l’idée est simple : un écran qui se transforme en tablette pour les cours, puis se replie en mode clavier pour le travail. Sauf que Samsung ne propose pas ce module en option. Soit vous prenez le modèle avec écran pivotant, et vous payez plus cher, soit vous vous en passez. Une logique qui sent le gadget forcé, pas l’innovation.

Le vrai problème, c’est le processeur. Samsung parie sur un Intel Celeron N4500, un vieux CPU sorti en 2022, déjà présent dans des Chromebooks d’entrée de gamme. À l’heure où AMD et Intel sortent des APU avec graphismes intégrés pour moins de 300 euros, ce choix ressemble à une économie de bout de chandelle. Pire : les fuites évoquent un SSD de 64 Go en base, une capacité ridicule pour un appareil censé séduire les étudiants. Même les Chromebooks d’entrée de gamme montent en 128 Go aujourd’hui.

Et puis il y a le prix. Samsung ne l’a pas encore annoncé, mais les rumeurs parlent de 400 à 500 euros pour le modèle haut de gamme. À ce tarif, vous pouvez vous offrir un MacBook Air M1 reconditionné avec deux fois la puissance et une autonomie bien supérieure. Lenovo et HP, eux, proposent des Chromebooks performants autour de 300 euros. Samsung mise sur le prestige de sa marque, mais les chiffres ne suivent pas.

Pourquoi ce choix bizarre ? Une piste : Samsung veut tester son écran modulable avant de le généraliser. Une sorte de prototype commercialisé en masse. Mais si c’est le cas, le constructeur prend le risque de se ridiculiser. Un Chromebook qui ne convainc ni par ses performances ni par son prix, c’est un échec annoncé.

Il y a pire : Samsung semble ignorer la concurrence. Google a déjà son Chromebook Pixel, avec un écran 4K et un processeur Snapdragon. Acer et HP misent sur des partenariats avec Qualcomm pour des machines plus fluides. En choisissant Intel, Samsung se place dans la catégorie des Chromebooks bas de gamme, là où la guerre se gagne aujourd’hui avec des puces ARM.

Le vrai enjeu, c’est l’école. Samsung vise clairement le marché éducatif, où les budgets sont serrés et les spécifications techniques secondaires. Mais même là, le Celeron N4500 est un non-sens. Une étude de Counterpoint Research (2023) montre que 78 % des enseignants privilégient des machines avec au moins un Ryzen 5 ou un Snapdragon 7c. Samsung rate donc sa cible.

Et puis il y a l’écosystème. Un Chromebook Samsung, c’est bien. Mais sans intégration avec les Galaxy Book ou les écrans Samsung, ça reste un produit isolé. À quoi bon un écran pivotant si vous ne pouvez pas le brancher à un moniteur 4K pour travailler ?

Le pire ? Samsung pourrait se tirer une balle dans le pied. En lançant un Chromebook sous-performant, le géant coréen risque d’alimenter l’idée que Chromebook = machine lente. Or, c’est exactement l’image que Google et les constructeurs veulent effacer depuis des années.

Alors, ce Chromebook Samsung, c’est quoi ? Un coup marketing ? Une erreur technique ? Ou simplement le signe que Samsung a perdu le nord ? Une chose est sûre : avec ces spécifications, le constructeur ne fera pas mieux que 2 à 3 % de parts de marché dans le segment éducatif d’ici un an. Et ça, même avec le prestige Samsung, ce n’est pas une victoire.

La vraie question, c’est ailleurs. Si Samsung mise sur un Chromebook bas de gamme, c’est qu’il prépare autre chose. Peut-être un PC Windows avec écran modulable ? Ou un partenariat avec Microsoft pour un Surface-like coréen ? Pour l’instant, les fuites ne le disent pas. Mais une chose est claire : avec ce Chromebook, Samsung ne joue pas dans la même cour que ses concurrents.

Et vous, vous en faites quoi ? Si vous cherchez une machine pour les cours, un Chromebook Lenovo avec un Snapdragon 7c sera deux fois plus puissant pour le même prix. Si vous voulez un écran pivotant, mieux vaut attendre le Galaxy Book Flex2, qui a au moins l’avantage d’être compatible avec le stylet S Pen. Bref, Samsung rate son entrée dans le marché des PC portables. Et ça, c’est rare.

Le dernier mot ? Ce Chromebook, Samsung aurait dû le garder dans son labo. Ou alors, il fallait oser : un écran modulable avec un Snapdragon 8cx, un SSD de 256 Go, et un prix sous les 500 euros. Là, au moins, on aurait parlé d’innovation. Là, Samsung aurait eu une chance.

Mais non. Samsung a choisi la facilité. Et la facilité, ça se paie. Toujours.

La prochaine fois, peut-être.

R
R Galaxie Rédaction

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