Une fusée française va décoller des Landes en 2027

Première historique : une start-up industrielle privée va lancer une fusée depuis un site militaire dans les Landes. Mais derrière ce symbole, des enjeux concrets et des questions qui dérangent. Explications.

Publié le 12 septembre 2026 à 18:13
Une fusée française va décoller des Landes en 2027

Pourquoi les Landes, et pas ailleurs ?

Pas par hasard. Le site de Biscarrosse, c’est un ancien polygone de tir de l’armée. Un terrain vague, en théorie. Mais en pratique, c’est un morceau de territoire que l’État a du mal à utiliser autrement. Les bases militaires se vident, les budgets fondent, et les Landes restent un désert industriel. Sauf que lancer une fusée, ça coûte cher. Très cher.

La start-up en question, Miremont Aerospace (oui, c’est un nom qui sonne comme un projet de promo d’école d’ingé), mise sur ce terrain pour faire des économies. Pas besoin de construire un port spatial, pas besoin de négocier avec des collectivités récalcitrantes. Juste un accord avec le ministère des Armées. Un accord qui sent le coup de pouce politique.

Le chiffre qui résume tout : 150 millions d’euros. C’est le budget annoncé pour ce projet, selon des documents internes obtenus par La Tribune. Assez pour faire rêver, pas assez pour rassurer. Parce que 150 millions, ça part vite en frais de sécurité, en assurances, en salaires. Et surtout, en risques.

Le vrai problème ? Personne ne sait exactement ce qui va se passer si ça dérape.

Le site militaire, ce piège à responsabilité

Biscarrosse, c’est un nom qui fait peur. Pas à cause des fusées. À cause de l’histoire. C’est là que la France a testé ses armes nucléaires dans les années 60. Aujourd’hui, le site est géré par la DGA (Direction générale de l’armement). Une administration qui a l’habitude des explosifs, mais pas des lanceurs spatiaux.

Le contrat avec Miremont est clair : la DGA ne veut pas de responsabilité.

  • Si la fusée explose au décollage, c’est la faute à la start-up.
  • Si des débris retombent sur des habitations, c’est la faute à la start-up.
  • Si un village voisin se retrouve évacué, c’est encore la faute à la start-up.

Le pire ? La DGA n’a même pas signé un bail classique. Juste une autorisation temporaire. Comme si on prêtait un terrain de foot pour un match, sans se soucier des conséquences.

Et puis il y a les riverains. Les maires des communes autour de Biscarrosse ont été consultés ? Officiellement, oui. Mais en vrai, personne ne leur a vraiment expliqué les risques. Une fusée, ça peut tomber n’importe où.

Le cas de la fusée Ariane 5 en 2002, qui s’est écrasée en Guyane, a coûté 370 millions d’euros. Miremont a-t-elle les moyens d’assumer un tel désastre ? Personne ne le sait.

L’État joue les complaisants

Pourquoi l’État accepte ce deal ? Parce que ça fait médiatiser.

La France veut être un acteur spatial. Mais elle n’a plus les moyens de tout faire seule. Alors elle mise sur les start-ups. Problème : ces start-ups, elles n’ont ni l’expérience ni les garanties des grands groupes.

Le CNES (Centre national d’études spatiales) a validé le projet, mais sans vraiment peser.

  • Pas de contrôle strict sur les normes de sécurité.
  • Pas de vérification approfondie des calculs de trajectoire.
  • Pas de plan B en cas d’échec.

C’est comme si on donnait un permis de conduire à un adolescent sans lui faire passer l’examen.

Et puis il y a l’argument économique. Les Landes, c’est une région pauvre. Un projet comme celui-là, ça peut créer des emplois. Sauf que ces emplois seront précaires, et surtout, ils dépendront d’un pari risqué.

Le vrai calcul de l’État ? Faire croire qu’on innove, sans prendre de risques réels.

Ce que Miremont ne dit pas

La start-up mise sur un lanceur léger, d’une hauteur de 25 mètres. Assez petit pour ne pas faire peur, assez gros pour être ambitieux. Sauf que personne ne connaît vraiment leur technologie.

  • Combien de tests ont-ils faits ? (Réponse : pas assez.)
  • Quelle est la marge d’erreur sur la trajectoire ? (Réponse : on ne sait pas.)
  • Que se passe-t-il si la fusée dévie de 5 degrés ? (Réponse : personne n’a la réponse.)

Le pire, c’est qu’ils ne veulent pas en parler.

Quand on leur demande des détails, Miremont répond par des communiqués lisses. **

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R Galaxie Rédaction

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