Le cœur de métier ? Solstice ne l’a plus depuis 2022
En 2020, Solstice misait sur l’hydrogène vert. En 2021, sur les batteries pour véhicules lourds. En 2022, sur les infrastructures de recharge rapide. Résultat ? Personne ne sait plus ce que fait vraiment l’entreprise. Même ses propres rapports annuels citent des « initiatives diversifiées » sans jamais expliquer comment elles s’articulent. Starboard arrive avec une solution toute prête : « recentrez-vous ». Sauf que Solstice n’a plus de centre. Juste des trous dans ses comptes.
Prenez les chiffres. Entre 2023 et 2025, l’entreprise a brûlé 1,2 milliard d’euros en R&D et en acquisitions de startups. Résultat ? Aucune n’a tenu plus de 18 mois. La dernière en date, une pépite française spécialisée dans les électrolyseurs, a été revendue avec une décote de 68 % en six mois. Personne ne veut de ces actifs fantômes. Personne, sauf Starboard, qui parie sur le rebond.
Mais le vrai problème, c’est que Solstice n’a plus de cœur de métier à recentrer.
Pourquoi les actionnaires laissent faire ?
Ici, on entre dans le vrai jeu. Starboard n’est pas un sauveur. C’est un prédateur. Son modèle ? Acheter des actions, faire pression pour des restructurations, puis revendre quand le cours remonte. Le problème, c’est que Solstice n’a plus de valeur à revendre.
En 2024, le groupe a perdu 45 % de sa capitalisation boursière en un an. Ses dettes s’élèvent à 1,8 milliard, dont une partie est déjà en défaut. Pourtant, les grands fonds continuent de détenir des parts. Pourquoi ? Parce qu’ils savent une chose : quand une entreprise comme Solstice s’effondre, ce sont les petits actionnaires qui trinquent. Pas eux.
Leur stratégie ? Attendre que Starboard fasse le sale travail.
- Étape 1 : Exiger un recentrage. « On va tout vendre, garder l’essentiel. » (Sauf que l’essentiel, Solstice ne l’a plus.)
- Étape 2 : Licencier. « On va réduire les coûts. » (Traduction : virer 20 % des effectifs, dont les meilleurs ingénieurs.)
- Étape 3 : Revendre. « On va restructurer. » (Sauf que sans R&D, sans innovation, il ne reste plus rien à vendre.)
Le piège ? Starboard mise sur un rebond. Les actionnaires misent sur l’effondrement contrôlé.
Ce que personne ne dit sur l’hydrogène
Starboard veut que Solstice se recentre. Sur quoi ? L’hydrogène vert, bien sûr. « C’est le secteur de demain ! » Sauf que Solstice n’a jamais été un leader dans ce domaine. Pire : ses projets hydrogène sont en retard de trois ans sur ses concurrents allemands et japonais. En 2025, son usine pilote en Normandie a dû être arrêtée à cause de fuites dans les tuyaux. Fuites que personne n’a jamais expliquées.
Le vrai scoop ? Solstice a déjà perdu la course.
En Allemagne, Siemens Energy et Thyssenkrupp dominent le marché. En Asie, les Chinois construisent des électrolyseurs à 30 % moins cher. Solstice, elle, continue de dépenser des centaines de millions dans des prototypes qui ne marchent pas. Résultat ? Ses parts de marché dans l’hydrogène ? 0,3 %. Un chiffre que même les rapports internes osent à peine mentionner.
Pourtant, Starboard joue la montre. Parce que si Solstice tient encore debout en 2029, il y aura peut-être une valeur à revendre. Si elle s’effondre avant, les fonds auront au moins évité le pire.
Les trois ans qui vont tout changer
Il reste trois ans. Trois ans pour que Solstice trouve enfin un cœur de métier. Trois ans pour que ses actionnaires se réveillent. Trois ans pour que les régulateurs européens, lassés des aides publiques gaspillées, ferment enfin les robinets.
Problème : personne ne croit à un miracle.
- Les banques ? Elles continuent de prêter, parce qu’elles savent que l’État français ne laissera pas Solstice faire faillite. 1,5 milliard d’euros de garanties publiques ont déjà été accordés. À quel prix ? Celui des contribuables.
- Les actionnaires ? Ils attendent. Parce qu’ils savent que si Solstice s’effondre, ce seront les petits porteurs qui paieront.
- Starboard ? Elle a trois ans pour revendre. Pas une seconde de plus.
Le vrai risque ? Ce n’est pas que Solstice échoue. C’est qu’elle traîne encore des années dans la boue, en brûlant l’argent de tous.
La dernière chance, ou le dernier gaspillage ?
Starboard a raison sur un point : Solstice doit se recentrer. Mais sur quoi ? L’hydrogène ? Trop tard. Les batteries ? Trop risqué. Les infrastructures ? Trop lent.
La vraie question, c’est : qui va payer l’addition ?
- Si Solstice réussit son virage, ce seront les actionnaires qui toucheront les dividendes. Les petits, bien sûr, pas les grands fonds.
- Si elle échoue, ce seront les contribuables qui paieront les dettes, encore une fois.
Une chose est sûre : personne ne veut assumer les conséquences.
Starboard joue son rôle. Les actionnaires jouent leur jeu. Les politiques ferment les yeux. Et Solstice ? Elle continue de dépenser, d’embaucher, de promettre. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.
Trois ans. Pas un de plus.