Un record qui ne sert à rien
235 jours. C’est le nouveau record pour une astronaute européenne. Sophie Adenot bat celui de Thomas Pesquet, 196 jours en 2016. Un exploit ? Techniquement, oui. Mais est-ce que ça change quelque chose ? Non. Pas pour l’Europe, en tout cas. Pendant qu’elle flottait dans l’ISS, les budgets des agences spatiales européennes ont continué à stagner. Pendant qu’elle testait des combinaisons pour les futures missions lunaires, l’ESA a encore réduit ses ambitions. Pendant qu’elle photographiait la Terre depuis 400 kilomètres d’altitude, les gouvernements ont préféré investir dans des projets qui rapportent des voix, pas des étoiles.
L’Europe spatiale, c’est comme un vieux 4x4 : ça tient la route, mais ça ne va nulle part. Pendant que la Chine construit sa station Tiangong et que SpaceX envoie des touristes en orbite, l’ESA trime avec des partenariats avec la NASA et des budgets en dents de scie. En 2023, l’agence européenne a reçu 7,8 milliards d’euros, soit à peine plus que l’an dernier (source : rapport annuel ESA). Assez pour envoyer des sondes étudier Mars, pas assez pour rattraper les États-Unis ou la Chine.
Et puis il y a ce détail : Sophie Adenot, c’est une femme. Pas la première, loin de là, mais une de plus dans une liste qui reste courte. L’espace, c’est encore un monde d’hommes. Pas par choix, mais par habitude. Les missions longues, les postes à responsabilité, les budgets, tout ça reste majoritairement entre les mains des mecs. Même dans l’ISS, où les femmes représentent désormais 37 % des équipages (source : NASA, 2023), elles sont souvent reléguées aux rôles logistiques. Pas aux commandes.
Pourquoi personne ne s’en émeut ?
Parce que l’espace, pour les politiques, c’est comme le sport : ça fait joli sur les affiches, mais ça ne fait pas gagner des élections. En France, par exemple, le budget de l’ESA est une variable d’ajustement. Quand il faut serrer la ceinture, c’est toujours le spatial qui trinque. Résultat : l’Europe dépend à 80 % des lanceurs américains et russes. Même pour ses propres missions. Une honte.
Et puis il y a cette question qui dérange : à quoi bon ? À quoi servent 235 jours dans l’espace, si ce n’est pas pour préparer l’avenir ? Les promesses de colonies lunaires, de voyages vers Mars, tout ça reste du pipeau. Les technologies développées dans l’ISS ? Une infime partie est réinvestie sur Terre. Le reste ? Des brevets qui pourrissent dans les tiroirs des labos.
Sophie Adenot a fait son boulot. Elle a testé des équipements, mené des expériences, donné des interviews. Elle a même eu droit à son petit moment médiatique à l’atterrissage. Mais au final, est-ce que ça change quelque chose ? Non. Parce que l’espace, ce n’est pas une priorité. C’est un hobby. Un hobby très cher, très technique, mais un hobby quand même.
L’ISS, un cimetière à 100 milliards
La Station spatiale internationale coûte environ 100 milliards de dollars depuis sa mise en service en 1998 (source : NASA, rapport 2022). 100 milliards. Pour quoi faire ? Pour prouver qu’on peut vivre en apesanteur ? Pour prendre des photos de la Terre qui font pleurer en story Instagram ? Pour justifier l’existence de quelques centaines d’ingénieurs et de techniciens ?
L’ISS, c’est le symbole d’une époque où l’on croyait encore que l’espace était la prochaine frontière. Aujourd’hui, on sait que non. Les vraies frontières, ce sont le climat, l’intelligence artificielle, les inégalités. Pas les étoiles. Pourtant, on continue à y envoyer des milliards. Pourquoi ? Parce que c’est plus simple. Parce que ça ne dérange personne. Parce que personne n’a le courage de dire : « Assez. »
Sophie Adenot a survécu à 235 jours dans l’espace. Bravo. Mais est-ce que ça servira à quelque chose ? Probablement pas. Parce que l’Europe spatiale, elle, n’a pas survécu à ses propres contradictions.
Ce que personne ne vous dira
Il y a une chose que les communiqués officiels ne mentionnent jamais : l’ISS, c’est fini. Ou presque. La NASA et ses partenaires ont déjà commencé à planifier sa désorbitation pour 2030. Pourquoi ? Parce que c’est trop cher. Parce que les priorités ont changé. Parce que personne ne croit vraiment à ce projet.
Alors oui, félicitations à Sophie Adenot. Elle a tenu. Elle a prouvé que le corps humain pouvait s’adapter. Mais au final, est-ce que ça change quelque chose ? Non. Parce que l’espace, ce n’est pas un objectif. C’est un décor. Un décor où l’Europe joue les figurants.
Et pendant ce temps, la Chine construit sa station. Et SpaceX envoie des touristes. Et personne, vraiment personne, ne s’en soucie assez pour faire bouger les lignes.
La vraie question
La prochaine fois qu’on vous parlera d’un nouveau record dans l’espace, demandez-vous : à quoi ça sert ? Qui en profite ? Et surtout : est-ce que ça nous rapproche d’un monde meilleur ?
Spoiler : la réponse sera toujours la même. Non.
235 jours pour rien
Sophie Adenot a passé 235 jours dans l’espace. Un record. Un exploit. Une première. Mais au final, est-ce que ça change quelque chose ? Non. Parce que l’espace, ce n’est pas une priorité. C’est un hobby. Un hobby très cher, très technique, mais un hobby quand même.
Et pendant ce temps, la Terre brûle. Les inégalités explosent. Les démocraties s’effritent. Et personne ne semble s’en soucier assez pour agir. Sauf dans l’espace. Là-bas, au moins, on a l’impression de faire quelque chose. Même si c’est faux.
Alors oui, bravo Sophie Adenot. Vous avez tenu. Vous avez prouvé que c’était possible. Mais est-ce que ça servira à quelque chose ? Probablement pas.
Parce que l’Europe spatiale, elle, n’a pas survécu à ses propres contradictions. Et tant pis pour les étoiles.