Sony garde ses usines à fond malgré l'arrêt des jeux physiques

En 2028, Sony arrête les jeux PlayStation en disque. Pourtant, son usine autrichienne tourne à 90 % de sa capacité. Une erreur de communication ? Un calcul économique ? Ou pire : une stratégie pour faire monter les prix ?

Publié le 14 septembre 2026 à 06:09
Sony garde ses usines à fond malgré l'arrêt des jeux physiques

En janvier 2028, Sony va arrêter de presser des jeux physiques pour la PlayStation. C’est écrit, c’est signé. Pourtant, son usine de Thalgau, en Autriche, va continuer à tourner à près de 90 % de sa capacité. Non, ce n’est pas une coquille. Et non, ce n’est pas une erreur de traduction non plus, même si c’est exactement ce qu’a cru la plupart des gens quand la nouvelle est tombée. Le communiqué de Sony était clair : plus de jeux en disque à partir de 2028. Sauf que les usines, elles, ne ferment pas. Elles restent ouvertes. Pourquoi ? Parce que Sony ne va pas arrêter de presser des jeux. Elle va arrêter de presser ses jeux. Le reste, ça continue.

L’usine qui ne veut pas mourir

Thalgau, c’est le cœur de la production physique de Sony en Europe. 1 200 employés, 150 millions de disques pressés par an avant la pandémie. Une usine modèle, ultra-modernisée, capable de produire des jeux pour PlayStation, mais aussi pour d’autres marques, Nintendo, Microsoft, ou même des tiers. Sony ne ferme pas Thalgau parce qu’elle ne peut pas. Elle ferme une partie de Thalgau. La partie dédiée aux exclusivités PlayStation. Le reste ? Ça reste.

Pourquoi ? Parce que le marché des jeux physiques ne meurt pas. Il se transforme. Et Sony, elle, se transforme avec. Elle ne veut pas perdre le contrôle.

Le marché noir des jeux reconditionnés

En 2023, le marché des jeux d’occasion et reconditionnés représentait 12,5 milliards de dollars (source : rapport NPD Group). Et ce marché, il explose. Les joueurs achètent moins de neufs, ils achètent d’occasion. Résultat : les éditeurs voient leurs marges s’effondrer sur le physique. Sauf si ils contrôlent la chaîne.

Sony a compris une chose simple : si elle arrête de presser des jeux neufs, elle laisse le champ libre à des revendeurs qui vont inonder le marché avec des copies à bas prix. Mais si elle continue à presser, même pour des tiers, elle garde la main sur les coûts, les stocks, et surtout, elle peut faire monter les prix.

Thalgau ne ferme pas. Elle se recentre. Sur ce qui rapporte encore.

L’erreur qui a tout déclenché

Le 1er février 2024, Sony annonce officiellement la fin des jeux physiques pour la PlayStation en 2028. Problème : personne ne lit les petits caractères. Le communiqué parle d’« arrêt de la production de jeux nouveaux pour PlayStation ». Traduction : les jeux exclusifs à la console, oui. Les licences tierces, les rééditions, les jeux multiplateformes ? Non.

Résultat : les médias ont titré « Sony ferme ses usines ». Les joueurs ont cru à une fin du physique. Les actionnaires ont sourcillé. Personne n’a relevé que Sony gardait une porte de sortie.

Pourquoi faire ça ? Parce que Sony ne veut pas dépendre d’un seul marché. Si demain, le numérique s’effondre (et ça arrive, croyez-moi), elle aura encore ses usines. Et si le numérique domine, elle aura déjà tué le physique, mais pas tout à fait.

Le vrai jeu : faire payer plus cher

Voilà le calcul de Sony :

  • Moins de jeux neufs → moins de concurrence sur les prix.
  • Plus de contrôle sur les rééditions → possibilité de revendre des versions « collector » à prix d’or.
  • Des usines toujours actives → capacité à réagir si le marché change.

Le but ? Garder le joueur dans un écosystème où il paie toujours. Que ce soit en numérique ou en physique.

Et ça marche. Déjà, les jeux PlayStation 5 en édition limitée se vendent 30 à 50 % plus cher que le prix conseillé. La pénurie, c’est un business.

Ce que ça change pour vous

Si vous aimez les jeux physiques, Sony vous dit : « Désolé, mais on va vous faire payer plus cher pour les avoir. » Pas de choix.

  • Vous voulez un jeu neuf ? Il faudra attendre les rééditions, et elles coûteront cher.
  • Vous voulez un jeu d’occasion ? Les revendeurs vont encore augmenter leurs marges, parce que l’offre va se raréfier.
  • Vous voulez un jeu exclusif ? Tant pis, il sera en numérique, et à 70 euros.

Sony ne ferme pas ses usines par altruisme. Elle les garde parce que ça lui permet de contrôler les prix. Et vous, vous serez ceux qui paieront.

La vraie fin du physique arrive plus tôt qu’on ne croit

2028, c’est la date officielle. Mais la mort du physique, elle est déjà en marche. Sony ne l’accélère pas, elle la prépare.

Le jour où les usines de Thalgau tourneront à 100 % pour des licences tierces, ce sera le signe que le modèle est mort. Pas pour Sony. Pour vous.

Parce que quand une entreprise comme ça garde ses usines ouvertes alors qu’elle annonce la fin d’un format, ça veut dire une seule chose : elle compte bien vous faire payer le double pour le regretter.

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R Galaxie Rédaction

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