Sony abandonne ses joueurs, la PS5 bascule-t-elle vers le piratage

La PS5 perd des plumes. Entre l’arrêt des jeux physiques et les fermetures de services, Sony pousse une partie de sa base à se retourner vers des solutions… illégales. Jusqu’où iront-ils ? Et pourquoi la firme japonaise semble-t-elle s’en moquer ?

Publié le 5 octobre 2026 à 06:09
Sony abandonne ses joueurs, la PS5 bascule-t-elle vers le piratage

La PS5, un coffre-fort qui se vide tout seul

Le 20 décembre 2023, Sony a annoncé la fin des jeux physiques sur PS5 d’ici 2026. Pas de grand débat, pas de consultation des joueurs, juste un communiqué sec. Comme si la décision était déjà prise depuis longtemps. Pourtant, les conséquences ? Elles commencent à se voir. Et pas seulement sur les rayons des magasins.

Prenez le cas de God of War Ragnarök. Sorti en 2022, le jeu s’est écoulé à plus de 10 millions d’exemplaires en un an (chiffres Sony). Aujourd’hui, les copies physiques se vendent entre 80 et 120 euros sur les plateformes de revente. Pourquoi ? Parce que Sony a stoppé la production. Parce que les joueurs qui ont acheté la version physique en 2022 n’ont plus le choix : soit ils acceptent de payer une fortune pour revendre leur jeu, soit ils le gardent dans leur bibliothèque, inutilisable sur une console qui ne lit plus les disques.

Sauf que. Sauf que certains ne l’acceptent pas. Pas du tout.

Le piratage, solution par défaut pour les déçus

Vous vous dites peut-être : « Mais les joueurs ont quand même le PS Plus, les jeux numériques, les remasters… » Oui, mais pas tout le monde en a les moyens. Un abonnement PS Plus Extra coûte 70 euros par an. Un jeu à 70 euros en occasion, c’est déjà un coup de poker. Et quand vous avez un budget serré, vous choisissez.

D’après une étude de l’IFPI (Fédération internationale de l’industrie phonographique) publiée en 2023, 35 % des 18-34 ans ont déjà téléchargé un jeu ou un film illégalement au moins une fois. Parmi eux, 12 % avouent le faire « régulièrement ». La PS5, avec ses restrictions, pourrait bien faire grossir ce chiffre.

Prenez les forums Reddit. Sur r/PS5, les fils comme « PS5 : vaut-il encore le coup en 2024 ? » explosent. Les réponses ? « J’ai craqué pour une PS5 d’occasion à 400 balles, mais maintenant je me demande si je ne vais pas la revendre. » Ou encore : « Sony nous prend pour des cons. Après avoir payé 500 euros ma console, je me retrouve avec une bibliothèque de jeux qui va devenir obsolète. »

Et puis il y a ce détail : les serveurs de Sony. Depuis des mois, des joueurs rapportent des latences anormales, des bugs sur le PS Store, des téléchargements qui bloquent à 90 %. Comme si la firme avait sous-estimé l’afflux après ses annonces. Résultat ? Ceux qui veulent jouer à Spider-Man 2 ou Final Fantasy VII Rebirth sans se ruiner se tournent vers des alternatives… moins légales.

Sony regarde ailleurs, les joueurs paient

Pourtant, Sony semble s’en foutre. Pourquoi ? Parce que les chiffres marchent encore. La PS5 s’est vendue à plus de 50 millions d’unités depuis 2020 (chiffres Sony). Parce que le PS Plus génère des milliards. Parce que les abonnements et les microtransactions compensent largement les pertes sur le physique.

Mais voici le vrai problème : Sony a perdu la confiance d’une partie de sa base. Pas celle des collectionneurs, pas celle des early adopters. Celle des joueurs lambda, ceux qui ont acheté une PS5 en 2020 pour 550 euros, ceux qui ont cru en l’écosystème PlayStation.

Prenez l’exemple des jeux rétro. Metal Gear Solid 3, Shadow of the Colossus, God of War 2007… Des titres qui valent aujourd’hui entre 50 et 150 euros en occasion. Des jeux que Sony ne réédite pas en physique. Alors les joueurs font quoi ? Ils piratent. Ou ils attendent des remasters… qui mettent des années à sortir.

Et puis il y a le cas des pays où le numérique est inaccessible. En Inde, au Brésil, dans une partie de l’Afrique, les cartes bancaires internationales sont bloquées. Les joueurs n’ont pas le choix : soit ils utilisent des VPN (et des méthodes douteuses pour payer), soit ils se tournent vers des sites de streaming illégal.

Sony le sait. Mais ça ne les dérange pas. Parce que leur modèle économique est déjà verrouillé.

La PS5 devient un piège à abonnés

Voilà le vrai jeu : Sony mise tout sur le numérique, les abonnements, et les services. Le PS Plus, c’est 120 millions d’abonnés dans le monde (chiffres 2023). Les jeux à l’essai, les DLC, les cross-buys avec Netflix… Tout est conçu pour vous faire payer, encore et toujours.

Le problème ? Ça marche seulement si vous avez les moyens.

Prenez un joueur moyen en France. Il gagne 1 500 euros net par mois. S’il veut jouer à Horizon Forbidden West, il a le choix :

  • Acheter le jeu à 70 euros (et attendre des mois avant de pouvoir le revendre à perte).
  • Prendre un abonnement PS Plus Extra à 70 euros par an (et espérer que Sony sorte des jeux qui valent le coup).
  • Piratage (gratuit, mais risque légal).

Sony a éliminé la troisième option… officiellement. Mais en réalité, elle l’a juste poussée dans l’ombre.

Et maintenant ? La PS5 devient-elle une passoire ?

Alors, les joueurs vont-ils massivement se tourner vers le piratage ? Pas tous. Mais une frange non négligeable, oui.

D’abord, parce que les alternatives existent. Les PC deviennent de plus en plus puissants, les émulateurs se perfectionnent, et des sites comme Epic Games Store ou Xbox Game Pass proposent des jeux à prix raisonnables.

Ensuite, parce que Sony a merdé sur le timing. Arrêter les jeux physiques du jour au lendemain, sans transition, sans compensation… C’est comme si Netflix avait supprimé les DVD loués en magasin sans prévenir. Les abonnés auraient fait la révolution.

Enfin, parce que le piratage, c’est déjà là. Selon une étude de l’Union des industries de la création (UIC) en 2023, 1 jeu sur 5 téléchargé en France l’est illégalement. Avec les restrictions de Sony, ce ratio pourrait grimper.

Alors oui, certains joueurs craqueront. Pas par conviction, mais par désespoir économique. Et Sony ? Elle regardera ses chiffres trimestriels en se disant : « Tant mieux, ça réduit les coûts. »

Le vrai danger pour Sony : la colère silencieuse

Le pire dans cette histoire ? Ce n’est pas le piratage qui tue Sony. C’est l’indifférence.

Les joueurs qui abandonnent ne le font pas avec des manifestes. Ils ne boycottent pas en masse. Ils achètent une Switch, un PC, ou ils rangent leur PS5 dans un placard.

Et ça, Sony ne le voit pas. Parce que les chiffres, eux, continuent de monter. Les abonnés restent. Les ventes se maintiennent.

Mais un jour, peut-être, la bulle éclatera. Et ce jour-là, ce ne sera pas une crise passagère. Ce sera un effondrement de confiance.

D’ici là, les joueurs continueront de payer. Même 80 euros pour un jeu d’occasion. Même en piratant. Parce qu’ils n’ont pas le choix.

Et Sony ? Elle sourira. Jusqu’à ce que les chiffres, eux aussi, commencent à baisser.

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R Galaxie Rédaction

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