Siemens Énergie licencie, Québec Solidaire répond

À Trois-Rivières, l'usine Siemens Énergie ferme ses portes. 300 emplois en moins. Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec Solidaire, était sur place vendredi. Elle ne cache pas sa colère. Mais derrière les promesses, des questions restent sans réponse.

Publié le 3 octobre 2026 à 14:12
Siemens Énergie licencie, Québec Solidaire répond

Siemens Énergie ferme, les travailleurs restent sur le carreau

Vendredi après-midi, à Trois-Rivières, l’usine Siemens Énergie a fermé ses portes. Officiellement, c’est une restructuration. Officieusement, 300 travailleurs savent déjà ce que ça signifie : des licenciements, des vies bouleversées, et une ville qui perd un pan de son économie. Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec Solidaire, était là. Pas pour faire de la figuration. Elle a parlé aux employés, a écouté leurs histoires, et elle est repartie avec une certitude : Siemens Énergie joue avec le feu. Et le gouvernement du Québec, lui, regarde ailleurs.

300 emplois, un chiffre qui claque

  1. C’est le nombre de travailleurs qui vont se retrouver sans emploi d’ici la fin de l’année. Un chiffre qui tombe comme une sentence. Siemens Énergie a annoncé la fermeture de son usine de production de turbines à gaz en 2024. Une décision prise sans concertation réelle, sans plan de transition crédible. Les employés ont appris la nouvelle en même temps que le grand public : par un communiqué, pas par un dialogue. À Trois-Rivières, où l’usine employait depuis des décennies, ça fait mal. Très mal.

Ghazal l’a dit sans détour : « C’est une trahison. Une trahison envers les travailleurs, envers la ville, envers tout le Québec. » Pas de discours lisse, pas de demi-mesures. Elle assume son propos. Et elle a raison de le faire. Parce que derrière ces licenciements, il y a des familles, des hypothèques, des projets qui s’effondrent. Siemens Énergie, c’est plus qu’une entreprise. C’est un pilier économique local. Et quand un pilier tombe, tout tremble.

Le gouvernement du Québec, complice ou spectateur ?

Le gouvernement Legault a promis des mesures d’accompagnement. Formation, reconversion, aide à la recherche d’emploi. Sur le papier, ça sonne bien. Dans la réalité, ça reste flou. Ghazal a pointé du doigt l’absence de détails concrets : « On nous parle de soutien, mais on ne voit rien. Où sont les chèques ? Où sont les programmes ? Les travailleurs ont besoin d’argent MAINTENANT, pas dans six mois. »

Et puis, il y a la question de la responsabilité de l’État. Siemens Énergie a bénéficié de subventions publiques pendant des années. Des millions de dollars ont été injectés dans cette usine. Aujourd’hui, l’entreprise ferme ses portes et laisse les travailleurs se débrouiller. « C’est du vol légalisé », lance Ghazal. Pas une métaphore. Une accusation directe. Parce que quand une entreprise publique ou quasi-publique reçoit de l’argent des contribuables, elle a des obligations. Pas seulement économiques, mais sociales.

Derrière les licenciements, une stratégie plus large

Siemens Énergie n’est pas une exception. C’est un symptôme. Les fermetures d’usines, les délocalisations, les restructurations : ça fait des années que ça dure. Le Québec misait sur les services, sur les technologies, sur l’innovation. Résultat ? Des villes comme Trois-Rivières paient le prix fort. « On nous a vendu le discours de la transition juste, mais où est la justice ? » questionne Ghazal. La réponse, elle la connaît déjà. Elle est dans les chiffres : selon l’Institut de la statistique du Québec, plus de 12 000 emplois industriels ont disparu depuis 2015. Douze mille. Des vies. Des familles. Des rues qui se vident.

Et puis, il y a la question des alternatives. Où iront ces travailleurs ? Quelles formations seront proposées ? À Trois-Rivières, le marché de l’emploi est déjà tendu. Les secteurs porteurs, logistique, santé, tech, ne recrutent pas assez vite pour absorber ces 300 personnes. « On nous parle de reconversion, mais reconversion vers quoi ? Vers des emplois précaires ? Vers des salaires de misère ? » Ghazal n’y va pas par quatre chemins.

Québec Solidaire, entre soutien et pression

Ghazal n’est pas là pour faire de la compassion. Elle est là pour exiger. Pour rappeler que les travailleurs ont des droits. Que l’État a des devoirs. Et que les promesses vides, ça ne nourrit pas les familles.

Son message est clair : « Le gouvernement doit agir MAINTENANT. Pas dans trois mois. Pas après les élections. MAINTENANT. » Elle propose un plan en trois points, sans fioritures :

  • Un fonds d’urgence pour les travailleurs licenciés, financé par les profits des entreprises qui bénéficient des subventions publiques.
  • Un moratoire sur les fermetures d’usines sans plan social solide.
  • Une enquête publique pour comprendre comment Siemens Énergie a pu obtenir des subventions tout en préparant cette fermeture.

Ce que Siemens Énergie ne dit pas

L’entreprise parle de « transition énergétique ». Un joli mot pour cacher une réalité moins reluisante : la fin d’une activité rentable. Les turbines à gaz, c’est du lourd. C’est du concret. Et Siemens Énergie préfère se désengager plutôt que d’investir dans la reconversion. « Ils préfèrent fermer plutôt que de se battre », résume Ghazal. Une stratégie qui profite aux actionnaires, mais qui laisse les travailleurs sur le bord de la route.

Trois-Rivières, ville fantôme ?

À Trois-Rivières, on sait déjà ce que ça signifie. Une usine de moins, c’est une ville qui s’étiole. Les commerces autour ferment à leur tour. Les jeunes partent. Les familles hésitent à s’installer. « On devient une ville-musee, un décor pour touristes », craint un syndicaliste local. Ghazal ne le contredit pas. Elle ajoute : « Le Québec a le choix. Soit on laisse les entreprises décider de notre avenir, soit on reprend le contrôle. »

La vraie question : qui paiera ?

Derrière les discours, il y a une question simple. Qui va payer pour ces licenciements ? Les travailleurs, avec leurs économies épuisées ? Les contribuables, avec des aides publiques qui ne suffiront pas ? Ou Siemens Énergie, avec une partie de ses profits, enfin taxés comme ils le devraient ?

Ghazal ne croit pas à un happy end. Mais elle croit à la lutte. Et vendredi, à Trois-Rivières, elle a envoyé un message clair : « On ne lâchera rien. »

La conclusion qui dérange

Siemens Énergie fermera ses portes. Les travailleurs seront accompagnés, peut-être. Mais le vrai problème, c’est que ça recommencera. Parce que personne ne veut vraiment régler la question. Personne ne veut affronter les vrais choix : celui de l’industrie, celui de l’emploi, celui de la justice sociale. Ghazal le sait. Et elle a raison de le dire : « Le Québec peut encore choisir un autre chemin. Mais il faut le vouloir. »

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R Galaxie Rédaction

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