. Résultat ? Les retours sont mitigés. Certains patients rapportent une stabilisation de leurs symptômes sur 6 à 12 mois. D’autres voient leur état se dégrader plus vite, sans que personne ne puisse expliquer pourquoi. Le problème ? Aucune étude contrôlée, aucun suivi systématique. Juste des médecins qui jouent aux apprentis sorciers, avec des médicaments conçus pour autre chose.
Et pendant ce temps, les géants du pharma regardent ailleurs. Novo Nordisk mise sur son prochain blockbuster, un autre agoniste des récepteurs GLP-1, encore plus cher. Novartis, lui, prépare une fusion avec un laboratoire spécialisé dans les maladies neurodégénératives… sans jamais mentionner le sémaglutide. Comme si le sujet était trop brûlant.
Le vrai enjeu : qui va payer ?
Voilà le cœur du problème. Même si le sémaglutide se révélait efficace contre l’Alzheimer, qui le financerait ?
- Les assurances maladie ? Jamais. Un traitement à 500 euros par mois pour une maladie incurable ? Les systèmes de santé publics vont dire non, comme ils l’ont fait pour l’Aduhelm, ce médicament contre Alzheimer rejeté en 2021 pour son manque d’efficacité prouvée.
- Les patients ? Ils n’ont pas les moyens. En France, une retraite moyenne est de 1 500 euros net par mois. À 500 euros le mois, c’est un choix : Alzheimer ou chauffage.
- Les labos ? Ils attendront que quelqu’un d’autre prenne le risque. Comme pour les vaccins contre le Covid, où les États ont dû sauver Pfizer et Moderna de la faillite avant qu’ils ne réalisent des milliards.
Alors on fait quoi ? On attend. On espère. Et on se dit que, peut-être, un jour, quelqu’un aura le courage de dire : « Bon, on y va, même si c’est risqué. » Mais en attendant, les patients Alzheimer continuent de décliner. Et les labos, eux, continuent de compter leurs billets.
La question qu’on ne pose pas
Pourquoi personne ne parle de réutiliser des médicaments existants pour l’Alzheimer ?
- La metformine, un antidiabétique générique, montre des effets prometteurs sur la longévité cérébrale. Mais personne n’en fait un médicament star.
- Le lithium, utilisé depuis des décennies contre la bipolarité, réduit aussi les risques de démence. Pourtant, son usage est limité à des niches thérapeutiques.
- Et le sémaglutide ? Un médicament déjà testé, déjà sur le marché, déjà efficace sur un autre terrain.
Le vrai scandale, ce n’est pas que le sémaglutide pourrait marcher. C’est que personne ne veut prendre le risque de le prouver. Parce que dans ce système, l’incertitude se paie en vies humaines.
Et vous, vous attendez quoi ? Que les labos aient pitié ? Que les États financent des essais cliniques par altruisme ? Non. La prochaine avancée contre l’Alzheimer viendra soit d’un laboratoire qui aura tout à gagner à mentir sur son efficacité, soit d’un médecin qui prescrira hors AMM en espérant ne pas se faire poursuivre. Pas d’un système qui récompense la prudence plus que l’innovation.