La Chine perd son premier client dans les paiements blockchain

L'Arabie saoudite quitte mBridge, la plateforme chinoise de paiements transfrontaliers, après avoir testé son propre système. Un abandon qui révèle les failles d’un projet trop ambitieux et les calculs géopolitiques de Ryad. Pourquoi ce retrait change la donne pour Pékin et les banques centrales.

Publié le 22 septembre 2026 à 18:13
La Chine perd son premier client dans les paiements blockchain

L’Arabie saoudite tourne le dos à la Chine, et personne ne s’en réjouit vraiment en Asie centrale

En mai 2025, l’Arabie saoudite a officiellement fermé la porte à mBridge, le système de paiements transfrontaliers piloté par la Banque populaire de Chine (BPC) et quatre autres banques centrales (Hong Kong, Thaïlande, Émirats arabes unis, Pakistan). Officiellement, Ryad justifie ce retrait par la finalisation de son propre projet, le Monetary and National Bank of China (MNBC), un système de paiement instantané lancé en 2023 et testé depuis deux ans. Mais derrière ce communiqué lisse, il y a autre chose : une désillusion, peut-être même une déception.

mBridge, c’était censé être le futur. Lancé en 2021, ce projet blockchain devait révolutionner les transferts internationaux en contournant le dollar et les systèmes traditionnels comme SWIFT. La Chine y voyait une arme géopolitique : un moyen de s’affranchir des sanctions américaines et de renforcer son influence sur les économies émergentes. Sauf que les résultats ont été maigres. Selon une étude de la Banque des règlements internationaux (BRI), publiée en mars 2025, seulement 1,2 milliard de dollars ont transité par mBridge en deux ans. Un chiffre dérisoire comparé aux 5 000 milliards de dollars échangés quotidiennement via SWIFT. Même les pays partenaires (comme les Émirats) n’ont jamais vraiment cru au projet. Ils y ont participé par opportunisme, par peur de froisser Pékin, ou par intérêt économique à court terme.

Et puis il y a eu l’Arabie saoudite. Le royaume a testé mBridge avec enthousiasme en 2023, avant de se raviser. Pourquoi ? Plusieurs raisons, mais une surtout : la méfiance envers la blockchain publique chinoise. Ryad a préféré développer son propre système, MNBC, qui repose sur une technologie hybride (blockchain privée + infrastructure nationale). Moins ambitieux, moins risqué. Et surtout, contrôlable.

La Chine perd son premier client, et ça fait mal

Pour Pékin, ce retrait est un camouflet. mBridge était censé être un succès d’export, un outil pour promouvoir le yuan et affaiblir le dollar. Sauf que personne ne mord vraiment à l’hameçon. Même les alliés historiques de la Chine, comme la Russie, ont préféré développer leurs propres systèmes (le SPFS, qui fonctionne… mais à peine). Quant aux pays africains ou latino-américains, ils regardent les projets chinois avec un mélange de fascination et de scepticisme. Ils veulent la technologie, mais pas les risques politiques.

La Banque populaire de Chine a tenté de minimiser l’impact. Dans un communiqué publié en juin 2025, elle a assuré que **

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R Galaxie Rédaction

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