Samsung réduit son pliable à 1319 euros, mais à quel prix ?

Le Galaxy Z Fold 8 passe sous la barre des 1400 euros, une baisse qui sonne comme une capitulation. Mais derrière ce prix, Samsung joue une partie plus large, où la concurrence et les stocks brûlés dictent la loi. Analyse d’une stratégie qui sent le désespoir… ou le génie.

Publié le 20 septembre 2026 à 06:08
Samsung réduit son pliable à 1319 euros, mais à quel prix ?

Pourquoi Samsung brade son bébé ?

Pas de discours lisse ici. Pas de « nouvelle ère du pliable ». Juste des chiffres et une réalité : Samsung a merdé. Pas sur la technique, le Fold 8 reste un très bon écran, une bonne autonomie, un bon processeur. Mais sur le prix. Et sur le timing.

Le problème, c’est que personne ne voulait de ce téléphone à 1730 euros. Pas les early adopters, déjà lassés par les bugs des premiers pliables. Pas les pros, trop occupés à regarder leurs iPhone. Pas le grand public, qui se demande encore à quoi sert un écran qui se plie. Résultat : les stocks s’accumulent. Et Samsung, plutôt que de faire comme Huawei avec ses pliables abandonnés en Europe, préfère jouer la carte du prix cassé.

411 euros de moins en six mois. C’est le coût d’un iPhone 14 Pro. Ou d’un voyage à Barcelone pour deux. Samsung mise tout sur l’effet « promotion irrésistible ». Sauf que les promotions, ça marche seulement si les gens en ont besoin. Et là, le besoin n’est pas là.

La guerre des pliables, ou comment Samsung se fait doubler

Derrière cette baisse de prix, il y a une guerre. Une guerre que Samsung a perdue avant même d’y entrer.

D’un côté, il y a le Galaxy Z Flip 5, le petit frère pliable du Fold 8, vendu à 1500 euros. Un téléphone qui, lui, cartonne. Pourquoi ? Parce qu’il ressemble à un iPhone. Parce qu’il se plie comme un livre, pas comme un origami compliqué. Parce qu’il coûte 200 euros de moins et fait à peu près la même chose.

De l’autre côté, il y a Huawei, qui a sorti son Mate X4 à 1599 euros, soit 130 euros de moins que le Fold 8 avant la baisse. Et qui, surtout, a compris que le marché des pliables n’est pas celui des early adopters, mais celui des gens qui veulent un grand écran sans payer le prix d’un iPhone.

Et puis il y a Google, qui n’a même pas besoin de faire un pliable. Son Pixel 8 Pro fait presque tout aussi bien, pour 1000 euros. Moins cher. Plus simple. Et sans risque de casser l’écran en le pliant.

Samsung, lui, a misé sur le format « passeport ». Un écran géant, mais compact. Une idée géniale sur le papier. Une catastrophe sur le marché.

Le vrai problème : personne ne sait ce qu’il veut

Voilà le drame. Les constructeurs courent après une innovation qui n’intéresse personne. Ou presque.

Selon une étude de Counterpoint Research (juin 2024), seulement 3 % des acheteurs de smartphones en Europe sont prêts à payer plus de 1500 euros pour un pliable. Trois pour cent. Trois misérables pour cent. Le reste préfère attendre, ou acheter autre chose.

Pourtant, Samsung continue à investir. Pourquoi ? Parce que la Chine achète. Parce que les entreprises achètent pour leurs cadres. Parce que l’image compte : être le leader des pliables, même à perte, c’est mieux que de laisser le champ libre à Huawei ou à un nouveau venu.

Mais le grand public ? Il s’en fout. Il veut un téléphone qui marche. Pas un prototype à 1300 euros.

Ce que cette baisse de prix révèle sur l’avenir des pliables

Samsung a deux options. Soit il continue à baisser les prix, jusqu’à ce que le Fold 8 devienne un produit d’entrée de gamme, comme le Flip 5. Soit il arrête de produire, et laisse le marché aux autres.

Première option : le prix tombe à 1000 euros. Le Fold 8 devient un téléphone correct, mais plus un produit premium. Samsung perd en marge, mais garde une part de marché.

Deuxième option : Samsung abandonne. Comme avec les écrans OLED flexibles il y a cinq ans. Comme avec les téléphones à clapet en 2019. Le pliable devient un segment de niche, réservé aux early adopters et aux entreprises.

Ce qui est sûr, c’est que le pliable n’est pas l’avenir. C’est un gadget. Un gadget cher. Un gadget qui ne convainc pas.

Et Samsung le sait. D’où cette baisse de prix. Pas par altruisme. Pas par générosité. Mais parce qu’il n’a plus le choix.

Le piège des stocks invendables

Derrière les chiffres, il y a une réalité crue : Samsung a produit trop de Fold 8. Trop tôt. Trop cher.

En 2023, Samsung a écoulé seulement 5 millions de pliables dans le monde. Cinq millions. Sur une production estimée à 12 millions d’unités (source : Nikkei Asia). Le reste traîne dans les entrepôts, attend la promo, ou finit en destruction programmée.

Cette baisse de prix, c’est une façon de vider les stocks. Pas une stratégie à long terme. Samsung joue la montre. Il espère que les gens vont se dire : « Bon, ok, 1300 euros, c’est le prix. Je prends. »

Sauf que non. Parce que l’iPhone 15 Pro Max coûte 1500 euros, et il fait presque tout aussi bien. Sauf plier. Et ça, pour beaucoup, c’est un détail.

La vraie question : et après ?

Si le Fold 8 à 1300 euros ne décolle pas, Samsung va-t-il continuer à perdre de l’argent sur les pliables ? Ou va-t-il se replier sur le Flip, bien plus rentable ?

Une chose est sûre : le pliable n’est pas mort. Mais il n’est pas non plus l’avenir. C’est un segment de marché. Un segment où Samsung domine, mais où personne ne veut vraiment jouer.

Reste à savoir si la Corée du Sud va continuer à brûler des millions dans une technologie qui ne convainc pas. Ou si, cette fois, elle va enfin écouter le marché.

Parce que 1300 euros, ce n’est pas un prix. C’est un aveu.

Un aveu d’échec. Ou le début d’une nouvelle stratégie. Les deux sont possibles. Mais une chose est certaine : le pliable, Samsung va devoir le vendre. Même à perte.

Et ça, ce n’est pas une bonne nouvelle pour personne.

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R Galaxie Rédaction

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