Le jour où Samsung a tué ses pliables sans le dire
Un mail envoyé aux revendeurs en début d’année, un communiqué technique sec, et hop : les Galaxy Z Fold 3 et Flip 3 sont devenus des gadgets sans avenir. Officiellement, Samsung explique que les mises à jour logicielles pour ces modèles s’arrêteront plus tôt que prévu. En réalité, la marque sud-coréenne vient d’enterrer une technologie qu’elle n’a jamais vraiment crue.
Pourquoi ? Parce que les Z Fold 3 et Flip 3, encore disponibles à des prix défiant toute logique (à partir de 500 euros pour le Flip 3, soit 40% moins cher que le Flip 4), ne recevront plus de mises à jour majeures après Android 14. Le Fold 3, lui, est déjà gelé depuis des mois. Samsung mise sur l’oubli : si vous achetez un pliable aujourd’hui, c’est pour deux ans max d’utilisation utile. Après ? Vous serez coincé avec un téléphone qui ressemble à un prototype de 2021.
Et le pire ? Les Z Fold 4 et Flip 4, sortis il y a à peine six mois, ne feront pas mieux. Trois ans de mises à jour, contre quatre auparavant. Samsung réduit la durée de vie de ses appareils pliables, comme si la technologie était trop risquée pour justifier un engagement long terme.
La stratégie du délaissement organisé
Samsung joue un jeu dangereux : vendre du neuf pour enterrer l’ancien, sans jamais assumer clairement son choix. Les Z Fold 3 et Flip 3 sont encore proposés en promo, parfois avec des réductions agressives. Résultat ? Les clients achètent en pensant faire une bonne affaire, alors qu’ils signent un contrat avec un téléphone déjà mort.
Prenez l’exemple du Z Flip 3 : lancé en août 2021, il coûtait 900 euros à sa sortie. Aujourd’hui, on le trouve à 550 euros dans certains revendeurs. Samsung le maintient en stock comme un vieux stock invendable, tout en poussant les Z Flip 4 à 1 000 euros et plus. C’est du greenwashing inversé : on vous fait croire que vous faites un geste écologique en prenant l’ancien modèle, alors que vous achetez un produit déjà obsolète.
Et les Z Fold 4 ? Leur prix de lancement était déjà élevé (1 800 euros pour la version standard), mais Samsung les positionne comme des produits premium éphémères. Trois ans de mises à jour, c’est la durée de vie moyenne d’un iPhone. Pour un appareil qui coûte deux fois plus cher, c’est une insulte.
Pourquoi Samsung fait ça ? La réponse est dans les chiffres
D’après une étude de Counterpoint Research (juin 2024), les ventes de smartphones pliables n’ont représenté que 1,2% du marché mondial en 2023. Un chiffre dérisoire. Samsung, qui domine ce segment à plus de 70%, sait une chose : personne ne veut vraiment payer le prix fort pour un pliable.
Le Z Fold 4 se vend mal. Très mal. Les revendeurs se plaignent de stocks qui traînent, et les analystes parlent d’un échec commercial relatif. Pourtant, Samsung continue de miser sur cette technologie, mais en mode low-cost : moins de mises à jour, des prix élevés, et une communication floue sur la durée de vie réelle des appareils.
Le vrai problème ? Les pliables ne sont pas assez matures. Les écrans se dégrèdent, les charnières lâchent, et les logiciels peinent à s’adapter. Samsung le sait. Alors au lieu d’investir dans une vraie amélioration, la marque préfère abandonner ses anciens modèles et ralentir l’évolution des nouveaux. C’est une façon de dire : « On ne croit pas vraiment en ça, mais on va continuer à vous faire payer cher pour des prototypes. »
Ce que ça signifie pour vous, client
Si vous avez acheté un Z Fold 3 ou Flip 3 avant 2023, vous êtes déjà dans la merde. Android 14 sera probablement leur dernière mise à jour majeure. Après ? Plus de correctifs de sécurité, plus de nouvelles fonctionnalités, juste un téléphone qui vieillit deux fois plus vite qu’un smartphone classique.
Si vous hésitez encore à sauter le pas, sachez une chose : les pliables de Samsung ne sont pas des investissements. Ce sont des objets de collection high-tech qui perdent leur valeur à une vitesse folle. Un Z Fold 4 acheté aujourd’hui vaudra la moitié de son prix dans deux ans. Et dans quatre ans ? Rien. Personne ne voudra de votre écran pliable usagé.
Le pire ? Samsung ne vous préviendra pas. Pas de mail, pas d’avertissement. Juste un silence radio, suivi d’un « Désolé, plus de support ». C’est comme acheter une voiture d’occasion sans garantie : vous savez d’avance que vous allez payer les réparations.
La vraie raison : Samsung a peur de ses propres échecs
Derrière cette stratégie se cache une vérité simple : Samsung n’a jamais su vendre les pliables. Le Z Fold 2 était un produit de niche, le Fold 3 une tentative désespérée de relancer l’intérêt, et le Fold 4 ? Un coup d’épée dans l’eau.
La marque sud-coréenne mise sur deux choses :
- Le prix psychologique : faire croire que les pliables sont encore « abordables » en maintenant les anciens modèles en stock à bas prix.
- L’effet de rareté : limiter les mises à jour pour pousser les clients à acheter tout de suite, avant que l’appareil ne devienne vraiment obsolète.
Mais le vrai calcul, c’est celui-ci : Samsung veut éviter un nouveau « Galaxy Note 7 ». Après le fiasco des batteries explosives en 2016, la marque a peur de se retrouver avec des millions de pliables défectueux sur les bras. Alors elle préfère contrôler la durée de vie des appareils, plutôt que de risquer un nouveau scandale.
Alors, faut-il encore acheter un pliable Samsung ?
Non. Sauf si vous êtes un early adopter prêt à payer 1 800 euros pour un prototype, ou un influenceur qui a besoin d’un gadget pour ses stories.
Pour les autres, les pliables Samsung ne sont pas une bonne affaire. Ils coûtent trop cher, ils vieillissent trop vite, et Samsung ne vous donnera pas ce qu’elle promet.
Si vous voulez un écran pliable, attendez. Vraiment attendez. Dans deux ans, peut-être qu’une autre marque (Huawei ? Motorola ?) proposera un vrai produit mature, avec des mises à jour sur cinq ans et un prix raisonnable. En attendant, les Z Fold et Flip de Samsung sont des pièges à argent, habillés en innovation.
La dernière ironie : Samsung enterre ses pliables alors que la Chine les adore
Pendant que Samsung réduit ses ambitions, la Chine, elle, explose. Des marques comme Oppo, Huawei et Transsion (avec ses marques Tecno et Infinix) misent fort sur les pliables. Le Huawei Mate X3, sorti en 2023, est déjà considéré comme un succès commercial, avec des ventes bien supérieures à celles des Galaxy Fold.
Pourquoi ? Parce que ces marques ne jouent pas les timorés. Elles proposent des prix plus bas, des designs plus robustes, et des mises à jour plus longues. Samsung, elle, reste coincée dans son complexe du « premium à tout prix », même quand ça signifie enterrer ses propres produits.
Conclusion : Samsung a déjà perdu la bataille des pliables
Les Z Fold 3 et Flip 3 sont morts. Les Z Fold 4 et Flip 4 ne sont pas des victoires, mais des reculs stratégiques. Samsung ne croit plus en ses pliables, mais elle continue à les vendre parce qu’elle n’a pas le choix.
Le vrai gagnant de cette histoire ? Ceux qui attendront. Parce que dans deux ans, quand Samsung aura enfin abandonné les pliables pour de bon, une autre marque aura pris le relais. Et cette fois, ce sera un vrai produit. Pas un gadget à 1 800 euros bon pour trois ans.