La santé publique abandonne Salaberry-de-Valleyfield à son sort

Une personne contaminée a sillonné les lieux publics entre le 17 et le 20 septembre. Personne ne sait combien de personnes ont été exposées. La ville, déjà fragilisée, paie le prix de l’indifférence.

Publié le 26 septembre 2026 à 14:08
La santé publique abandonne Salaberry-de-Valleyfield à son sort

Le 19 septembre, un individu porteur de la rougeole a marché dans les rues de Salaberry-de-Valleyfield. Pas en cachette. Pas par accident. Juste comme ça. Entre le 17 et le 20, il a fréquenté des commerces, des transports en commun, peut-être des écoles. Personne ne sait exactement où. Personne ne sait non plus combien de personnes ont été exposées à ce virus hautement contagieux, capable de se propager à 90 % des non-vaccinés dans un rayon de deux mètres. Et ça, c’est le vrai problème.

La rougeole n’est pas une grippe, mais on en parle comme si c’était le cas

La rougeole, c’est une maladie qui tue. Pas souvent au Québec, mais ça arrive. En 2019, avant la pandémie, on comptait encore des cas graves, des hospitalisations, des complications neurologiques. Pourtant, aujourd’hui, on en parle comme d’une simple alerte sanitaire de plus. Comme si c’était une formalité. Comme si, après deux ans de COVID, on avait développé une immunité collective contre l’angoisse.

Sauf que non.

Le virus de la rougeole, lui, n’a pas changé. Il voyage toujours par les gouttelettes, il infecte toujours les poumons, il attaque toujours le système immunitaire comme un tank. Et cette fois, il a choisi Salaberry-de-Valleyfield. Une ville de 45 000 habitants, déjà en difficulté : taux de vaccination en baisse, quartiers défavorisés où les centres de vaccination ferment les uns après les autres, méfiance envers les autorités de santé publique qui, elles, ne ferment jamais la bouche.

Le silence des autorités : un crime d’omission ?

Où était la Direction de la santé publique (DSP) du Val-Saint-François quand ce cas a été détecté ? Pourquoi aucune alerte massive n’a-t-elle été lancée dans les 48 heures ? Pourquoi faut-il attendre que La Presse ou Le Journal de Montréal soulèvent le problème pour que les gens se réveillent ?

La DSP du Bas-Saint-Laurent, elle, a réagi. Elle a identifié les lieux fréquentés par le cas, elle a contacté les personnes vulnérables, elle a rappelé l’importance de la vaccination. Pas de panique, pas de cris dans le désert, mais une communication claire, rapide, efficace. Pourquoi pas la même chose à Salaberry ?

On nous dit que la DSP de la Montérégie-Centre a « pris les mesures nécessaires ». Traduction : on a envoyé un courriel aux cliniques, on a mis à jour le site web, et on a prié pour que les gens lisent. Ça, c’est de la négligence.

Les trous dans le filet : quand la prévention devient une option

Salaberry-de-Valleyfield, c’est une ville où le taux de vaccination contre la rougeole était déjà en dessous des 95 % recommandés par l’OMS avant cette alerte. 95 %. Pas 90. Pas 85. 95. Parce que la rougeole ne se combat pas à moitié. Un seul non-vacciné dans une école, un seul voyageur non protégé dans un avion, et le virus se réveille.

Alors oui, on peut se dire : « Bon, une personne exposée, ça arrive. » Non. Ça n’arrive pas. Ça se prépare. Ça s’évite. Et là, on est en train de regarder le train passer, les bras croisés.

Qui a vérifié les dossiers des employés des garderies, des hôpitaux, des transports en commun ? Personne. Qui a contacté les patients en attente dans les CLSC ? Personne. Qui a pensé aux enfants non vaccinés parce que leurs parents croient encore aux théories du complot ? Personne.

Le vrai coût de l’indifférence : des vies en jeu

En 2017, une épidémie de rougeole a frappé l’Ontario. Résultat : 758 cas, 6 hospitalisations, 1 mort. Une mort. Une seule. Ici, on en est peut-être déjà à des dizaines d’expositions, et personne ne sait.

Pourquoi ? Parce que la santé publique, au Québec, c’est comme un service client : on vous répond quand vous insistez, mais on ne vous appelle jamais. Et cette fois, l’appel d’urgence, c’est la rougeole qui l’a passé.

Ce qu’il faut faire maintenant (et ce qu’on ne fait pas)

  1. Arrêter les demi-mesures. Si un cas est confirmé, tout le monde doit être averti dans les 24 heures. Pas en petit, pas en sourdine. À la télé, à la radio, dans les journaux, sur les panneaux d’autoroute.

  2. Vérifier les lieux de contamination. Pas juste les cafés branchés, mais les épiceries du quartier Hochelaga, les transports en commun bondés, les écoles primaires où les enfants jouent serrés les uns contre les autres. La rougeole ne fait pas de distinction de classe sociale.

  3. Arrêter de demander gentiment aux gens de se vacciner. Exiger. Comme on exige un casque à vélo. Comme on exige un permis de conduire. La vaccination n’est pas une suggestion, c’est une obligation collective.

  4. Tenir les responsables pour compte. Qui a signé l’ordre de ne pas alerter assez vite ? Qui a décidé que Salaberry-de-Valleyfield n’était pas une priorité ? Leur silence, c’est une complicité.

La rougeole revient parce qu’on a baissé la garde

On a cru que le COVID nous avait rendu plus vigilants. On s’est trompé. On a cru que les épidémies, c’était fini. On s’est trompé.

La rougeole, c’est le miroir de nos faiblesses : méfiance envers les institutions, désinformation, relâchement. Et maintenant, elle est là.

Salaberry-de-Valleyfield, c’est juste le début. Le prochain cas, ce sera peut-être chez vous.

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R Galaxie Rédaction

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