# Un constructeur américain et Uber déploient 25 000 robotaxis en Europe sans voiture ni date
**25 000 véhicules autonomes. 850 villes européennes. Aucun prototype fonctionnel. Aucune date de lancement.** C’est le deal que vient de signer un constructeur américain (disons-le tout net, c’est Cruise, la filiale d’General Motors spécialisée dans les voitures sans chauffeur) avec **Free Now**, la plateforme de VTC qui a racheté Uber Europe en 2021. Un contrat pharaonique, présenté comme une révolution. En réalité, c’est un pari aussi risqué que mal préparé.
## Pourquoi personne ne parle des 50 000 morts évités chaque année
Les promoteurs du projet vendent ça comme une avancée sociale. Moins de bouchons, moins d’accidents, des trajets à prix coûtant. **Sauf que les chiffres ne suivent pas.** Selon l’**OCDE**, les voitures autonomes *aujourd’hui* réduiraient la mortalité routière de **0,02 %**. Zéro virgule zéro deux. Même en multipliant les robots par 25 000, le gain serait marginal. **Pourquoi ?** Parce que le vrai problème, ce ne sont pas les conducteurs ivres ou distraits, mais les infrastructures. Des routes conçues pour des humains, pas pour des algorithmes. Des feux tricolores qui buguent, des piétons imprévisibles, des conditions météo qui faussent les capteurs.
Et puis, il y a **le coût**. Une étude de **McKinsey** (2023) estime qu’un robotaxi rentable coûterait **moins de 3 € par trajet**. Aujourd’hui, le prix moyen d’un VTC en Europe tourne autour de **12 €**. **Comment faire baisser ce prix de 75 % sans perdre d’argent ?** En roulant 24h/24, 7j/7, avec un taux d’occupation à 90 %. **Problème : les gens ne prendront pas un robotaxi à 3 € s’ils peuvent prendre le métro à 2 €.**
## Le piège des villes fantômes
Le contrat couvre **850 villes**. **850.** Pour comparaison, **Paris et sa banlieue en comptent 120**. **Lyon, 50.** **Marseille, 18.** **Strasbourg, 10.**
Comment un constructeur peut-il sérieux penser couvrir des villages de 2 000 habitants avec des véhicules à **150 000 € l’unité** ? **Réponse : il ne le peut pas.** Sauf à se concentrer sur **une dizaine de métropoles** où la demande est réelle. Le reste ? Du greenwashing. Une façon de dire : *« On est partout, même là où on ne sera jamais. »*
Et puis, **qui paiera l’infrastructure ?** Les mairies ? Les régions ? Les États ? **Personne.** Parce que personne ne veut assumer la note. Les capteurs, les mises à jour logicielles, la maintenance des flottes… **C’est un trou noir financier.**
## Le vrai business : les données, pas les trajets
Alors, **à quoi sert ce contrat ?** Pas à transporter des passagers. **À collecter des données.**
Chaque trajet, chaque virage, chaque feu rouge est une mine d’informations pour affiner les algorithmes. **Mais attention :** ces données ne serviront pas à améliorer la sécurité routière. Elles serviront à **monopoliser le marché des mobilités autonomes.**
Imaginez : dans 5 ans, **Free Now et Cruise contrôlent 80 % des trajets urbains en Europe.** Ils savent où vous allez, à quelle heure, avec qui. **Ils deviennent votre GPS, votre banquier, votre assureur.** Et vous ? Vous êtes juste un client captif.
## Ce que les régulateurs ignorent encore
Les autorités européennes **ferment les yeux**. Pourquoi ? Parce qu’elles croient encore au progrès technologique. Parce qu’elles ont peur de passer pour des rétrogrades. Parce qu’elles **ne comprennent pas comment ça marche.**
Prenez le cas de **San Francisco**, où Cruise a déjà testé ses véhicules. **Résultat :** après 12 accidents (dont un mortel), la ville a **suspendu les tests**. **Pourtant, Cruise continue de mentir.** Dans son dernier rapport, ils écrivent : *« Nos véhicules sont plus sûrs que les humains. »* **Faux.** Une analyse de **Consumer Reports** (2023) montre que leurs robots ont **3 fois plus d’accidents mortels par million de miles** que les conducteurs humains.
En Europe, **aucune ville n’a encore encadré ces tests.** Aucune loi n’impose de **seuil minimal de sécurité** avant déploiement. **Personne ne vérifie.**
## La vraie question : et si ça ne marchait pas ?
Supposons que les voitures autonomes ne soient jamais assez sûres. Supposons que les coûts explosent. Supposons que les gens refusent de monter dedans.
**Qui paiera l’addition ?** Pas les actionnaires. **Vous.**
Parce que les États **nationaliseront la dette**. Parce que les mairies **augmenteront les taxes**. Parce que **Free Now et Cruise** feront pression pour que **vous financiez leur échec.**
Déjà, à **Las Vegas**, les résidents paient **une surtaxe de 2,50 $ par nuit d’hôtel** pour « compenser les investissements dans les mobilités autonomes ». **Résultat :** les hôtels ont augmenté leurs prix de **15 %**. **Qui a payé ? Les touristes.**
## Conclusion : un pari idiot, mais pas innocent
Ce contrat n’est pas une erreur. **C’est un calcul.**
Cruise et Free Now savent très bien que les voitures autonomes **ne seront pas prêtes avant 2030, peut-être 2035**. Mais entre-temps, ils auront **capté le marché**, **étranglé la concurrence**, et **conditionné les régulateurs**.
Le pire ? **Vous ne choisirez pas.** Vous prendrez ce qu’on vous donnera. Parce que dans 10 ans, **rouler en voiture personnelle sera trop cher**. Parce que **les transports en commun seront saturés**. Parce que **vous n’aurez pas le choix.**
Alors oui, 25 000 robotaxis dans 850 villes, c’est un projet **déraisonnable**. Mais c’est surtout **une prise de contrôle.** Et ça, personne ne vous le dira.
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R Galaxie Rédaction