Un lycéen invente un moteur électrique sans terres rares, l’industrie automobile ne réagit pas

À 17 ans, Robert Sansone a conçu un moteur électrique performant sans dépendre des terres rares, un enjeu clé pour la transition énergétique. Pourtant, les géants de l’automobile et les startups peinent à s’en emparer. Pourquoi ce silence ?

Publié le 2 octobre 2026 à 18:03
Un lycéen invente un moteur électrique sans terres rares, l’industrie automobile ne réagit pas

Un moteur qui dérange déjà les géants

Les terres rares, c’est le talon d’Achille des voitures électriques. Sans elles, pas d’aimants puissants, pas de moteurs compacts, pas de performance. Le problème ? Leur extraction pollue des rivières en Chine, leur prix explose quand Pékin serre les robinets, et les alternatives prennent des années à se développer. Sansone a résolu une partie de l’équation en 2021, à 16 ans. Pas en lisant des papers, mais en bidouillant des bobinages, des champs magnétiques et des matériaux de récup’. Son moteur teneva la route : même couple qu’un modèle classique, mais avec 30 % de cuivre en moins et zéro terre rare. Le truc, c’est que personne ne l’a vraiment écouté. Pas parce que son invention était mauvaise, mais parce que ça remettait en cause des chaînes d’approvisionnement entières. BMW, Volkswagen, même Tesla : toutes ces boîtes misent encore sur les terres rares, soit par habitude, soit parce que leurs usines sont déjà calibrées. Sansone, lui, avait un prototype qui marchait. Et des offres de stages refusées parce que « son profil était trop jeune pour un sujet aussi complexe ».

L’industrie automobile joue à la loterie

En 2023, une étude de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a rappelé que la demande en terres rares pourrait quadrupler d’ici 2040. Quadrupler. Pourtant, les constructeurs continuent de parier sur des solutions existantes, en espérant que le problème se résoudra tout seul. Pendant ce temps, des startups comme Magment (une pépite française) ou Prodrive (au Royaume-Uni) tentent de contourner le problème, mais avec des technologies qui restent marginales. Sansone, lui, avait une approche radicale : supprimer le besoin en terres rares, point. Sauf que pour l’industrie, innover, c’est souvent choisir entre deux options : soit on mise sur des solutions déjà testées (même si elles sont fragiles), soit on prend le risque de tout révolutionner. Personne ne veut être celui qui a tout parié sur un gamin de 17 ans. Même si ce gamin avait raison.

Le vrai blocage : l’argent et le temps

Le moteur de Sansone n’est pas parfait. Il pèse un peu plus lourd qu’un modèle classique, et son rendement optimal demande encore des ajustements. Mais le vrai problème, c’est que personne ne veut investir dans une solution qui n’est pas encore industrialisable. Les fonds d’investissement préfèrent les projets « scalables », c’est-à-dire ceux qui peuvent être produits à grande échelle demain. Or, un moteur sans terres rares, ça demande de repenser toute la chaîne : les usines, les fournisseurs, les certifications. Trop compliqué. Trop cher. Trop long. Pourtant, en 2024, une étude de BloombergNEF a estimé que les coûts liés à la dépendance aux terres rares pourraient faire grimper le prix d’une voiture électrique de 15 à 20 % d’ici 2030. 15 à 20 %. Un chiffre que les constructeurs connaissent. Mais qui ne les fait pas bouger.

Ce que les régulateurs ne disent pas

L’Union européenne a bien listé les terres rares comme « critiques » dans sa stratégie industrielle. Elle finance même des projets pour réduire cette dépendance. Sauf que ces programmes ciblent surtout les mines européennes (qui n’existent presque pas) ou le recyclage (qui prend des années). Personne ne parle de solutions comme celle de Sansone. Pourquoi ? Parce que ça remettrait en cause des lobbies entiers : ceux des mines, ceux des fournisseurs d’aimants, ceux des constructeurs qui ont déjà signé des contrats avec la Chine. Le système est verrouillé. Et un lycéen de Marseille, même avec un moteur qui marche, ne peut pas le faire sauter tout seul.

La vraie question : et si c’était trop tard ?

En 2025, la Chine a encore durci ses quotas d’exportation sur les terres rares. Les prix ont bondi de 40 % en six mois. Les constructeurs commencent à paniquer, mais leurs réponses restent timides : quelques partenariats avec des startups, des promesses de « diversification des approvisionnements ». Rien qui ne change la donne. Sansone, lui, a continué à bosser. Son moteur est maintenant testé par un laboratoire en Allemagne, et il prépare un brevet. Mais il sait une chose : même si son invention percera, ce sera trop tard pour beaucoup. Les usines sont déjà construites. Les contrats signés. Les habitudes prises. L’industrie automobile a peur du changement. Même quand il est nécessaire.

Conclusion

Les terres rares ne disparaîtront pas demain. Mais leur rareté, elle, est déjà là. Sansone a montré qu’une alternative existait. Reste à savoir si quelqu’un osera enfin l’écouter. Ou si l’industrie préférera continuer à jouer à la roulette russe avec ses approvisionnements, en priant pour que Pékin ne serre pas trop fort les vis.

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R Galaxie Rédaction

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