Le PER, ce leurre qui vous fait croire que vous êtes malin
Vous avez entendu parler du PER ? Bien sûr. Tout le monde en parle comme de la solution ultime, comme si c’était le Graal des retraites. Sauf que non. Le PER, c’est l’histoire d’un produit vendu comme une assurance contre l’avenir, alors qu’il dépend directement des marchés. En 2022, quand les Bourse ont dégringolé de 20 %, vos économies dans un PER en fonds euros ont baissé aussi. Oui, même celles que vous pensiez à l’abri.
Philippe Crevel, économiste qui a passé sa vie à décortiquer ces trucs, le dit sans détour : « Le PER, c’est comme acheter une maison avec un prêt variable. Vous croyez maîtriser les risques, mais en réalité, vous dépendez d’un système que vous ne contrôlez pas. »
Et puis, il y a la fiscalité. Vous cotisez aujourd’hui pour réduire vos impôts, mais à la retraite, vous payez l’impôt sur le revenu sur le capital. Autrement dit, vous avez reporté le problème, vous ne l’avez pas résolu. Si les taux montent, si les marchés s’effondrent, ou si l’État change les règles (ce qu’il fait régulièrement), votre épargne peut partir en fumée.
Le piège ? Vous pensez avoir une sécurité, alors que vous avez juste délégué votre risque à des gens qui ne vous doivent rien.
L’assurance-vie, l’arme à double tranchant
L’assurance-vie, c’est le produit préféré des Français. Surtout en fonds euros, parce que ça rassure : « 2 % par an, c’est sûr. » Sauf que non.
D’abord, 2 % net de frais, après que votre assureur ait prélevé sa commission. Ensuite, ces 2 % ? Ils ne battent même pas l’inflation. En 2023, l’inflation a été à 5,2 %. Donc en réalité, votre argent perd 3,2 % de sa valeur par an.
« Les gens achètent des fonds euros comme des vieux achètent des obligations d’État : parce qu’ils ont peur, pas parce que c’est rentable », lance Crevel. Et il a raison. Le fonds euros, c’est le placement pour ceux qui veulent ne pas perdre, pas pour ceux qui veulent gagner.
Si vous voulez vraiment faire grossir votre épargne retraite, il faut accepter de prendre des risques. Pas ceux des cryptos ou des startups qui promettent la lune, mais ceux des ETF monde. Un ETF comme le CW8 (MSCI World) a rapporté 8 % par an en moyenne sur 10 ans. Oui, avec des baisses. Oui, c’est volatile. Mais c’est aussi la seule façon de battre l’inflation sur le long terme.
Sauf que… la plupart des assurances-vie ne vous laissent pas y accéder facilement. Elles vous poussent vers des fonds en unités de compte trop chers, ou vers des supports qui limitent vos choix. Résultat ? Vous payez des frais cachés, vous vous faites avoir sur les performances, et à la fin, vous avez l’impression d’avoir tout essayé… sans rien gagner.
Le vrai problème : vous ne savez pas où vous mettez votre argent
Voilà le truc. Vous ouvrez un PER, une assurance-vie, un compte à terme… mais vous ne choisissez jamais vraiment. Les banques et les assureurs vous proposent des « solutions clés en main ». Vous signez, vous cotisez, et vous croyez que c’est bon.
Sauf que ces « solutions », c’est souvent du vent. Des fonds qui rapportent moins que l’inflation, des frais qui mangent vos gains, des promesses de sécurité qui ne tiennent pas.
« Les gens veulent un placement qui monte, sans risque, et sans effort. C’est comme demander une Ferrari avec le prix d’une Twingo et zéro assurance. Ça n’existe pas », résume Crevel.
Alors que faire ?
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Oubliez les produits « tout fait ». Si votre banque vous propose un PER avec un seul fonds en euros, fuyez. Un PER, c’est comme un buffet à volonté : vous pouvez manger des légumes ou du steak, mais si on vous force à prendre des haricots, vous allez finir mal nourri.
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Mettez au moins 50 % de votre épargne retraite dans des ETF monde. Pas des actions françaises, pas des obligations, mais un ETF qui suit les grandes entreprises du monde. Le CW8, le EWLD, ou le VWCE (selon où vous investissez). Ces fonds ont des frais inférieurs à 0,2 % par an, et ils battent 90 % des fonds gérés par des pros.
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Ne touchez à rien pendant 20 ans. La magie des intérêts composés, c’est ça : si vous investissez 300 euros par mois à 6 % de rendement moyen, vous aurez plus de 180 000 euros à 65 ans. À 8 % ? Plus de 300 000 euros. Mais si vous paniquez et vendez en 2008 ou en 2022, vous perdez tout.
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Gardez une partie en sécurité. Oui, même si les ETF sont plus rentables, 10 à 20 % de votre épargne peut rester en fonds euros ou sur un livret A. Parce que si les marchés s’effondrent juste avant votre retraite, vous voulez bien avoir quelque chose à manger.
Ce que les banques ne vous diront jamais
Il y a une chose que les conseillers en banque et les assureurs ne vous diront jamais : leur intérêt, ce n’est pas le vôtre.
Un PER, c’est 1 à 2 % de frais par an pour vous. Une assurance-vie, c’est 0,5 à 1,5 % de frais cachés. Les comptes à terme ? Des taux de misère parce que la banque se les garde pour elle.
« Ils vous vendent de la tranquillité, mais en réalité, ils vendent des frais. Plus vous cotisez, plus ils gagnent. Et plus vous êtes dans le flou sur ce que vous achetez », explique Crevel.
Le vrai danger, ce n’est pas que vous perdiez tout. C’est que vous perdiez sans le savoir. Que vous cotisiez pendant 30 ans, en croyant bien faire, pour réaliser à 60 ans que votre épargne a à peine couvert l’inflation.
Leur stratégie ? Vous faire croire que c’est compliqué. Que seul un expert peut gérer ça. Que vous n’avez pas le choix. Mensonge.
Vous avez le choix. Et si vous commencez maintenant, même avec 100 euros par mois, vous pouvez encore éviter le pire.
La règle d’or : commencez, et ne vous arrêtez pas
Voilà le truc que personne ne vous dit : le meilleur moment pour commencer à épargner pour sa retraite, c’était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant.
Avec 100 euros par mois, vous pouvez investir dans un ETF monde. Avec 300 euros, vous pouvez diversifier un peu plus. Avec 500 euros, vous pouvez vous permettre de ne pas tout mettre en fonds euros.
« La plupart des gens attendent d’avoir 40 ans pour s’y mettre. Résultat ? Ils doivent cotiser trois fois plus longtemps pour atteindre le même objectif. Et même comme ça, ils y arrivent à peine », rappelle Crevel.
Le problème, ce n’est pas l’argent. C’est l’inertie. Vous attendez. Vous hésitez. Vous écoutez les mauvais conseils. Et pendant ce temps, les marchés montent, les pensions baissent, et votre pouvoir d’achat s’évapore.
Alors voici ce que vous devez faire, tout de suite :
- Ouvrez un PEA (si vous êtes éligible) ou un compte-titres ordinaire. Pas un PER, pas une assurance-vie classique. Un endroit où vous maîtrisez les frais et les choix.
- Achetez un ETF monde. Le CW8 ou son équivalent. Un seul. Pas de diversification compliquée pour commencer.
- Automatisez vos versements. 100, 300 ou 500 euros par mois, sans y penser. Comme une facture.
- Ne touchez à rien. Même quand les marchés chutent. Même quand votre voisin vous dit que c’est trop risqué.
Pourquoi ? Parce que dans 20 ans, vous ne regretterez pas d’avoir commencé. Mais vous regretterez d’avoir attendu.
La retraite, ce sera votre guerre
Les retraites publiques ? Un système qui tient debout parce que les baby-boomers meurent et que les générations suivantes cotisent de moins en moins. Les pensions ? Elles seront soit réduites, soit reportées, soit les deux. Et votre épargne privée ? Elle dépendra de ce que vous aurez fait aujourd’hui.
« Les gens pensent que la retraite, c’est un droit. En réalité, c’est une loterie. Et ceux qui gagnent, ce sont ceux qui ont joué leurs cartes avant que le jeu ne commence », conclut Crevel.
Alors jouez. Même avec peu. Même tard. Mais jouez. Parce que sinon, ce sera le jackpot… pour personne.