Les campagnes de dépistage freinent le diabète en RDC, mais les hôpitaux manquent de tout

À Kinshasa, les campagnes gratuites réduisent les cas non détectés, mais les centres de santé peinent à suivre. Un médecin alerte : sans moyens, le système s’effondre avant même d’avoir sauvé des vies. Voici pourquoi ça ne suffit pas.

Publié le 2 octobre 2026 à 12:10
Les campagnes de dépistage freinent le diabète en RDC, mais les hôpitaux manquent de tout

Un matin de septembre 2026, à la clinique Ngaliema, le Dr Muyembe attend devant une file d’attente qui s’étire sur le trottoir. Pas de panique, pas de cris. Juste des visages fatigués, certains avec des bouteilles d’eau tiède à la main. Ils sont là pour un dépistage du diabète. Gratuit. Organisé par une ONG en partenariat avec le ministère de la Santé. Sur les 120 personnes passées ce jour-là, 37 avaient un taux de glycémie anormal. Trente-sept. Sur 120. En temps normal, la plupart seraient rentrés chez elles sans savoir qu’elles glissaient vers une complication irréversible : cécité, amputation, ou pire, un AVC avant 50 ans. Le Dr Muyembe, 52 ans, soigne les diabétiques depuis 20 ans. Il a vu le nombre de cas doubler en dix ans à Kinshasa. Pas parce que les Congolais mangent plus de sucre. Mais parce que personne ne les dépistait avant. Le problème, ce n’est pas le diabète. C’est l’ignorance qui tue.

Pourquoi les campagnes marchent… mais pas assez

Les chiffres sont là : selon une étude de l’OMS publiée en 2025, seulement 12 % des diabétiques en RDC sont diagnostiqués. Les campagnes gratuites, comme celles menées par Médecins Sans Frontières ou Partners In Health, ont permis de réduire ce taux à 18 % à Kinshasa en 2026. Ça semble faible. Mais c’est une victoire. Avant, on enterrait des gens sans savoir pourquoi. Aujourd’hui, on les soigne. Enfin, en théorie.

Le Dr Muyembe montre un dossier. Une patiente, 45 ans, a été diagnostiquée il y a trois mois. Son taux de glycémie était à 22 mmol/L, soit trois fois la normale. Elle a reçu des comprimés, une ordonnance pour du mouvement, et une promesse : revenir dans six mois. Problème : elle n’a jamais revu un médecin.

Pourquoi ? Parce que les centres de santé publics manquent de tout. Les médicaments ? En rupture permanente. Les seringues ? Récupérées dans des poubelles d’hôpitaux de Bruxelles. Les infirmiers ? Formés en trois mois, payés en retard, et souvent absents. Les campagnes de dépistage attrapent les malades. Les hôpitaux les lâchent.

L’argent arrive… mais il s’évapore

En 2024, le gouvernement congolais a lancé un plan national contre le diabète, financé à 60 % par des fonds internationaux. Objectif : équiper 20 centres de Kinshasa en matériel de base. Résultat ? Trois centres ont reçu des glucomètres. Les 17 autres attendent encore. L’argent n’est pas le problème. La corruption et l’incompétence, si.

Prenez l’exemple de l’hôpital de la Rive Gauche. En 2025, 5 millions de dollars ont été alloués pour l’achat de matériel. Où sont-ils passés ? Personne ne sait. Les factures signées par le directeur de l’hôpital portent des tampons douteux, des dates modifiées, et des montants gonflés. **Quand les ONG demandent des comptes, on leur répond : *

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R Galaxie Rédaction

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