Range Rover électrique : 600 km d’autonomie, et c’est tout ce qui compte ?

Le premier Range Rover 100% électrique débarque avec une autonomie de 600 km. Un chiffre impressionnant sur le papier, mais qui cache des réalités moins reluisantes. Entre prix stratosphérique, infrastructure en retard et compromis techniques, ce lancement en dit long sur l’état du marché du luxe électrique.

Publié le 2 septembre 2026 à 22:02
Range Rover électrique : 600 km d’autonomie, et c’est tout ce qui compte ?

600 km, le chiffre qui fait taire les critiques (en apparence)

600 kilomètres. C’est le genre de chiffre qui claque sur une fiche technique et qui fait taire les grincheux. Range Rover le sait, et Land Rover aussi. Parce que, soyons clairs, l’autonomie, c’est la seule vraie question que se posent les clients quand on leur parle de voiture électrique haut de gamme. Pas le prix. Pas le temps de recharge. Pas l’impact écologique réel. Non : « Est-ce que je vais tomber en panne sur l’autoroute en allant à Deauville ? »

Avec 600 km, Range Rover coche la case. Officiellement, vous pouvez faire Paris-Lyon sans vous arrêter. Officieusement, vous savez très bien que vous allez recharger au moins une fois, parce que personne ne roule à 110 km/h sur l’A6 avec un Range Rover. Mais bon, le constructeur peut dormir tranquille : sur le papier, c’est parfait.

Et c’est là que le bât blesse. Parce que 600 km, c’est un leurre. Pas un mensonge, non, juste une promesse qui s’effrite dès que vous regardez les détails. La batterie fait 116 kWh. Pour comparaison, une Tesla Model S Long Range, c’est 100 kWh pour 650 km d’autonomie. Vous voyez le problème ? Range Rover a besoin de 16% de batterie en plus pour faire 8% d’autonomie en moins. Pas très efficace, tout ça.

Mais peu importe. Le client Range Rover ne regarde pas les chiffres de près. Il regarde le badge, la calandre, et le fait que sa voiture peut traverser un champ sans s’enliser. L’électrique, ici, c’est juste une case à cocher. Une obligation, presque. Comme le GPS dans les années 2000 : tout le monde en voulait un, mais personne ne savait vraiment s’en servir.

Le prix ? Un détail pour ceux qui posent la question

Combien ? Aucune idée. Range Rover n’a pas encore communiqué le tarif officiel. Mais on peut parier sans risque : ça va coûter cher. Très cher.

Pour vous donner une idée, le Range Rover thermique le plus cher, le SV Autobiography, dépasse les 200 000 euros. Alors un modèle électrique, avec une batterie géante et une technologie qui se veut premium ? Ajoutez 30, 40, peut-être 50 000 euros. Minimum.

Et c’est là que ça devient absurde. Parce que, soyons honnêtes, qui a besoin d’un Range Rover électrique à 250 000 euros ? Les mêmes personnes qui achetaient un Range Rover thermique à 200 000 euros : des gens pour qui le prix n’est pas un critère. Des gens qui veulent montrer qu’ils peuvent se le permettre. Des gens qui, au fond, se fichent éperdument de l’autonomie, du temps de recharge ou de l’empreinte carbone.

Pourtant, Range Rover mise tout sur ce modèle. Parce que les régulations européennes sont claires : d’ici 2035, plus de moteur thermique. Alors, autant prendre les devants et proposer un modèle électrique qui ne fasse pas trop mal aux yeux. Un modèle qui permette de continuer à vendre des voitures à 200 000 euros sans avoir l’air de traîner les pieds.

Mais est-ce que ça va marcher ? Difficile à dire. Parce que le vrai problème, ce n’est pas le prix. C’est l’infrastructure.

Recharger un Range Rover, ou l’art de transformer un trajet en parcours du combattant

Vous avez une Tesla ? Super. Vous avez une borne à la maison ? Encore mieux. Vous roulez en Range Rover électrique ? Là, ça se complique.

Parce que recharger un monstre de 2,5 tonnes avec une batterie de 116 kWh, ce n’est pas comme brancher une Zoé. Les bornes rapides de 150 kW, c’est bien. Mais avec une batterie aussi grosse, vous allez y passer du temps. Comptez 40 minutes pour passer de 10% à 80%. Quarante minutes, c’est long. Surtout quand vous êtes pressé, que la borne est occupée, ou que le temps est pourri.

Et puis, il y a le réseau. En France, on compte environ 100 000 bornes de recharge. Un chiffre en hausse, mais qui cache une réalité moins reluisante : la plupart sont lentes, mal entretenues, ou tout simplement hors service. Selon une étude de l’Avere-France en 2023, près de 20% des bornes publiques ne fonctionnent pas correctement. Vingt pour cent. Une sur cinq.

Alors, oui, Range Rover vous promet 600 km d’autonomie. Mais si vous devez vous arrêter tous les 300 km pour recharger, et que la borne est en panne, ou que quelqu’un d’autre l’utilise, ou que le paiement ne passe pas, votre 600 km devient vite un cauchemar.

Et c’est là que le bât blesse. Parce que le client Range Rover n’est pas habitué à ça. Il n’est pas habitué à attendre. Il n’est pas habitué à galérer. Il est habitué à ce que tout fonctionne, tout de suite, sans effort. Alors, est-ce que ce modèle électrique va convaincre ? Peut-être. Mais à condition que le réseau de recharge suive. Et pour l’instant, ce n’est pas gagné.

L’électrique de luxe, ou l’art de se donner bonne conscience sans rien changer

Au fond, ce Range Rover électrique, c’est un symbole. Le symbole d’un marché qui veut continuer à vendre des voitures à 200 000 euros sans se remettre en question. Un marché qui mise sur l’électrique pour verdir son image, sans pour autant changer ses habitudes.

Parce que, soyons clairs : une voiture électrique, même avec 600 km d’autonomie, ce n’est pas écologique. La fabrication d’une batterie de 116 kWh, c’est des tonnes de lithium, de cobalt, de nickel. Des matériaux extraits dans des conditions souvent douteuses, transportés à travers le monde, assemblés dans des usines qui tournent au charbon. Et puis, il y a l’électricité. En France, c’est plutôt propre. Mais en Pologne ? En Chine ? Aux États-Unis ? Pas vraiment.

Alors, oui, sur le papier, une voiture électrique émet moins de CO₂ qu’une thermique. Mais à quel prix ? Et surtout, pour qui ? Pour le client Range Rover, l’électrique, c’est juste une façon de continuer à rouler en SUV sans avoir mauvaise conscience. Une façon de dire : « Regardez, je fais un effort. » Sans vraiment en faire.

Et c’est ça, le vrai problème. Parce que le marché du luxe ne veut pas changer. Il veut juste donner l’impression de changer. Alors, il sort des voitures électriques avec 600 km d’autonomie, des prix stratosphériques, et des promesses en l’air. Des voitures qui coûtent une fortune, qui sont difficiles à recharger, et qui, au final, ne changent pas grand-chose.

Alors, est-ce que ce Range Rover électrique va marcher ? Probablement. Parce que le client Range Rover n’achète pas une voiture. Il achète un statut. Et peu importe si la batterie met 40 minutes à se recharger, ou si le réseau est défaillant. L’important, c’est que ça brille. Que ça impressionne. Que ça fasse envie.

Et pour ça, 600 km d’autonomie, c’est largement suffisant.

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R Galaxie Rédaction

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