Le Vietnam lutte contre un retour inattendu de la rage

Deux enfants mordus par un chien non vacciné à Lam Dong révèlent une faille critique : le virus de la rage resurgit, mais les autorités vietnamiennes minimisent encore le risque. Pourquoi ce silence ? Et qu’est-ce que ça dit sur leur gestion des épidémies ?

Publié le 15 septembre 2026 à 16:08
Le Vietnam lutte contre un retour inattendu de la rage

Un chien errant, ou plutôt un chien domestique non vacciné, a mordu deux enfants dans la commune de Cu Jut, province de Lam Dong. Résultat : le virus de la rage, que le Vietnam avait pourtant déclaré éradiqué en 2019. Les tests l’ont confirmé. Et personne n’en parle comme il faudrait.

Pourtant, le chiffre est là : selon l’OMS, le Vietnam compte encore 30 à 50 cas humains de rage par an, malgré les campagnes de vaccination. Mais cette fois, c’est un chien familial qui a transmis le virus. Pas un animal sauvage, pas un cas isolé dans une zone reculée. Deux enfants, un village, et un virus qui n’aurait jamais dû être là.

Pourquoi les autorités vietnamiennes mentent sur la rage

Le gouvernement vietnamiens a annoncé en 2019 l’éradication de la rage chez les chiens. Un mensonge. Pas total, mais partiel. La rage circule toujours, mais elle est officiellement invisible. Pourquoi ? Parce que reconnaître son retour, c’est admettre que les campagnes de vaccination ont échoué. Que les chiens domestiques ne sont pas tous vaccinés. Que les campagnes de sensibilisation sont un échec.

À Lam Dong, province montagneuse et rurale, les chiens errants pullulent. Mais les propriétaires ne les vaccinent pas. Soit par négligence, soit parce que le coût (environ 150 000 dongs, soit 6 euros) leur semble trop élevé. Le Vietnam dépense 20 millions de dollars par an pour vacciner les chiens, mais l’argent ne descend pas jusqu’aux villages. Il reste coincé dans les bureaucraties de Hanoï.

Les enfants, toujours les oubliés

Les deux enfants mordus à Cu Jut ont reçu le protocole post-exposition : sérum antirabique, antibiotiques, surveillance. Ils ont eu de la chance. Mais combien d’autres cas passent inaperçus ? Dans les zones rurales, les morsures sont souvent traitées avec des remèdes traditionnels, et la rage, elle, ne se soigne pas une fois déclarée. Le taux de mortalité est de 100 %.

Pourtant, le Vietnam a les moyens d’agir. La Thaïlande, pays similaire en taille et en densité démographique, a réduit ses cas humains de 90 % en 10 ans. Comment ? En vaccinant massivement les chiens, en éduquant les populations, et en traquant les animaux suspects. Le Vietnam, lui, continue de jouer à la loterie.

Le vrai problème : la rage n’est pas une priorité

Les autorités vietnamiennes préfèrent parler de grippe aviaire ou de COVID. La rage, c’est la maladie des pauvres. Celle qui touche les enfants des campagnes, ceux qui jouent avec des chiens non surveillés. Celle qui ne fait pas la une des journaux internationaux.

Mais ce cas de Lam Dong devrait les réveiller. Un chien domestique, deux enfants, un virus importé d’on ne sait où. Si ça peut arriver là-bas, ça peut arriver ailleurs. Et si le Vietnam ne veut pas l’admettre, qui le fera à sa place ?

Ce que les familles ignorent encore

Il y a un détail qui cloche : personne ne parle des chiens voisins. Celui qui a mordu les enfants était-il le seul contaminé ? À Lam Dong, les chiens se mélangent, se battent, partagent les mêmes abris. Si un seul était porteur, les autres le sont peut-être aussi.

Or, les autorités ne font pas de dépistage systématique. Elles attendent les cas humains pour réagir. Trop tard. La rage se transmet avant même que l’animal ne montre des symptômes. Quand on comprend qu’un chien est malade, il est déjà trop tard pour les autres.

La leçon que personne ne veut tirer

Le Vietnam a les ressources. Il a les vaccins. Il a même un plan national contre la rage. Mais sur le terrain, rien ne bouge.

Pourquoi ? Parce que la rage, c’est sale. Parce que ça implique de parler des chiens errants, des villages pauvres, des médecins sous-payés. Parce que reconnaître l’échec, c’est admettre que le système ne fonctionne pas.

Alors on attend. On attend le prochain cas. On attend qu’un enfant meure. Et on fait semblant de ne rien voir.

La rage n’est pas éradiquée. Elle est juste mieux cachée. Et ça, c’est bien plus dangereux.

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R Galaxie Rédaction

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