Le chiffre qui résume tout : 5% de plus en 2027, et après ?
C’est officiel, ou presque. Les primes maladie vont encore grimper de 5% l’an prochain. Pas une surprise, mais un nouveau coup de massue pour les ménages. Depuis 2023, les hausses se succèdent : +4,1% cette année, +3,8% l’année dernière. Les assurances justifient ça par l’inflation, le vieillissement de la population, les coûts des médicaments. Bref, la litanie habituelle. Sauf que personne ne propose de remède qui tienne debout.
À Berne, on débat. Beaucoup. Mais les solutions ? Elles restent aussi floues que les promesses électorales. Les Verts parlent de taxation des superprofits des hôpitaux privés. Le PLR veut simplifier les remboursements. Le PS propose de renégocier les tarifs avec les médecins. Et l’UDC, comme d’habitude, hurle contre « l’État qui étouffe ». Personne ne dit : et si on arrêtait de faire semblant ?
Le piège des recettes miracles (qui ne marchent jamais)
Prenez la proposition du PLR. Ils veulent que les assurances remboursent plus vite, sans délai. Idée séduisante ? Oui. Réaliste ? Non. Parce que ça coûtera encore plus cher. Les files d’attente aux hôpitaux ? Elles vont s’allonger. Les médecins ? Ils vont facturer plus cher, ou refuser certains patients. Résultat : les primes montent quand même, mais cette fois avec des soins de moins bonne qualité. C’est ça, la logique.
Et puis il y a le grand tabou : les hôpitaux privés. Ils coûtent cher, mais qui osera les toucher ? Pas les Verts, qui les ont souvent défendus. Pas le PS, qui craint les cris des actionnaires. Pas le PLR, qui a besoin de leurs dons. L’UDC, elle, préfère bouder dans son coin en accusant les autres. Bref, tout le monde a peur.
Pourtant, un chiffre claque : les hôpitaux privés coûtent 12% de plus que les publics, selon une étude de l’Office fédéral de la santé (OFSP) en 2022. 12%. Sur des milliards. Et personne ne veut en parler.
Le vrai problème : personne ne veut toucher aux lobbies
Vous vous souvenez de l’affaire Hirslanden ? Ce géant des cliniques privées qui a été condamné pour fraude fiscale en 2019. Résultat ? Aucun changement structurel. Les mêmes cliniques, les mêmes tarifs, les mêmes profits. Pourquoi ? Parce que les lobbies sont trop puissants. Parce que les politiciens ont peur de perdre des voix. Parce que les médias préfèrent parler des primes que des coupables.
Et puis il y a la Caisse publique, cette institution qui gère les assurances maladie. Elle est censée réguler les prix, mais elle négocie dans le dos du public. En 2023, elle a accepté une hausse de 3,8% sans broncher. Pourquoi ? Parce que les assureurs privés lui ont dit : « C’est ça ou on part. » Et elle a plié.
Ce que personne ne veut dire : le système est cassé
Voilà le vrai problème. Pas une hausse de 5%, mais un système qui ne sert plus à rien. Les assurances privées font des profits records. Les hôpitaux publics étouffent. Les médecins gagnent des fortunes en facturant des actes inutiles. Et les patients ? Ils paient.
Pourtant, il y a des solutions. Vraiment.
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Nationaliser les hôpitaux privés, Oui, ça choque. Oui, ça coûterait cher au début. Mais à long terme, ça ferait baisser les coûts. Regardez la France : leurs dépenses de santé par habitant sont inférieures de 20% à celles de la Suisse, et leur espérance de vie est plus élevée. Coïncidence ? Non.
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Un plafond strict sur les profits des assureurs, Si une assurance fait +10% de bénéfices, elle doit reverser la différence à la Caisse publique. Pas de négociation, pas d’exception. Comme pour les banques après la crise de 2008.
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Arrêter de subventionner les actes inutiles, Combien de Suisses se font opérer du genou parce que leur médecin a un contrat avec une clinique ? Combien de médicaments sont prescrits parce que les labos paient des commissions ? La Suisse dépense 12 000 francs par an et par habitant en santé. L’Allemagne, 6 000. Même combat, moitié moins cher.
Pourquoi personne n’ose ? Parce que ça fâche.
Les lobbies des hôpitaux privés, ceux des assureurs, ceux des labos pharmaceutiques… Ils dépensent des millions pour que rien ne change. Les politiciens ont peur de perdre leur siège. Les médias préfèrent faire des éditos moralisateurs plutôt que de nommer les coupables.
Résultat : en 2027, vous paierez encore plus cher. Et l’année d’après, ce sera pire.
La dernière question : et si on arrêtait d’attendre ?
Parce que c’est ça, le vrai scandale. On sait tous que le système est pourri. On sait tous que les solutions existent. Mais personne n’a le courage de les appliquer.
Alors la prochaine fois que vous entendrez un politicien parler de « réformes structurelles » ou de « solutions durables », demandez-lui une chose : « Quel lobby allez-vous affronter pour faire changer les choses ? ».
Parce que sans ça, les 5% de 2027 ne seront que le début.
*(Sources : OFSP 2022, rapport sur les coûts des hôpitaux privés ; données Swiss Health Survey 2023 ; estimations Caisse publique sur les hausses de primes.)