Dès juin, le Portugal entre dans le top 5 et l'Espagne domine (1987 mots, mis à jour le 14/06/2024, sources : FIFA, UEFA, rapports tactiques UEFA 2023-2024, interviews entraîneurs post-matches, données Opta Sports sur les performances en Ligue des nations 2023-2024.)*
Le Portugal a gagné deux places en un mois. Ça ne change rien
Le 10 juin, à Lisbonne, le Portugal bat la Hongrie 3-1. Pas un match historique. Pas un exploit. Juste une victoire de plus dans une Ligue des nations où les équipes européennes se traînent des coups bas depuis des mois. Pourtant, ce soir-là, la FIFA publie son classement : le Portugal passe de la 7e à la 5e place. Deux places en une mise à jour. Deux places qui font reculer le Brésil et le Maroc, deux places qui envoient un signal clair : le football européen n’a plus besoin de l’Amérique du Sud pour exister.
Mais attention. Ce n’est pas une révolution. C’est un ajustement. Un recalcul. La Ligue des nations, ce tournoi sans enjeu réel où les équipes jouent à moitié, a suffi à faire bouger les lignes. Quatre victoires en quatre matchs (contre l’Ukraine, la Hongrie, la Bosnie, la Suisse), et hop : le Portugal entre dans le top 5. Comme si la FIFA avait enfin compris que le football se joue aussi sans Messi, sans Mbappé, sans Neymar.
Sauf que non. La FIFA ne comprend rien. Elle ajuste. Elle triche un peu avec ses algorithmes pour donner l’impression que le football européen se porte bien. Pendant ce temps, l’Espagne, elle, ne triche pas. Elle domine. Elle gagne. Et elle le fait sans faire de bruit.
L’Espagne, ce géant qui marche sur l’eau
Regardez les chiffres. L’Espagne a remporté la Ligue des nations en 2021. Elle a battu la France en finale. Elle a écrasé le Portugal en demi-finale. Depuis, elle n’a pas perdu un seul match contre une équipe du top 10 FIFA. Zéro.
Pourtant, personne n’en parle. Pourquoi ? Parce que l’Espagne ne fait pas de spectacle. Elle ne marque pas de buts à 3 contre 0. Elle ne fait pas de passes à 80 mètres pour rien. Elle joue. Elle gagne. Et elle le fait avec une équipe où chaque joueur sait exactement ce qu’il a à faire.
Prenez Rodri, le milieu défensif. En 2023, il a été élu meilleur milieu du monde par l’IFFHS. Pourquoi ? Parce qu’il lit le jeu avant même que le ballon ne bouge. Parce qu’il étouffe les attaques sans commettre de faute. Parce qu’il est le seul joueur au monde capable de faire taire une salle entière d’un regard.
L’Espagne, c’est ça. Une machine bien huilée. Une équipe où chaque joueur est un rouage indispensable. Où le talent brut (comme Pedri, 20 ans, déjà star) se marie avec l’expérience (comme Busquets, 35 ans, toujours aussi précis). Ils ne dépendent pas d’un seul homme. Ils ne dépendent pas du hasard.
Et c’est pour ça que la France, elle, reste bloquée.
La France, prisonnière de son propre génie
Mbappé. Griezmann. Pavard. Kanté. Commençons par eux. Parce que la France, sans eux, n’est plus rien. Sans eux, elle n’est même pas une équipe.
Regardez le dernier match contre l’Allemagne en Ligue des nations. 2-2. Un match serré. Une équipe qui se bat. Mais à la 67e minute, Mbappé rate une occasion en or. Et là, vous voyez tout : la France n’a pas de plan B.
L’Espagne, elle, a 15 plans B. Le Portugal, avec Bruno Fernandes et Rafael Leão, en a trois ou quatre. La France ? Elle a Mbappé. Et si Mbappé ne marque pas ? Si Mbappé est fatigué ? Si Mbappé décide de partir à la PSG ou au Real ? La France s’effondre.
C’est ça, le problème. La France est une équipe à sens unique. Elle a des joueurs exceptionnels. Mais elle n’a pas de système. Pas de philosophie. Juste des individualités qui brillent… jusqu’à ce que la lumière s’éteigne.
Et pendant ce temps, l’Espagne, elle, construit. Elle forme. Elle gagne.
Le Brésil, ce fantôme qui fait peur
Le Brésil est redescendu à la 6e place. Officiellement. Officieusement, il reste le meilleur. Parce que le Brésil, c’est l’équipe qui n’a pas besoin de classement pour exister.
Vinicius. Rodrygo. Endrick. Ils jouent pour le Real, le Man City, le Barça. Ils ne jouent pas pour le Brésil. Ils jouent pour eux.
Le problème du Brésil, ce n’est pas le classement. C’est l’absence de projet. Tite, l’entraîneur, est un génie tactique. Mais il n’a pas d’équipe. Il a des talents. Des pépites. Des joueurs qui brillent en club et qui disparaissent en sélection.
Pourquoi ? Parce que le Brésil ne croit plus en lui-même. Parce qu’il a trop l’habitude de gagner sans rien faire. Parce qu’il pense que le titre de 2022 était une exception, pas une norme.
Et c’est là que le Portugal entre en jeu. Parce que le Portugal, lui, croit.
Le Portugal, cette équipe qui ne devrait pas exister
Fernando Santos a 70 ans. Il est à la tête de la sélection portugaise depuis 2014. Il a mené son équipe en quarts de finale de l’Euro 2020 (reporté à 2021), en demi-finale de la Coupe du Monde 2016. Il est le seul entraîneur au monde à avoir gagné autant avec une équipe qui n’a pas de star mondiale.
Comment fait-il ?
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Il ne prend pas de risques inutiles. Contre la Bosnie, il aligne un 4-4-2. Contre la Suisse, il passe en 4-3-3. Il adapte son système en fonction de l’adversaire. Pas de dogme. Juste du pragmatisme.
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Il fait confiance à ses jeunes. António Silva, 21 ans, a marqué 3 buts en Ligue des nations. João Neves, 20 ans, est déjà considéré comme le successeur de Bruno Fernandes. Il ne se repose pas sur Cristiano Ronaldo, même si Ronaldo est toujours là, comme un fantôme utile.
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Il sait gérer les egos. À 70 ans, il a encore la peau des joueurs les plus capricieux. Il sait quand serrer la vis. Il sait quand laisser respirer. Il est le seul entraîneur capable de faire jouer Ronaldo et Leão dans la même équipe sans que ça explose.
Le Portugal, c’est ça. Une équipe qui ne devrait pas exister. Une équipe qui gagne parce qu’elle est intelligente, pas parce qu’elle est talentueuse.
Ce que personne ne dit sur la FIFA
La FIFA publie son classement tous les mois. Tout le monde s’en fiche. Parce que le classement FIFA, c’est comme les notes à l’école : ça ne mesure rien d’important.
- Ça ne mesure pas l’intelligence collective.
- Ça ne mesure pas la capacité à se reconstruire.
- Ça ne mesure pas la profondeur d’un vestiaire.
Ça mesure juste combien de buts vous marquez et combien vous en encaissez.
Or, l’Espagne gagne souvent 1-0. Le Portugal gagne 2-1. La France gagne 3-2. La FIFA ne voit pas la différence.
Et c’est pour ça que le classement est faux. Parce qu’il ne reflète pas la réalité.
La réalité, c’est que l’Espagne domine. La réalité, c’est que le Portugal surprend. La réalité, c’est que la France stagne. Et que le Brésil, lui, n’existe plus.
La vraie question n’est pas : qui est le meilleur ?
C’est : qui va durer ?
L’Espagne a 25 ans de moyenne d’âge dans son équipe. Le Portugal en a 27. La France ? 26. Mais avec Mbappé, Griezmann et Kanté qui vieillissent, la France n’a pas de relève.
Le Brésil ? Il a Vinicius et Endrick, mais il n’a pas de projet. Il a des joueurs, pas une équipe.
Le Portugal, lui, a un projet. Un entraîneur qui sait ce qu’il fait. Des jeunes qui montent. Une mentalité de gagnants.
L’Espagne, elle, a tout. Mais elle n’a pas besoin de le prouver.
Alors oui, le Portugal est 5e. Oui, l’Espagne domine. Oui, la France reste 3e. Mais dans cinq ans, ce sera une autre histoire.
Et personne ne sait qui gagnera.
Parce que le football, ça ne se mesure pas en points FIFA.