Esmeralda a des PFAS dans le sang et ça fait peur
Son sang contient des PFAS. Pas une trace, pas une molécule isolée : un cocktail de ces polluants persistants, ceux qu’on retrouve partout, dans l’eau, les vêtements, même les emballages alimentaires. Esmeralda, princesse belge et figure publique, a fait analyser son sang dans le cadre d’une étude européenne sur les per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Résultat : elle en a dans les veines. Et ça, ça change tout.
Pas parce qu’elle est une princesse. Mais parce que ça prouve une chose simple : personne n’est à l’abri. Pas les riches, pas les puissants, pas ceux qui croient pouvoir se payer des filtres à eau haut de gamme ou des bouteilles en inox. Les PFAS, eux, ne font pas de distinction.
Pourquoi son cas devrait déclencher une alerte mondiale
Esmeralda ne cache pas son inquiétude. « Je ne voudrais pas que ça se passe comme avec l’amiante », a-t-elle lancé, en référence à ce poison industriel qu’on a laissé circuler pendant des décennies avant de réaliser son potentiel mortel. Les PFAS ? C’est pire, peut-être, parce qu’on sait depuis longtemps ce qu’ils font. Et pourtant, on continue à les produire, à les utiliser, à les répandre.
Pourquoi ? Parce que l’industrie des PFAS pèse des milliards. Parce que des géants comme DuPont ou 3M ont construit leur empire dessus. Parce que les régulateurs, eux, jouent avec des règles qui datent des années 1990. Et parce que le lobby est plus fort que la science.
En Belgique, comme ailleurs, les limites légales pour les PFAS dans l’eau sont fixées à 0,5 microgramme par litre. Problème : cette valeur est basée sur des études vieilles de 20 ans, et elle ignore les effets cocktail. Autrement dit, on ne mesure pas assez, et surtout, on ne protège pas assez.
Les PFAS, ce poison invisible qui nous pourrit la vie
Les PFAS, c’est le nom barbare donné à une famille de plus de 4 700 composés chimiques. On les appelle « les produits chimiques éternels » parce qu’ils ne se dégradent pas. Jamais. Une fois dans l’environnement, ils y restent des siècles. Et une fois dans votre corps, ils s’accrochent à votre ADN, perturbent vos hormones, augmentent les risques de cancers, de maladies rénales, de problèmes de développement chez les enfants.
Une étude de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), publiée en 2022, a révélé que 97 % des Européens ont des PFAS dans le sang. 97 %. Pas une minorité. Presque tout le monde. Et pourtant, on ne fait rien de concret pour les interdire massivement.
Pourquoi ? Parce que les remplacer, c’est compliqué. Parce que les alternatives coûtent cher. Parce que les industriels préfèrent attendre qu’on leur impose des règles au lieu d’agir par eux-mêmes. Et parce que, comme pour le plastique, on a externalisé le problème : « Ce n’est pas notre faute si ça finit dans les rivières », disent-ils. « C’est la faute des agriculteurs, des consommateurs, des pays pauvres qui les exportent. »
Sauf qu’Esmeralda, elle, n’a pas voyagé en Asie ou travaillé dans une usine. Elle vit en Europe, mange bio, boit de l’eau en bouteille. Et pourtant, les PFAS sont là .
L’Europe tergiverse, les États traînent
Bruxelles a enfin proposé en 2023 une interdiction partielle de certains PFAS « les plus préoccupants ». Problème : la liste ne couvre qu’une infime partie des composés existants. Et même cette mesure, elle ne sera pas appliquée avant 2025 ou 2026, selon les pays. Trop tard.
En France, le gouvernement a annoncé en 2022 un « plan national » pour réduire les PFAS. Résultat ? Des promesses, des rapports, des groupes de travail. Mais concrètement, aucune usine n’a été fermée, aucun produit grand public n’a été interdit. Rien.
Pourtant, on sait où ils sont. Dans les poêles antiadhésives (Téflon), les mousses anti-feu (utilisées dans les meubles, les vêtements), les emballages alimentaires (fast-food, pizzas surgelées), les cosmétiques (fond de teint, mascara), les pesticides. Partout.
Et personne ne bronche vraiment.
Ce que les PFAS nous coûtent vraiment
Les PFAS, ça ne tue pas seulement lentement. Ça coûte cher. Très cher.
En 2021, une étude de l’Université de New York a estimé que les coûts sanitaires et environnementaux des PFAS aux États-Unis se chiffraient à plus de 500 milliards de dollars par an. 500 milliards. Pour des produits dont on pourrait se passer.
En Europe, on n’a pas les chiffres exacts. Mais on sait que les cancers liés aux PFAS coûtent des milliards aux systèmes de santé. On sait que les poissons des rivières belges, allemandes ou françaises sont contaminés, et qu’il faut dépenser des fortunes pour les nettoyer. On sait que les nappes phréatiques sont polluées, et que des villages entiers se battent pour avoir de l’eau potable.
Pourtant, quand on demande des comptes aux industriels, ils sortent les arguments classiques : « On fait des recherches », « On travaille sur des alternatives », « C’est compliqué ». Traduction : « On gagne trop d’argent pour changer maintenant. »
Esmeralda a raison : il faut agir comme pour l’amiante
L’amiante, on l’a découverte dangereuse dans les années 1950. Mais on a continué à l’utiliser jusqu’aux années 1990. Résultat : des millions de morts, des milliards de dégâts, et une crise sanitaire qui dure encore.
Avec les PFAS, on est en train de répéter la même erreur. Sauf que cette fois, on sait depuis les années 1960 qu’ils sont toxiques. On a les preuves. On a les études. On a les témoignages.
Alors pourquoi on attend ?
Parce que les lobbies sont puissants. Parce que les politiques préfèrent les promesses aux mesures concrètes. Parce que les citoyens, eux, ne savent pas toujours où sont les PFAS. Parce qu’on nous dit que « c’est pas si grave », alors que les preuves s’accumulent.
Esmeralda, elle, elle a fait le test. Et elle a peur. Pas pour elle. Pour ses enfants. Pour ceux qui viennent après.
« Si on avait agi plus tôt contre l’amiante, des milliers de vies auraient été sauvées », dit-elle. « Je ne veux pas qu’on recommence la même erreur avec les PFAS. »
Elle a raison. Mais pour que ça change, il faut que vous aussi vous en rendiez compte.
Pas dans cinq ans. Pas quand il sera trop tard. Maintenant.
Ce qu’il faut faire, tout de suite
- Exiger des interdictions totales, pas des demi-mesures. Pas seulement sur « les pires » PFAS, mais sur toute la famille. Parce que même les « moins dangereux » s’accumulent et interagissent.
- Forcer les industriels à payer pour le nettoyage des sites pollués. Aujourd’hui, ce sont les contribuables qui déblayent les coûts. Demain, ce sera vos impôts qui financeront les cancers liés à ces produits.
- Arrêter de mentir sur les alternatives. Oui, remplacer les PFAS, c’est possible. Mais il faut le vouloir. Et ça coûte cher aux géants comme DuPont ou Chemours. Alors on attend.
- Faire pression sur les politiques. Parce que les lobbies, eux, ils ont des cabinets d’avocats et des millions à dépenser. Vous, vous avez votre voix. Utilisez-la.
Esmeralda a les PFAS dans le sang. Et vous ?
Vous ne le saurez pas sans le tester. Parce que personne ne vous préviendra. Parce que personne ne vous protégera.
Sauf si vous le forcez Ă le faire.