Le mont Blanc a grandi de 20 centimètres, et alors ?
Le 10 octobre, le Club Alpin Français annonçait que le sommet du mont Blanc mesurait désormais 4 807,81 mètres. Une hausse de 20 centimètres en un an, selon leurs mesures. La raison ? Le réchauffement climatique qui fait fondre les glaces en altitude, mais aussi… les séismes. Oui, les tremblements de terre. En 2023, un séisme de magnitude 4,2 dans la région a fait bouger les roches sous la montagne. Résultat : le toit de l’Europe a pris du volume.
Sauf que personne ne s’en émeut. Les alpinistes ? Ils grimpent quand même, comme si de rien n’était. Les scientifiques ? Ils notent les chiffres, publient des articles, et attendent la prochaine mesure. Le problème, c’est que ce genre de détail passe à la trappe. On parle du mont Blanc comme d’une icône, pas comme d’un baromètre. Pourtant, si la montagne grandit, c’est que quelque chose bouge en dessous. Et si on ne regarde pas, on risque de se faire surprendre.
Le chiffre qui cloche : selon une étude de l’Université de Savoie (2025), le permafrost sous le mont Blanc a reculé de 15 % en dix ans. Traduction : le sol gelé qui maintient la montagne en place fond. Et personne ne semble s’en inquiéter. Pas même les autorités, qui continuent de délivrer des permis de construction en altitude comme si de rien n’était.
Les lycées en grève, encore et toujours
Depuis le 9 octobre, des lycéens bloquent les portes de leurs établissements dans toute la France. Pas pour les notes, pas pour les programmes, mais pour le manque de moyens. Les toilettes qui déborderont, les classes surchargées, les profs en burn-out. Le gouvernement répond par des promesses creuses : « On va voir. » Pendant ce temps, les élèves s’organisent. À Paris, au lycée Buffon, des élèves ont occupé le bâtiment pendant 48 heures. Résultat ? Une réunion avec la rectrice. Une avancée ? Non. Juste une écoute de façade.
Ce qui ne bouge pas : les budgets. En 2026, le ministère de l’Éducation nationale a alloué 1,2 milliard d’euros en moins pour la rénovation des lycées par rapport à 2020. Pendant ce temps, les collectivités locales, déjà à sec, refusent de prendre le relais. Le système est bloqué. Et les lycéens le savent.
Le pire ? Les médias en parlent trois jours, puis plus rien. Comme si c’était normal. Comme si les grèves étudiantes étaient une fatalité. Pourtant, ce n’est pas une fatalité : c’est un symptôme. Un symptôme d’un système qui refuse de voir que l’école publique pourrit de l’intérieur.
Pourquoi on n’en parle pas assez ?
Parce que ça dérange. Mars, c’est l’aventure. Le mont Blanc, c’est le tourisme. Les lycées, c’est la politique. Trois sujets qui ne se croisent jamais. Pourtant, ils ont un point commun : l’illusion du progrès.
- On envoie des robots sur Mars parce que c’est « cool ». Personne ne demande à quoi ça sert vraiment.
- On mesure le mont Blanc parce que c’est une tradition. Personne ne se demande ce que ça signifie pour les glaciers.
- On laisse les lycées pourrir parce que ça coûte trop cher. Personne ne veut entendre parler de réformes.
Le vrai problème, c’est l’indifférence. On préfère les chiffres lisses aux vraies questions. On préfère les images de Perseverance sur Mars aux élèves qui crèvent dans leurs classes. Et ça, c’est bien plus grave que 45 km de poussière martienne ou 20 centimètres de plus sur une montagne.
La dernière ligne : Si on ne regarde pas où on met les pieds, un jour, on trébuchera. Et là , ce ne sera plus une question de centimètres, mais de mètres.