Lundi, les patrons de la tech ont promis de réguler l'IA

Un code de bonne conduite signé sous pression, mais sans contrainte réelle. Pourquoi cette autorégulation sent le coup de com’ et ce qu’elle cache vraiment.

Publié le 30 septembre 2026 à 18:11
Lundi, les patrons de la tech ont promis de réguler l'IA

Lundi, à la Maison Blanche, devant Donald Trump, les patrons de la tech ont signé un code de bonne conduite pour l’IA. Volontaire. Sans sanction. Sans contrôle indépendant. Et ça, c’est le vrai problème.

Pas besoin d’être expert pour comprendre une chose : quand une industrie se régule elle-même, c’est qu’elle a peur. Peur de la loi, peur du scandale, peur que les États ne lui clouent le bec avant qu’elle ne puisse expliquer pourquoi elle sait mieux que quiconque ce qui est bon pour l’humanité. Sauf que cette peur, là, elle est mal placée. Parce que le code signé lundi par des géants comme Microsoft, Google ou Meta, c’est du papier toilette. Du beau papier, avec des belles promesses, mais qui ne tiendra pas cinq minutes face à l’appétit vorace de ces entreprises.

Le détail qui cloche ? Personne ne sait vraiment ce qu’ils ont signé.

Officiellement, ce code s’appelle l’AI Safety Institute. Officieusement, c’est un paravent. Un truc pour dire : « On fait des efforts, on est responsables, regardez, on a un truc qui s’appelle un institut ! » Sauf que cet institut, personne ne connaît ses pouvoirs. Personne ne sait qui le contrôle. Personne ne sait comment il sera financé. Et surtout, personne ne sait s’il aura le moindre poids face aux algorithmes qui, eux, continuent de se développer à vitesse grand V, sans filet, sans garde-fou.

Le chiffre qui résume tout : 150 milliards de dollars.

C’est ce que les géants de la tech ont investi dans l’IA depuis 2020, selon un rapport de PitchBook cité par Bloomberg. 150 milliards. Pour des modèles qui, aujourd’hui encore, hallucinent des diagnostics médicaux, inventent des sources juridiques, et poussent des gens au suicide en leur suggérant des idées noires. Et avec ce code, quoi ? On leur dit « Attention, ne faites pas n’importe quoi » ? Trop tard. Ils font déjà n’importe quoi. Et ils continueront, parce que la régulation volontaire, c’est comme un préservatif fait maison : ça donne l’illusion de la sécurité, mais au final, ça protège de rien.

Pourtant, ils ont mis Trump dans la boucle.

Ça, c’est le vrai coup de théâtre. Parce que Donald Trump, lui, il n’a jamais cru à la régulation. Jamais. Sauf quand ça arrange ses copains. Lundi, il était là, à la Maison Blanche, à serrer la main des patrons de la tech en souriant comme un chat devant une souris. Pourquoi ? Parce que pour lui, cette autorégulation, c’est parfait : ça lui évite d’avoir à légiférer, ça lui permet de dire « Les entreprises savent ce qu’elles font », et ça lui donne une belle photo pour ses réseaux. Sauf que les réseaux, c’est bien. La réalité, c’est moins joli.

Le vrai danger, c’est ce qu’ils ne disent pas.

Dans leur code, ils parlent de « sécurité », de « transparence », de « responsabilité ». Des mots creux. Parce que la vraie question, c’est : qui contrôle les contrôleurs ? Aujourd’hui, les algorithmes de deepfake peuvent faire croire n’importe quoi à n’importe qui. Demain, ils pourraient manipuler des élections, falsifier des preuves judiciaires, ou même déclencher des crises financières en un clic. Et qui sera responsable ? Pas les patrons, bien sûr. Eux, ils auront déjà passé la main à un autre algorithme.

Ce qui se passe quand les marchés ferment les yeux.

Le problème, c’est que personne ne veut vraiment réguler l’IA. Pas les États, pas les consommateurs, pas même les employés des GAFAM. Pourquoi ? Parce que l’IA, c’est l’or noir du XXIe siècle. Une mine d’argent qui attire tout le monde : les investisseurs, les gouvernements, les médias. Et quand il y a de l’argent, les règles, on les adapte. On les contourne. On les ignore.

Prenez le cas de Stability AI, cette start-up qui a sorti un modèle d’IA capable de générer des images hyperréalistes. Résultat ? Des deepfakes qui se propagent comme une traînée de poudre, et personne pour les arrêter. Pourquoi ? Parce que réguler, ça coûte cher. Ça ralentit. Ça fait peur aux actionnaires. Alors on préfère fermer les yeux. On préfère signer des codes de bonne conduite qui ne serviront à rien.

Le piège de l’autorégulation.

L’autorégulation, c’est comme le tabac dans les années 1950 : « On va se réguler, les gars, pas de panique ». Sauf que là, le danger n’est pas une maladie lente. C’est une bombe à retardement. Une IA qui, demain, pourrait décider à votre place de qui vous aimez, de ce que vous achetez, de ce que vous croyez. Et personne ne sera là pour dire « Stop ».

Pourquoi les régulateurs n’ont pas réagi à temps ?

Parce qu’ils ne comprennent pas. Parce qu’ils sont noyés sous les lobbies. Parce que l’IA, c’est compliqué, et eux, ils ont peur de passer pour des ringards. Résultat : on attend les catastrophes pour agir. Comme pour le climat, comme pour les réseaux sociaux. Sauf que là, le délai sera encore plus court. Parce qu’une IA, une fois lâchée, elle ne s’arrête plus. Elle apprend. Elle s’adapte. Elle devient plus forte que ceux qui l’ont créée.

Le chiffre que personne ne veut commenter : 42 %.

C’est le pourcentage d’Américains qui, selon un sondage YouGov de 2023, pensent que l’IA va détruire plus d’emplois qu’elle n’en créera. 42 %. Un peu plus de quatre personnes sur dix. Et pourtant, personne n’en parle vraiment. Parce que parler de ça, ça fait peur. Ça fait mal. Ça oblige à se demander : « Et si, au fond, on avait déjà perdu le contrôle ? »

Ce qui va vraiment changer, c’est quand les gens se réveilleront.

Pas quand les patrons de la tech auront fini de signer leurs beaux codes. Pas quand les gouvernements auront trouvé une loi « équilibrée ». Mais quand les gens réaliseront que l’IA, ce n’est pas une option. C’est une réalité. Et que si on ne la maîtrise pas, elle nous écrasera.

La vraie question, ce n’est pas « Comment réguler l’IA ? ». C’est « Qui va réguler ceux qui la régulent ? ». Et là, personne n’a de réponse.

Parce qu’en attendant, les algorithmes continuent de tourner. Et eux, ils ne signent pas de codes de bonne conduite.

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R Galaxie Rédaction

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